Billet : Filières agricoles, une trajectoire encourageante

La Presse — Après plus de cinq années marquées par une sécheresse persistante ayant affecté les rendements agricoles, 2026 apparaît comme une véritable année de rupture. Les précipitations abondantes et les chutes de neige enregistrées sur plusieurs régions au cours de la période automne-hiver-printemps ont profondément amélioré la situation hydrique et agricole du pays.
Barrages en nette progression, nappes phréatiques en renouvellement, couvert végétal revitalisé, les indicateurs sont au vert. Ces apports hydriques ont permis un remplissage important des barrages parfois à 100 %, notamment dans l’Ouest du pays et ont eu un impact positif sur les forêts, le reboisement et le couvert végétal, offrant une alimentation naturelle pour le bétail, réduisant ainsi les coûts pour les éleveurs, avec des retombées attendues sur le cheptel et les viandes rouges à l’approche de l’Aïd. Le constat est sans équivoque. Ces pluies sont globalement très bénéfiques pour les terres agricoles.
Fait marquant cette année : le taux global de remplissage des barrages avoisine les 67 %, un niveau exceptionnel jamais atteint lors des années précédentes. La situation est rassurante : toutes les filières agricoles bénéficient de ces conditions climatiques, en particulier la céréaliculture, les cultures maraîchères et l’arboriculture, qui profitent pleinement de l’amélioration de la disponibilité en eau et de l’humidité des sols.
Après une campagne 2024-2025 marquée par des déficits hydriques sévères et des récoltes insuffisantes, la saison agricole 2025-2026 offre des signaux positifs. Les pluies ont contribué à reconstituer les réserves en eau, à améliorer les conditions de production dans plusieurs bassins agricoles et à dessiner une trajectoire encourageante pour le secteur. La production céréalière reste l’un des principaux indicateurs de la santé de l’agriculture tunisienne. Après une saison précédente marquée par des rendements favorables, les projections pour 2025-2026 montrent une amélioration notable.
Au-delà des céréales, plusieurs filières à forte valeur ajoutée montrent des trajectoires exportatrices remarquables, renforçant la résilience économique du secteur agricole, parmi elles les filières oléicole et des dattes. La situation hydrique en Tunisie a enregistré une amélioration remarquable, prévoyant une résolution de la crise de l’eau. En effet, près de 147 millions de mètres cubes d’eau ont été alloués aux périmètres publics irrigués (PPI), ce qui permettra de soutenir l’activité agricole et de répondre aux besoins en irrigation, selon le ministère de tutelle.
Cette amélioration contribuera à renforcer la production agricole, notamment pour les grandes cultures, les légumes, et les agrumes, à alléger la pression sur l’importation, et à stabiliser, par conséquent, les prix sur le marché local. Les responsables du ministère « s’attendent à ce que la plupart des zones irriguées reprennent leur activité au cours de la prochaine période, notamment celles liées aux grands barrages, à l’instar du système du barrage de Sidi Salem, qui couvre d’importantes superficies de terres agricoles (environ 1.000 hectares) ».
De même, les régions de Medjez el-Bab, Testour, Goubellat, El Hari, la Manouba et Sidi Thabet, ainsi que les zones irriguées consacrées à la culture des agrumes dans le gouvernorat de Nabeul, lesquelles devraient bénéficier de ces apports en eau.
L’on ne peut ignorer aujourd’hui le rôle déterminant de l’agriculture en tant que pilier de l’économie nationale et principal pourvoyeur d’emplois. Néanmoins, il devient essentiel de replacer la contrainte hydrique et la durabilité au cœur des stratégies de développement agricole. Produire plus ne peut se faire au détriment de la durabilité du capital hydrique.
Dans ce sens, certains choix deviennent aujourd’hui inadaptés face aux nouvelles réalités climatiques. L’enjeu est donc de repenser le modèle agricole en tenant compte du potentiel hydrique de chaque région, en favorisant une agriculture plus résiliente et adaptée aux conditions locales.





