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Société

Gafsa – Le Bac à tout prix : Entre ferveur familiale et diktat des cours de soutien

  • 27 avril 2026
  • 4 min de lecture
Gafsa – Le Bac à tout prix : Entre ferveur familiale et diktat des cours de soutien

À Gafsa, à l’approche de l’examen du baccalauréat, les foyers se transforment en véritables sanctuaires du savoir, où chaque minute de silence est une prière pour la réussite.

Entre le stress des parents qui sacrifient tout pour offrir un cadre d’études royal et le poids étouffant des cours particuliers qui vident les portefeuilles, la quête du diplôme est devenue une épreuve d’endurance tant pédagogique que financière.

Dans cette région où le Bac est perçu comme l’unique ascenseur social, l’effervescence est totale, mais le prix à payer pour décrocher le précieux sésame n’a jamais été aussi lourd.

La Presse — À quelques semaines du coup d’envoi de l’examen national du Baccalauréat, les foyers gafsiens entrent en état d’urgence. Si la quête de réussite est une priorité absolue pour les parents, elle s’accompagne d’une pression financière croissante, portée par l’incontournable recours aux heures de soutien.

À Gafsa, comme partout en Tunisie, le Bac n’est pas qu’un simple diplôme : c’est un rite de passage, un passeport vers l’avenir que les familles préparent avec une dévotion quasi religieuse. Dans les quartiers de la ville minière, l’ambiance a changé. Le silence est de mise, les sorties sont annulées et l’organisation domestique gravite désormais autour d’un seul axe : le bureau du candidat.

Une mobilisation totale pour « briser le signe indien »

Pour les familles de la région, l’enjeu est double. Il s’agit de garantir l’avenir des enfants, mais aussi de redorer le blason d’un gouvernorat qui, ces dernières années, a souvent peiné à se hisser au sommet du classement national de réussite.

« Nous mettons tout en œuvre pour que nos enfants ne manquent de rien, le climat à la maison doit être serein, presque sanctuarisé. C’est notre investissement le plus précieux », nous confie un père de famille.

Cette mobilisation se traduit par une recherche constante des conditions  idoines  : calme absolu, régime alimentaire spécifique et soutien moral de tous les instants. Mais derrière ce dévouement se cache une réalité plus nuancée, où la réussite devient un défi logistique et psychologique de haute volée.

Le gouffre financier des cours de soutien

Cependant, la préparation ne se limite plus aux murs du lycée ou de la chambre de l’élève. Un phénomène pèse lourdement sur le budget des ménages gafsiens: les cours particuliers. Devenus quasiment obligatoires dans l’esprit des parents, ils représentent une charge financière qui frise parfois l’asphyxie.

Pour combler des lacunes réelles ou supposées, ou simplement pour se rassurer face à l’enjeu, les familles n’hésitent plus à débourser des sommes colossales.

Entre les matières scientifiques et les langues, le cumul des heures de soutien peut représenter une part majeure du revenu mensuel, obligeant de nombreuses familles à des sacrifices drastiques sur d’autres postes de dépense.

Cette dépendance au soutien privé soulève l’épineuse question de l’équité. À Gafsa, le succès au Bac semble de plus en plus conditionné par la capacité des parents à financer ces « compléments » pédagogiques.

Alors que la date de l’examen du Baccalauréat approche à grands pas, la tension est palpable. Entre l’espoir de voir leurs enfants intégrer les meilleures facultés et l’épuisement lié aux coûts de la préparation, à Gafsa, les parents retiennent leur souffle.

Dans cette course contre la montre, le silence n’est pas seulement une règle de conduite, c’est le reflet d’une anxiété collective face à l’examen d’une vie.

Auteur

Hafedh Trabelsi

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