Le programme AgriTech4Tunisia a récemment vu 25 startups de 11 pays, dont 10 tunisiennes, présenter leurs solutions innovantes pour l’agriculture. Cette journée de pitchs, qui a suivi un bootcamp intensif, marque le début de la phase d’accélération du programme. Les projets tunisiens ont particulièrement mis en avant des technologies avancées, comme l’intelligence artificielle et des solutions d’irrigation, afin de répondre aux défis spécifiques du secteur agricole en Tunisie.
La Presse — 25 startups représentant 11 pays, dont la Tunisie, ont présenté, récemment à l’Institut national agronomique de Tunisie, des solutions technologiques agricoles innovantes lors d’un pitch day, couronnant un cycle de formation intensif (bootcamp) de quatre jours à Tunis. Cette journée marque, en effet, le lancement de la deuxième phase d’AgriTech4Tunisia, un programme initié en mai dernier, visant à accompagner et soutenir des startups développant des solutions adaptées aux défis du secteur agricole tunisien.
Dix projets retenus
Lancé à l’initiative de l’Alliance Biodiversity International et du Ciat, et appuyé par l’accélérateur tunisien Mazam, le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda), l’Institution de la recherche et de l’enseignement supérieur agricole (Iresa) ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, le projet a, dans sa première phase, permis de lancer un appel à candidature pour l’accès à un programme d’accélération.
Plus de 250 startups issues d’une quarantaine de pays à travers le monde y ont postulé. Seules 25 équipes ont été sélectionnées et ont pu prendre part à un bootcamp organisé du 13 au 16 avril à Tunis, au cours duquel elles ont pu réseauter et bénéficier d’un programme de renforcement des capacités leur permettant de se préparer au pitch day.
Pendant seulement dix minutes, chaque candidat était appelé à présenter l’essentiel de son projet : l’idée, le besoin auquel elle répond, le business plan ainsi que les perspectives de déploiement. À l’issue de cette journée, 10 projets ont été retenus pour la phase suivante, celle de l’accélération, qui se poursuivra au cours des trois prochains mois.
« Les 25 projets sélectionnés lors de la première phase sont, pour la plupart, adossés à des travaux de recherche scientifique dans le secteur agricole. Ils intègrent principalement la technologie dans leurs solutions », a souligné Rim Hijazi, coordinatrice du projet AgriTech4Tunisia.
Une présence tunisienne marquée
Allant de la dégradation des sols à la durabilité des exploitations agricoles, en passant par le transport et la viabilité des modèles économiques, les problématiques auxquelles les candidats proposent des solutions sont multiples. A travers ce programme, les startups participantes aspirent, en effet, à gagner en maturité et à se préparer à une étape cruciale : celle de la levée de fonds. La présence tunisienne s’est particulièrement démarquée avec la participation de dix startups, qui ont brillé par la pertinence de leurs idées et leur niveau technologique avancé.
De l’intelligence artificielle capable de détecter l’émergence des maladies des cultures quatre jours avant l’apparition des premiers symptômes, aux solutions d’aide à la décision pour les agriculteurs, en passant par des applications d’irrigation d’appoint et d’optimisation de la gestion, les innovations présentées reflètent à la fois l’inventivité des porteurs de projets tunisiens et leur fine compréhension des défis auxquels font face les agriculteurs locaux.
« Le secteur agricole tunisien constitue un terreau fertile pour l’émergence de nouvelles technologies, en particulier l’IA appliquée à l’agriculture, dans la mesure où ça reste encore largement inexploité. Le passage d’une agriculture 2.0 à une agriculture 4.0 est possible en Tunisie et peut s’opérer rapidement. Il suffit que l’ensemble des parties prenantes se réunissent autour d’un objectif commun : transformer notre agriculture », a affirmé Rafik Makni, directeur technologique d’Alterra, une startup spécialisée dans l’IA appliquée à l’agriculture.



