Le gel des prix des carburants, un choix avant tout social
Malgré la flambée des cours mondiaux, le gel des prix des carburants en Tunisie témoigne d’un engagement fort de l’État pour la stabilité du pouvoir d’achat. Selon l’expert en études sociales Hafedh Amouri, cette suspension du mécanisme d’ajustement automatique reflète une priorité sociale claire, bien qu’elle pèse lourdement sur les finances publiques.
L’écart budgétaire devient préoccupant : alors que la loi de finances repose sur un baril à 73 dollars, les prix réels oscillent désormais entre 90 et 100 dollars. Chaque dollar supplémentaire au-dessus de la référence initiale engendre un surcoût annuel estimé entre 140 et 150 millions de dinars pour les caisses de l’État.
Cette stratégie de stabilisation vise à freiner l’inflation, notamment celle importée de l’Union européenne, principal partenaire commercial du pays. En choisissant de ne pas répercuter les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales sur le consommateur, la Tunisie se distingue de nombreux pays voisins. Pour rappel, après une année 2022 marquée par cinq augmentations successives, le gouvernement a choisi de suspendre ce mécanisme pour préserver l’équilibre du marché intérieur.

