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Economie

Kiosque international

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  • 27 avril 2026
  • 6 min de lecture
Kiosque international

Hydrocarbures
Une transition énergétique mondiale toujours sous tension

La Presse — La guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur les marchés de l’énergie rappellent la forte dépendance de l’économie mondiale aux hydrocarbures. Malgré les engagements pris lors de la COP28 à Dubaï en 2023 en faveur d’une sortie progressive des énergies fossiles, la dynamique de transition apparaît aujourd’hui fragilisée par les tensions géopolitiques et les priorités économiques divergentes.

Certains dirigeants continuent de défendre une exploitation accrue des ressources pétrolières et gazières, illustrant les tensions entre impératifs climatiques et sécurité énergétique. Dans ce contexte, plus de cinquante pays doivent se réunir en Colombie pour une conférence consacrée à la réduction progressive de la dépendance aux énergies fossiles, dans un climat international marqué par l’incertitude. Selon plusieurs experts, une sortie brutale du pétrole provoquerait un choc économique majeur. Les marchés financiers restent fortement exposés aux hydrocarbures, tandis que plusieurs économies nationales dépendent encore largement de leurs exportations.

Dans certains pays producteurs, les revenus pétroliers constituent la principale source de financement public, rendant la transition particulièrement complexe. La question de la volonté politique apparaît centrale dans les trajectoires nationales. Certains États disposent des capacités économiques nécessaires pour accélérer leur transition énergétique, mais les choix stratégiques varient fortement selon les priorités internes et les contextes géopolitiques.

Dans le même temps, les enjeux climatiques tendent à être relégués derrière les préoccupations économiques immédiates. Le secteur des hydrocarbures conserve par ailleurs une influence importante dans les processus de décision internationaux. Plusieurs analystes soulignent le rôle des groupes d’intérêts dans le ralentissement des réformes structurelles liées à la transition énergétique.

Sur le plan financier, les besoins restent considérables, notamment pour les pays en développement et les économies dépendantes du pétrole. L’absence de mécanismes de financement suffisants constitue un frein majeur à la mise en œuvre des engagements climatiques. Malgré ces contraintes, des avancées sont observées. Les énergies renouvelables ont atteint près de 50 % de la capacité électrique mondiale en 2025, selon l’Irena. Des pays comme la Chine ou le Pakistan ont fortement accéléré le développement du solaire et de l’éolien, illustrant une transition déjà engagée mais encore inégale à l’échelle mondiale.

Maroc
La FAO et la Berd analysent la montée en puissance des exportations agricoles

La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) se sont intéressées récemment aux progrès réalisés par le Maroc en matière de diversification de ses exportations de fruits et légumes. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de forte croissance du secteur agroalimentaire marocain sur les marchés internationaux.

Une conférence en ligne a réuni des experts des deux institutions ainsi que des représentants de Morocco Foodex, l’organisme chargé de la promotion des exportations agroalimentaires du Royaume. Organisé sous forme de webinaire, cet échange a permis d’examiner les résultats des programmes de diversification engagés ces dernières années.

Les discussions ont notamment porté sur les perspectives de développement du secteur, ainsi que sur les exigences de durabilité imposées par le marché européen, principal débouché des exportations marocaines de fruits et légumes. Le rôle de Morocco Foodex dans l’accompagnement de cette stratégie a également été mis en avant. L

es intervenants ont par ailleurs évoqué les défis auxquels les exportations marocaines restent confrontées, notamment la dépendance aux marchés extérieurs et l’adaptation aux normes internationales de plus en plus strictes. Des comparaisons ont été établies avec d’autres expériences internationales, à travers des missions commerciales menées par la FAO et la Berd dans plusieurs pays, dont l’Ouzbékistan, la Pologne, Singapour et la Malaisie. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de forte progression des exportations marocaines de fruits et légumes, qui ont été multipliées par trois depuis 2015, atteignant environ 3,6 milliards de dollars en 2024.

Guerre en Iran
La facture réelle pour l’économie internationale

La guerre en Iran constitue un choc structurel majeur pour l’économie mondiale, en perturbant à la fois les équilibres énergétiques, financiers et géopolitiques. Par le détroit d’Ormuz transite près d’un cinquième du pétrole mondial, ce qui rend les marchés extrêmement sensibles à toute instabilité dans la région. Dès les premiers jours du conflit, les prix du gaz et du pétrole ont fortement augmenté, ravivant le spectre de la stagflation dans plusieurs économies avancées.

Au centre du système, l’Iran bascule dans une économie de guerre marquée par une inflation très élevée, une désorganisation productive et une dépendance accrue à la Chine. Malgré un soutien partiel de Pékin, l’économie iranienne s’enfonce dans une dynamique de contraction durable, aggravée par la destruction d’infrastructures stratégiques. Dans le Golfe, les pays producteurs profitent de la hausse des prix mais restent exposés à des risques sécuritaires élevés.

Leur rente pétrolière augmente, mais la volatilité du contexte régional fragilise leurs stratégies de diversification économique. Le Qatar et l’Arabie saoudite, en particulier, voient leurs infrastructures énergétiques devenir des cibles potentielles. La Chine se trouve dans une position ambivalente : principal client de l’Iran et fortement dépendante des flux transitant par Ormuz, elle absorbe le choc grâce à ses réserves et à la diversification de ses approvisionnements.

Toutefois, une baisse de la demande mondiale pourrait fragiliser son modèle exportateur. En Europe, la crise énergétique relance les tensions inflationnistes et ralentit la croissance, installant une forme de stagflation. La France subit également une hausse des coûts énergétiques, un alourdissement de sa dette et des dépenses militaires accrues.

Aux États-Unis, la situation est plus nuancée : indépendance énergétique relative, mais pression sur les prix domestiques et incertitudes sur les flux financiers internationaux, notamment le recyclage des pétrodollars. Enfin, les marchés financiers mondiaux font face à une hausse du risque, une volatilité accrue et un durcissement des conditions de crédit. Au total, le conflit révèle la fragilité des interdépendances économiques et met en lumière un basculement progressif vers un système mondial plus fragmenté et instable.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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