La Presse — Autriche – Tunisie a fait couler beaucoup d’encre et de salive, surtout de la part de ceux qui parlaient pour ne rien dire. On organise des matchs amicaux pour se préparer. On ne peut procéder à certaines rectifications en technique collective sans jouer et mettre le joueur dans des conditions réelles de compétition.
C’est un fait, et seuls ceux qui ont pratiqué un sport, même individuel, le savent. Tout ne se passe pas sur le tableau et pour procéder à des changements au niveau des postes ou des amorces d’attaques ou de repli, de positionnement défensif, etc, on a besoin d’être dans des conditions de pression intense.
L’entraîneur travaille en utilisant les joueurs qu’il a sous la main. Il est parfois obligé de décrocher l’un d’eux pour combler un vide. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, les joueurs qui utilisent leurs deux jambes, et qui sont capables d’évoluer à des postes différents, sont favorisés. Nous nous souvenons d’Ahmed Zitouni qui a été converti d’ailier droit en latéral droit. Il est devenu le meilleur du pays.
Mais revenons à cette rencontre amicale face à l’Autriche qui a été riche d’enseignements. Le meilleur a été dit par l’entraîneur Alf Rangnick, sélectionneur de l’Autriche, après la victoire contre la Tunisie :
« J’avais insisté avant le match sur le fait que la Tunisie possède d’excellents joueurs sur le plan technique et fait preuve d’une grande discipline tactique sur le terrain. J’ai lu aujourd’hui un article décrivant l’équipe nationale tunisienne comme « l’Italie de l’Afrique », mais la seule différence est que l’Italie ne participe pas à la Coupe du monde, contrairement à la Tunisie.
Nous avons délibérément choisi d’affronter cet adversaire, car nous recherchions un test sérieux qui nous mettrait sous pression. Quant à Hannibal Mejbri, la différence entre ce que j’ai connu de lui à Manchester United et aujourd’hui, c’est qu’il a quatre ans de plus et a acquis davantage d’expérience durant cette période, ce qui fait de lui un joueur précieux et excellent.
À mon avis, il est actuellement un pilier indispensable de l’équipe nationale tunisienne. La Tunisie a bien joué en première mi-temps. En seconde période, il arrive souvent que lorsque l’adversaire se retrouve en infériorité numérique, ses joueurs se disent : On a l’avantage numérique et on est techniquement excellents, jouons un peu avec eux. Mais mes joueurs ne leur en ont jamais laissé l’occasion ».
Une analyse honnête qui reflète un choix. L’équipe de Tunisie, les joueurs tunisiens depuis toujours, ont réussi à tenir la dragée haute aux meilleurs grâce à cette maturité tactique qui leur permet de lire convenablement le jeu de l’adversaire, tout en appliquant les consignes.
L’essentiel est, donc, d’avoir profité de cette rencontre et nous pensons qu’étant donné les circonstances dans lesquelles elle s’est déroulée, ce match amical livré à l’Autriche, est actuellement et sera jusqu’à l’ouverture du Mondial, sera analysée, disséquée sur tous ses aspects pour mettre en place la stratégie à adopter contre la Tunisie lors de la véritable compétition qui démarrera le 11 juin 2026 et se poursuivra jusqu’au 19 juillet 2026. D’ici là, il y aura encore bien des choses à dire, surtout qu’il nous reste demain ce Belgique-Tunisie qui promet.



