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Monde

Conflit iranien et blocus d’Ormuz : les prix des denrées alimentaires explosent à l’échelle mondiale

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  • 9 mai 2026
  • 3 min de lecture
Conflit iranien et blocus d’Ormuz : les prix des denrées alimentaires explosent à l’échelle mondiale

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé ce vendredi que les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en avril leur plus haut niveau depuis plus de trois ans. Cette hausse est la conséquence directe du conflit en cours avec l’Iran et de la fermeture effective du détroit d’Ormuz, provoquant une envolée des prix de l’énergie.

Selon le communiqué, l’indice FAO des prix des produits alimentaires — qui suit les variations des cours internationaux d’un panier de denrées de base — s’est établi à 130,7 points en avril, soit une augmentation de 1,6 % par rapport à son niveau révisé de mars.

L’énergie, moteur de la hausse alimentaire

L’indice global intègre plusieurs sous-indices. Celui des céréales a progressé de 0,8 % sur un mois, une hausse identique à celle enregistrée spécifiquement pour le blé.

La FAO prévoit une baisse des surfaces cultivées en blé pour l’année 2026. Les agriculteurs se tournent vers des cultures nécessitant moins d’engrais, dont les prix explosent en raison de la paralysie du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique voit transiter près d’un tiers de l’approvisionnement mondial en engrais, dont la fabrication dépend par ailleurs fortement des coûts de l’énergie.

En conséquence, la FAO a revu à la baisse ses prévisions de production mondiale de blé à 817 millions de tonnes, soit une chute de 2 % par rapport à l’année précédente, citant « l’incertitude » pesant sur la navigation dans le détroit.

Riz et huiles végétales sous pression

Le riz n’est pas épargné; son indice a grimpé de 1,9 % en avril, sous l’effet de l’augmentation des coûts de production et de marketing liés à l’énergie dans la plupart des pays exportateurs.

Maximo Torero, économiste en chef de la FAO, a souligné que le renchérissement des huiles végétales a largement contribué à cette inflation alimentaire. L’indice des huiles végétales a bondi de 5,9 % depuis mars, atteignant son plus haut niveau depuis juillet 2022. L’huile de palme, notamment, est de plus en plus sollicitée par le secteur des biocarburants à mesure que les prix du pétrole s’envolent.

Une résilience malgré la crise

Malgré ces turbulences guerrières, Maximo Torero note que les systèmes agroalimentaires font preuve de résilience. La hausse des céréales reste modérée grâce à des stocks suffisants issus des saisons précédentes.

Dans un rapport distinct, la FAO a même légèrement relevé ses estimations de la production céréalière mondiale pour 2025 à un record de 3,040 milliards de tonnes, soit une hausse de 6 % sur un an. Enfin, si la consommation humaine de blé a été revue à la baisse (notamment en Iran, en Turquie et au Mexique), l’augmentation de son utilisation pour le fourrage animal compense relativement ce déclin.

Lire aussi:  Nouvelle escalade à Ormuz : Washington lance le «Projet liberté» pour rouvrir la navigation dans le détroit
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Auteur

La Presse

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