Les récentes majorations salariales adoptées dans les secteurs public et privé semblent « acceptables » au regard des capacités économiques du pays, a estimé, vendredi, le spécialiste en droit du travail Hafedh Amouri, tout en mettant en évidence leurs limites structurelles.
Dans une déclaration à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), Amouri a salué les augmentations accordées dans la fonction publique, les établissements publics à caractère administratif et les collectivités locales, qui, selon lui ,« ont dépassé les attentes ». À l’inverse, dans les secteurs non agricoles, les hausses sont certes moins marquées que lors des trois exercices précédents, mais elles demeurent en phase avec l’inflation, établie entre 5 et 6 %.
S’agissant des entreprises soumises à des conventions collectives, le spécialiste a jugé la majoration « compatible avec les réalités économiques actuelles », bien qu’elle reste en deçà des espoirs des salariés. Il a, à cet égard, rappelé que près de 85 % des entreprises tunisiennes emploient moins de vingt personnes, ce qui réduit mécaniquement leur marge de manœuvre face à toute hausse significative des charges salariales.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’un dispositif réglementaire publié jeudi 30 avril 2026 au Journal officiel de la République tunisienne (JORT). Une série de décrets couvrant les années 2026, 2027 et 2028 concerne les agents de l’État, les personnels des collectivités locales et des entreprises publiques, les magistrats ainsi que les salariés relevant de conventions collectives, en application de la loi de finances 2026.
Par ailleurs, le ministère des Affaires sociales a publié les arrêtés réglementaires n° 66 à 69 de 2026, fixant le Salaire minimum agricole garanti (SMAG) et le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) pour les secteurs non agricoles. Ces dispositions s’étendent aux pensions de retraite et prévoient des sanctions à l’encontre des employeurs qui ne s’y conformeraient pas.

