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10e Édition du forum international de DAKAR : La Tunisie plaide pour un nouvel ordre mondial fondé sur la souveraineté africaine

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  • 21 avril 2026
  • 7 min de lecture
10e Édition du forum international de DAKAR : La Tunisie plaide pour un nouvel ordre mondial fondé sur la souveraineté africaine

Dans un contexte international marqué par l’intensification des tensions géopolitiques et la compétition autour des ressources, le Président de la République, Kaïs Saïed, porte une lecture critique de l’ordre mondial actuel et appelle à une refondation des relations internationales sur des bases de justice et de souveraineté. Réaffirmant avec force l’ancrage africain de la Tunisie, il plaide pour une Afrique unie, maîtresse de ses choix et pour l’émergence d’un nouvel ordre mondial qui mette fin aux logiques de domination et de prédation.

La Presse — Sur instructions du Président de la République, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, prend part les 20 et 21 avril 2026 aux travaux de la 10e édition du Forum international de Dakar sur le thème «L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ?».

Ce forum constitue une plateforme d’échanges sur les questions de relations internationales, de défense et de sécurité, tout en abordant les défis du développement en Afrique et les moyens d’y apporter des solutions pérennes.

A cet égard, la participation de notre pays illustre bien la volonté indéfectible du Chef de l’État d’inscrire la Tunisie dans une dynamique africaine proactive. Dans un contexte de mutations géopolitiques mondiales, l’engagement tunisien se cristallise autour des enjeux cruciaux portés par le forum.  D’une part, la gestion des «Ressources naturelles, influence étrangère et souveraineté économique», un volet essentiel pour l’autonomie financière du continent. D’autre part, la réflexion sur «les transitions politiques, souveraineté institutionnelle et légitimité des États», un pilier indispensable à tout projet de développement pérenne.

La Tunisie s’engage à défendre les causes africaines

Dans son intervention dans le cadre de ce forum, Mohamed Ali Nafti a expliqué que «dans un contexte d’incertitude, marqué par l’exacerbation des tensions géostratégiques sous fond d’une lutte acharnée pour le contrôle des ressources rares, mais aussi par le retour en force du protectionnisme et du transactionnalisme, et de la loi du plus fort, ce qui demeure désormais certain et clair à nos yeux est que ces défis nécessitent de toute évidence des solutions globales qui ne peuvent naître que dans le cadre d’un multilatéralisme revitalisé. Sans cela, c’est le chaos, et le retour des logiques de prédation, et de la loi de la jungle».

La Tunisie, membre fondateur de l’OUA, de l’UMA, de l’Union africaine et qui a adhéré depuis quelques années au Comesa, et obtenu le statut de membre observateur à la Cedeao, a toujours cru aux valeurs du multilatéralisme, de la solidarité et de la coopération collective. Elle n’a eu de cesse d’apporter son appui aux efforts africains ou internationaux visant l’instauration de la paix, la consolidation de la sécurité et le renforcement de la stabilité, surtout en Afrique, en participant activement depuis les années 60 par une jeune armée nouvellement constituée à diverses opérations de maintien de la paix sous la bannière des Nations unies ou de l’Union africaine, a encore souligné le chef de la diplomatie tunisienne.

Il a ajouté que la Tunisie, à travers ses quatre mandats de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et ses participations au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, s’est engagée à défendre les causes africaines. Elle a plaidé pour une approche élargie de la paix et de la sécurité intégrant les dimensions du développement et des vulnérabilités structurelles, tout en contribuant aux efforts continentaux en faveur de la stabilité, de l’intégration et de la prospérité de l’Afrique. La Tunisie, conclut-il, demeure résolument engagée en faveur d’une Afrique stable, pacifique et prospère, fondée sur la solidarité, la coopération et le respect mutuel.

Kaïs Saïed : fier de l’identité africaine de la Tunisie 

Ainsi la diplomatie tunisienne s’enracine-t-elle désormais dans une vision portée au plus haut sommet de l’État. Dans ce contexte, Kaïs Saïed en recevant, durant ce mois d’avril, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier J.P. Nduhungirehe, porteur d’un message du président Paul Kagame, a réaffirmé «l’attachement de la Tunisie à sa dimension africaine». L’entretien a permis d’aborder les défis structurels du continent relatifs aux conflits prolongés, pauvreté, insécurité alimentaire sur fond d’un paradoxe persistant entre richesse en ressources et fragilités durables. Le chef de l’État inscrit cette lecture dans une réflexion plus large sur l’avenir du projet panafricain, évoquant un «rêve inachevé» depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).

Se déclarant «fier de l’identité africaine de la Tunisie», Kaïs Saïed a plaidé pour l’émergence d’un ordre renouvelé, plus à même de répondre aux mutations en cours, tout en réaffirmant son soutien aux causes justes, notamment la question palestinienne, dans une approche articulant priorités africaines et enjeux globaux.

Il a, par ailleurs, appelé, en marge de la 4e édition de la Foire du commerce intra-africain à Alger tenue en septembre dernier, à une refonte profonde des rapports de force mondiaux et à une prise de conscience civilisationnelle du continent africain.

Pour Kaïs Saïed, l’Afrique ne pourra progresser sans un nouvel ordre mondial fondé sur des valeurs de justice, capables de protéger la souveraineté des États face aux convoitises persistantes pour leurs ressources naturelles. Dressant un bilan amer des décennies post-indépendance, il a regretté que le rêve d’unité ait laissé place à une réalité marquée par les conflits, le pillage et des flux d’échanges informels qui engendrent famine et déplacements forcés.

Le Président a souligné que le défi actuel n’est pas seulement commercial ou technologique, mais avant tout civilisationnel. «Il est temps que l’Afrique appartienne véritablement aux Africains», a-t-il martelé, prônant une coopération internationale basée sur le respect mutuel plutôt que sur l’exploitation. En dénonçant les « forces nostalgiques » d’un passé colonial qui entravent encore l’essor du continent, il a appelé les peuples africains à recouvrer leurs droits confisqués.

La Tunisie consolide sa stratégie de hub économique africain

Autre indicateur révélateur de l’accélération de l’intégration tunisienne dans l’espace africain, les 28 et 29 avril prochains, le salon Financing Investment and Trade in Africa (Fita) réunira à Tunis plus de 3.000 décideurs de 65 pays. Cette édition, marquée par la présence du Canada comme invité d’honneur, vise à transformer les synergies locales en opportunités pour toute l’Afrique subsaharienne. L’événement confirme le rôle de la Tunisie comme hub technologique et agroalimentaire majeur.

Parallèlement, la ratification récente de l’accord avec l’Union africaine pour l’installation du Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs (Aimec) à Tunis marque un tournant. Ce centre sera le moteur de la diplomatie économique tunisienne, dédié au soutien des PME et à la réussite de la Zone de libre-échange continental (Zlecaf).

Cette dynamique traduit la vision de la présidence tunisienne qui vise à contribuer à une Afrique plus autonome et maîtresse de ses choix. En combinant grands forums économiques et institutions africaines, la Tunisie défend une coopération fondée sur le respect mutuel et une économie plus équitable. Cette orientation s’inscrit dans une ambition plus large d’accompagner la renaissance du continent à travers la recherche de davantage de souveraineté.

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Auteur

Samir DRIDI

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