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Mohamed Salah Ayari décortique l’impact des retenues d’impôts sur les augmentations salariales

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  • 4 mai 2026
  • 3 min de lecture
Mohamed Salah Ayari décortique l’impact des retenues d’impôts sur les augmentations salariales

Calculettes en main, tous les salariés se sont mis à évaluer leurs futures rentrées à la lumière des récentes augmentations salariales. Pour rendre la tâche plus précise, l’expert fiscal Mohamed Salah Ayari lève le voile sur la réalité des gains nets après impôts. Entre barème progressif, cotisations sociales et déductions familiales, il explique pourquoi la hausse perçue sur la fiche de paie diffère des estimations et du montant brut annoncé, tout en soulignant les nouvelles mesures en faveur des retraités prévues par la loi de finances. En effet, l’universitaire et conseiller fiscal, a présenté ce lundi 4 mai 2026 une analyse détaillée du système de retenue d’impôts et de son influence directe sur les récentes augmentations de salaires.

Le processus de passage du brut au net
Invité de l’émission « Sabah El Ward » sur Jawhara FM, M. Ayari a précisé que la détermination de l’impôt sur le revenu (IRPP) ne s’applique pas directement sur le salaire brut. Le calcul, explique-t-il, suit un parcours précis qui commence par la déduction des cotisations sociales, suivie de la détermination du revenu brut imposable après l’application de certains abattements. Il a ajouté que le plus notable est la déduction de 10 % au titre des frais professionnels, un taux qui grimpe à 25 % pour les retraités.
L’expert a également souligné le rôle des « déductions pour charges de famille » dans l’allégement de la pression fiscale. Ainsi, une déduction de 300 dinars est accordée au chef de famille, complétée par 100 dinars pour chaque enfant à charge, avec des avantages supplémentaires prévus pour des situations spécifiques.

Quelle augmentation réelle après impôts ?
Pour illustrer ses propos, M. Ayari a exposé des cas pratiques montrant l’augmentation nette après déductions. Ainsi, un salarié touchant 1 000 DT, par exemple, et bénéficiant d’une augmentation brute de 90 DT, percevra réellement environ 68 dinars de plus sur son salaire net. En revanche, pour un salarié touchant 2 000 DT avec une augmentation brute de 100 DT, il aura un gain net autour de 70 dinars. Pour un salarié touchant 3 000 DT et ayant bénéficié d’une augmentation brute de 120 DT, il recevra finalement environ 72 dinars de plus.

M. Ayari explique cet écart par le « barème progressif de l’impôt ». Les taux s’échelonnent d’une exonération totale (0 % pour les revenus annuels inférieurs à 5 000 DT) jusqu’à 40 % pour les tranches de revenus les plus élevées. Il a insisté sur le fait que l’impôt est calculé par tranches et non pas par un taux unique appliqué à la totalité du revenu.

Vers une amélioration du revenu des retraités
Dans ce même contexte, l’expert a révélé que la nouvelle loi de finances porte des orientations positives pour les retraités. Il est en effet prévu d’augmenter progressivement le taux d’abattement, passant de 25 % actuellement à 50 % d’ici 2029, ce qui permettra de renforcer mécaniquement leur revenu net.

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Auteur

Abir Chemli

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