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Société

Immobilier à Nabeul : des prix records qui font du logement un luxe inaccessible

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  • 21 avril 2026
  • 3 min de lecture
Immobilier à Nabeul : des prix records qui font du logement un luxe inaccessible

Le gouvernorat de Nabeul continue de dominer le classement des régions les plus chères du marché immobilier tunisien, que ce soit à la vente ou à la location. Ces chiffres records font désormais de l’accès au logement dans la « capitale du Cap Bon » un rêve difficile à réaliser pour le citoyen à revenu moyen.

Des chiffres marquants et des hausses annuelles

Selon les données récentes d’une plateforme spécialisée dans le marketing immobilier, les prix à Nabeul ont connu une progression notable. Le loyer d’un appartement de type S+1 dans la zone de Mrazga (AFH) a frôlé la barre des 1 000 dinars par mois au cours des neuf premiers mois de l’année 2025, soit une augmentation annuelle située entre 5 % et 9 %.

Côté propriété, le prix des terrains constructibles en centre-ville a bondi, oscillant désormais entre 1 000 et 3 000 dinars le mètre carré. Un indicateur qui reflète l’attractivité de la région pour l’investissement immobilier, contrastant violemment avec la baisse du pouvoir d’achat des citoyens.

Les causes : Entre attractivité et pénurie

Citoyens et acteurs publics attribuent cette hausse à l’emplacement stratégique du gouvernorat et à son ouverture sur le littoral, en plus de son statut de destination touristique prisée par les investisseurs tunisiens et étrangers.

De son côté, Faiez Riahi, membre du conseil local, explique que la crise ne dépend pas uniquement du tourisme, mais aussi de la réduction des réserves foncières disponibles. Il a révélé des chiffres jugés « choquants » : le prix du mètre carré pour les surfaces commerciales dans la zone AFH a atteint environ 10 500 dinars, contre 4 500 dinars pour le résidentiel.

Concernant les responsabilités, M. Riahi pointe du doigt la municipalité de Nabeul, estimant que l’absence de mise à jour du plan d’aménagement urbain face à la demande croissante a aggravé la situation. Il critique également l’Agence Foncière de l’Habitat (AFH) pour ne pas avoir fourni un stock foncier suffisant, notant que le marché favorise désormais les plus offrants au détriment des habitants locaux.

Une crise du logement pour les familles

Ameur Stambouli, acteur de la société civile, estime que la région traverse une véritable crise du logement qui menace la stabilité des foyers. Les loyers atteignent des niveaux dépassant largement les capacités des familles moyennes et des jeunes souhaitant se marier.

Il ajoute que cette situation s’explique par la croissance démographique couplée à la lenteur administrative, la rareté des terrains constructibles, et le caractère saisonnier de la ville. De nombreux propriétaires préfèrent en effet louer leurs biens à des prix élevés durant l’été plutôt que d’opter pour des locations annuelles classiques.

Déséquilibre entre l’offre et la demande

Certains agents immobiliers s’accordent à dire que l’absence de stock foncier suffisant crée un déséquilibre majeur entre l’offre et la demande, tirant les prix vers le haut et limitant l’accès au logement.

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Auteur

La Presse

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