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La centrale solaire de Tozeur inaugurée, une nouvelle étape attendue aujourd’hui à Sidi Bouzid

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  • 21 avril 2026
  • 9 min de lecture
La centrale solaire de Tozeur inaugurée, une nouvelle étape attendue aujourd’hui à Sidi Bouzid

La Tunisie a franchi, ce lundi 20 avril 2026, une nouvelle étape dans sa transition énergétique avec l’inauguration officielle de la centrale solaire photovoltaïque de Tozeur, d’une capacité de 50 mégawatts, en présence de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub.

La Presse — La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, du gouverneur de Tozeur, Chahine Zribi, du PDG de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), Fayçal Trifa, de l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun, de l’ambassadrice de Norvège en Algérie et en Tunisie, Therese Løken Gheziel, ainsi que des représentants des sociétés Scatec, Ann-Mari Lillejord, et Aeolus, Tatsuya Hirata, partenaires du projet. Cette inauguration intervient dans un contexte de forte mobilisation nationale en faveur des énergies renouvelables, alors qu’une deuxième centrale solaire doit être inaugurée aujourd’hui à Sidi Bouzid, confirmant l’accélération du programme énergétique tunisien.

D’une capacité installée de 50 mégawatts, la centrale de Tozeur s’inscrit dans la première tranche d’un programme national visant à produire 500 MW d’électricité à partir de sources renouvelables. Réalisée pour un investissement estimé à 135 millions de dinars, elle couvre une superficie d’environ 100 hectares et comprend près de 95.000 panneaux photovoltaïques. Au-delà de ses caractéristiques techniques, cette infrastructure revêt une importance stratégique majeure. Elle permettra de couvrir près de 70 % des besoins en électricité de la région de Tozeur, tout en contribuant à réduire la dépendance du pays aux importations de gaz naturel. Elle est également en mesure d’alimenter l’équivalent de 40.000 foyers, tout en évitant l’émission de milliers de tonnes de CO2, s’inscrivant ainsi pleinement dans les objectifs environnementaux de la Tunisie.

Un projet qui inscrit dans une vision nationale ambitieuse

Dans son discours, la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a mis en avant la portée symbolique et stratégique de cette réalisation, soulignant qu’elle touche directement à la vie quotidienne des citoyens et à l’avenir énergétique du pays.

Elle a insisté sur le rôle central de l’énergie dans tous les aspects de la vie moderne, rappelant que le véritable défi réside aujourd’hui dans l’augmentation de la part des énergies propres. Elle a, en outre, souligné que la Tunisie dispose d’un potentiel considérable en ressources solaires et éoliennes, qu’elle a qualifié de “véritable trésor” à exploiter.

“Le projet de Tozeur, attribué dans le cadre du régime des concessions lancé en 2019 et validé en 2021, contribuera à réduire les importations de gaz naturel d’environ 13 millions de dollars par an, tout en générant près de 8 millions de dollars d’économies sur les coûts d’exploitation pour la Steg. Il s’inscrit dans une stratégie plus large visant à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix énergétique d’ici à 2030… Et au-delà de ses retombées économiques, la centrale s’intègre dans une vision de développement territorial visant à faire de Tozeur un modèle de ville écologique, conciliant croissance économique, préservation de l’environnement et amélioration de la qualité de vie. Des projets similaires sont déjà opérationnels ou en cours dans plusieurs régions, notamment à Kairouan, Tataouine, Sidi Bouzid, Gafsa et Gabès, ainsi que des parcs éoliens dans le nord du pays”, a-t- elle encore précisé.

Sur un autre plan, la ministre a salué l’engagement de l’ensemble des parties prenantes, notamment les investisseurs Scatec et Aeolus, les institutions publiques et les partenaires internationaux, tout en mettant en avant le rôle déterminant de la Steg dans la réussite du projet. Elle a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour construire un modèle énergétique durable, appelant à l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs. Insistant sur la dimension humaine de la transition énergétique, la responsable a appelé à une mobilisation collective pour promouvoir les énergies propres et encourager l’innovation. Elle a notamment mis en avant le rôle de la nouvelle génération d’investisseurs et d’acteurs économiques, considérés comme des moteurs du changement vers un modèle énergétique plus durable.

La Steg au cœur de l’intégration du projet

Pour sa part, le PDG de la Steg, Fayçal Trifa, a qualifié la centrale de Tozeur de projet “structurant et emblématique”, marquant une étape concrète dans la mise en œuvre du programme national des énergies renouvelables.

Il a souligné que ce projet contribue à renforcer durablement la capacité de production électrique du pays et à répondre à une demande croissante, notamment lors des périodes de forte consommation. Il a également mis en avant le rôle central de la Steg dans le raccordement de la centrale au réseau national, le renforcement des infrastructures et la sécurisation de son exploitation.

Le responsable a aussi insisté sur les efforts continus déployés par l’entreprise pour moderniser le réseau électrique, à travers la mise en place de nouvelles lignes, la consolidation des infrastructures existantes et la formation des équipes techniques. Il a également évoqué la mobilisation permanente des équipes, appelées à travailler 24 heures sur 24, notamment en prévision de la saison estivale.

Par ailleurs, Fayçal Trifa a rappelé l’importance du projet d’interconnexion électrique Elmed entre la Tunisie et l’Italie, qui devrait permettre d’accroître les échanges d’électricité et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau national.

Une vision gouvernementale axée sur les réformes et les investissements

De son côté, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a replacé ce projet dans le cadre de la stratégie nationale de l’énergie et du cadre réglementaire mis en place depuis 2015.

Il a expliqué que la loi relative à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables repose sur plusieurs mécanismes, notamment le régime des concessions pour les grands projets, qui permet aux investisseurs de développer des centrales et de vendre l’électricité produite à la Steg dans le cadre de contrats de longue durée.

Il a en outre évoqué les autres régimes existants, notamment ceux destinés aux projets de taille moyenne et aux initiatives décentralisées, soulignant le succès des appels d’offres récents et l’intérêt croissant des investisseurs pour le marché tunisien.

Sur un autre plan, Wael Chouchane a insisté sur les défis à relever, notamment en matière de renforcement des réseaux électriques et de sécurisation de l’approvisionnement, tout en mettant en avant les efforts en cours pour améliorer la qualité du service et accompagner le développement économique local, en particulier dans les régions intérieures.

Un partenariat international au service du développement durable

Il est important de souligner que le projet de Tozeur a été développé par le groupe norvégien Scatec en partenariat avec Aeolus, filiale du groupe Toyota Tsusho, avec le soutien d’institutions financières internationales telles que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) et Proparco.

Lors de l’inauguration, les représentants de Scatec ont mis en avant la dimension internationale du projet, fondée sur une coopération entre plusieurs pays et acteurs économiques. Ils ont souligné que cette centrale illustre un modèle de partenariat public-privé réussi, combinant financements internationaux, cadre contractuel stable et transfert de compétences.

Ils ont également insisté sur l’implication des compétences tunisiennes dans la réalisation du projet, mettant en avant la contribution des ingénieurs et techniciens locaux ainsi que les retombées économiques pour la région, notamment en termes d’emploi.

La phase de construction a mobilisé jusqu’à 450 travailleurs, tandis que l’exploitation et la maintenance assurent des emplois durables, contribuant ainsi au développement local.

Par ailleurs, l’inauguration de la centrale de Tozeur s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des énergies renouvelables en Tunisie. Outre le projet de Sidi Bouzid inauguré aujourd’hui, plusieurs autres initiatives sont en cours ou prévues, notamment à Tataouine, Gafsa et Gabès, ainsi que des projets éoliens dans différentes régions du pays.

À terme, ces investissements devraient permettre à la Tunisie d’atteindre son objectif de porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix énergétique d’ici à 2030.

Et dans un contexte énergétique mondial marqué par l’incertitude et la volatilité des prix, ces projets apparaissent comme une réponse stratégique visant à renforcer la souveraineté énergétique du pays, tout en réduisant son empreinte carbone.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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