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Société

Encadrement de la jeunesse : Mettre en œuvre tous les moyens disponibles

  • 29 avril 2026
  • 7 min de lecture
Encadrement de la jeunesse : Mettre en œuvre tous les moyens disponibles

La société tunisienne est considérée comme relativement jeune. Plus de 50% de sa population est constituée de jeunes de moins de trente ans. Ceux de la tranche 20/24 ans comptent 750.000 selon le dernier recensement de la population. Quant à ceux qui appartiennent à la tranche 25/28 ans, ils sont au nombre de 800.000.

La Presse — C’est, en même temps, un atout et un handicap. Un atout parce qu’il représente un potentiel humain indéniable. Un handicap parce qu’on n’a pas pu lui préparer le terrain propice pour son épanouissement.

Des voies divergentes

Dans tous les cas, il y a un challenge à relever pour la Tunisie. Cette jeunesse est, malheureusement, à la recherche de repères. Qu’elle soit issue de structures d’apprentissage ou de formation professionnelle, elle n’arrive, toujours,  pas à s’insérer dans la vie active.

Les secteurs officiels (public ou semi-public) ne lui sont pas, facilement, accessibles. Des centaines de milliers de demandeurs d’emploi saturent les listes d’attente. D’autres milliers s’essaient, et sans trop de conviction, dans les différents concours.

D’autres, aussi, tentent le tout pour le tout en se lançant dans des aventures aux issues incertaines à l’instar des migrations clandestines. 

Quant à ceux qui détiennent des diplômes académiques ou en formation professionnelle, ils continuent leur quête. Beaucoup d’entre eux lorgnent une carrière dans la fonction publique. Sinon, ils n’entrevoient pas d’autres perspectives.

Il ne faut pas croire que le diplôme, à lui seul, peut représenter le Sésame qui va ouvrir toutes les portes. L’employeur, avant d’embaucher, exige les compétences et l’expérience, surtout dans le secteur privé.

Et, justement, à ce titre, on déplore le peu d’empressement de la part de l’organisation patronale à s’investir dans le processus de dynamisation de l’emploi. Cette défaillance est nettement perceptible particulièrement au vu du retrait de cette organisation des principales étapes de prise de décision. Nous espérons nous tromper en dressant ce diagnostic. Mais c’est le ressenti de tout observateur de la scène économique tunisienne.

On ne retrouve pas cet allant de certaines années passées. 

Ne compter que sur soi

Nos chercheurs d’emploi ont été habitués à compter sur les pouvoirs publics pour les caser dans la vie professionnelle. Cette situation n’est plus possible. Il est temps d’oublier l’assistanat éternel et l’État-providence. Place, aujourd’hui, à l’initiative personnelle. Les rares expériences d’une certaine jeunesse doivent être encouragées et soutenues non par des mesures folkloriques mais par des mesures de facilitations administratives.

Le compter-sur-soi doit prévaloir. Ce n’est qu’en supprimant les multiples obstacles qui se dressent devant les jeunes qu’on parviendra à les soutenir jusqu’à ce qu’ils tiennent sur pied.

Il reste, toutefois, cette masse d’adolescents scolarisés ou non qui pose d’énormes problèmes à la société. Il y aurait près d’un million livrés, quasiment, à eux-mêmes sans l’espoir d’un encadrement. Presque le même chiffre se trouve dans les collèges et lycées sans compter les 60 à 70.000 qui quittent l’école chaque année. Malheureusement sans le moindre diplôme ou la moindre qualification. Ils se retrouvent dans la rue avec tous les risques que cet environnement comporte.

C’est de là que viennent et viendront tous les dangers qui sont censés menacer la société tunisienne.

Ce qui est étonnant, c’est que l’on ne sent pas l’existence d’une stratégie durable pour endiguer ce fléau dont les contours sont, déjà, clairs.

L’impression que le Tunisien a est que cette tranche de la population est livrée à elle-même. Et ce n’est pas un hasard si l’on assiste à autant d’actes de violence de sa part (braquages, vols, agressions de tous genres, incivilités, etc.).

En définitive, l’espace public n’est plus tellement sûr aux dires des uns et des autres. Rien n’échappe à l’ensauvagement d’une partie de notre jeunesse. 

Dans les quartiers, dans les moyens de transport, dans les stades, dans et devant les établissements scolaires, etc. la violence est de mise. Aucun respect pour les normes de vie commune ou, tout simplement, des règles de politesse.

En fait, ces gens n’ont rien à craindre car ils se sentent maîtres des lieux qu’ils occupent. Où, d’ailleurs, ils se sentent totalement libres de faire ce qu’ils veulent : chahuter à l’envi dans un moyen de transport public (train, métro, bus…), adopter des attitudes agressives et violentes contre les gens paisibles ou les enfants sans défense, pousser ces excès jusqu’aux délits et même jusqu’aux crimes !

Le développement inédit du trafic de stupéfiants n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Ce descriptif, tout alarmiste qu’il est, ne doit en aucun cas nous dissuader de baisser les bras.

Le rôle des organisations nationales

Les politiques engagées pour faire face à ces fléaux sociaux ne doivent pas fléchir. Bien au contraire. Elles gagneraient à s’intensifier et à se diversifier. Et, peut-être, plus important, s’ouvrir sur des acteurs fiables de la société civile.

Comment raviver chez nos jeunes cette ferveur à s’enrôler dans des activités sportives au sein d’associations ou dans des groupes de musique comme cela se faisait il n’y a pas si longtemps ?

Or, il est dommage de constater que beaucoup de nos associations sportives ne sont plus capables de jouer ce rôle faute de moyens. Aujourd’hui, ces associations ont été réduites à leur plus simple expression.

L’attrait pour ce genre d’activités est-il en train de s’émousser ? On se le demande. Surtout que le sponsoring est en chute libre ce qui n’arrange aucunement les caisses des clubs sportifs et limite leur capacité à offrir des opportunités aux nombreux jeunes qui cherchent à en faire partie. Les contributions de certaines entreprises économiques ne sont plus aussi généreuses qu’auparavant.

En musique, on trouve des jeunes qui cherchent à former des groupes à partir d’un noyau formé au cours de leur scolarité. Mais ils sont en butte aux réglementations. Porte fermée, donc !

Que reste-t-il ?

On attend un vrai sursaut en faveur de la jeunesse entreprenante.

Quant aux catégories “inclassables”, des mesures plus énergiques sont attendues.

D’autres voies sont possibles. Parmi lesquelles la voie de l’encadrement et l’éducation à la citoyenneté.

L’Armée nationale serait la plus indiquée pour prendre en charge certains éléments pour les former et leur apprendre la discipline et le patriotisme.

Il y a, également, des organisations reconnues pour leur action en faveur de la jeunesse à l’instar des Scouts de Tunisie. Les campings, les escapades et les excursions ont un impact certain sur la formation des jeunes.

C’est une école du civisme et du volontariat. Le Croissant-Rouge tunisien, lui aussi, est une bonne adresse pour les jeunes qui veulent s’investir dans des actions de bénévolat et dans l’humanitaire.

Pour ce qui est des plus récalcitrants, et ils existent, des mesures plus fermes doivent être prises. Surtout lorsqu’on est en plein dans la délinquance juvénile (la voie directe vers la criminalité). Là, il n’y a pas à hésiter. Seule la rééducation par le biais des travaux d’intérêt général. Voire, des solutions extrêmes !

Auteur

Amor CHRAIET

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