Gaza oubliée ?
Derrière les rideaux de fumée provoquée par les missiles et autres drones à Téhéran, il y a, hélas, l’autre écran épais qui cache l’actualité à Gaza. L’opinion internationale n’a d’yeux que pour la guerre que mènent les Etats-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran.
On ne parle presque plus de Gaza. On dirait qu’il ne s’y passe rien de notable ou si peu de choses. Pourtant, des civils, hommes, femmes et enfants y meurent quotidiennement.
Le plan de paix pour Gaza conçu (imposé) par le président Trump et soutenu par plusieurs chefs d’Etat le 10 octobre 2025 appelle à un cessez-le-feu immédiat. Les Palestiniens commençaient à entrevoir une possibilité d’un espoir, d’une nouvelle vie. Il n’en fut pas ainsi.
La famine n’a pas disparu, les milliers de camions transportant des tonnes de nourriture et de médicaments sont bloqués, la soi-disant ligne jaune censée séparer Tsahal et la population palestinienne se déplace et avance au bon vouloir de l’armée occupante…
Cette ligne de démarcation supposée rassurer la population écarte et isole les Palestiniens dans un ghetto. Il y a toujours la destruction du territoire, la souffrance, le manque d’eau, de médicaments, les maladies et les forces meurtrières, 648 citoyens tués depuis la signature de ce plan de paix, 11.000 enfants morts à Gaza depuis un an…
On parlait il y a peu de temps de paix dans la région. C’est plutôt d’oubli et d’indifférence, d’angoisse et de désespoir dont il faut parler. L’on se demande où est le Conseil de la paix créé sur mesure par Trump pour rivaliser avec l’ONU (et à terme la remplacer). On voit clairement aujourd’hui que les objectifs avoués et non avoués de ce coûteux Conseil de la paix sont la nouvelle configuration du Moyen-Orient et la destruction définitive de toute l’architecture du droit international.
Les Palestiniens, premières victimes, sont en droit de croire que le cessez-le-feu dans leur territoire est une tromperie, un trompe-l’œil.
Dans la région, l’intention avérée de l’Etat sioniste est de tenir le rôle de gendarme, d’où ses efforts (et son intérêt) à avoir des Etats faibles ou instables dans la région. Pour atteindre ses buts, il tire sur tout ce qui bouge, éliminant tout autre puissance.
Après avoir réduit Gaza à néant, il attaque l’Iran tout en continuant à coloniser la Cisjordanie et, sous le prétexte d’éliminer le Hezbollah, il ouvre un nouveau front sur le territoire libanais.
Acculés et désemparés, les habitants sont entraînés malgré eux dans le chaos de la guerre. Profitant de l’anarchie politique déclenchée dans la région par l’escalade militaire, l’armée sioniste s’est déployée sur le pays du Cèdre, provoquant des désastres, des morts et des déplacements de populations. Jusqu’où ira-t-elle ?



