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Economie

Risque de pénurie de pétrole : Les organisations mondiales alertent

  • 10 juin 2026
  • 5 min de lecture
Risque de pénurie de pétrole : Les organisations mondiales alertent

Alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit, plusieurs organisations alertent sur « le rythme record » de la baisse des stocks mondiaux de pétrole. C’est une menace qui plane sur l’économie mondiale depuis des mois. Plusieurs organisations internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont récemment alerté sur un risque de pénurie de pétrole cet été si le trafic maritime via le détroit d’Ormuz ne revient pas rapidement à la normale.

La Presse — Les stocks mondiaux de pétrole se réduisent à un rythme record du fait de la perte majeure de livraisons passant par le détroit d’Ormuz, ont alerté dans une déclaration commune plusieurs organisations monétaires. Celles-ci attribuent cette situation à la perte d’une partie majeure des livraisons transitant par le détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le golfe Persique à la mer d’Arabie.

Les répercussions se font déjà sentir dans plusieurs économies émergentes et en développement, notamment en Asie. Face à la diminution de l’offre disponible, certains gouvernements ont adopté des mesures destinées à limiter la consommation de produits pétroliers.

Les économies vulnérables en première ligne

Les institutions notent que « les pays les plus fragiles supportent une part disproportionnée du choc. La hausse des prix du pétrole peut renchérir les transports, l’électricité, les biens importés et les engrais, avec un effet direct sur les budgets publics et les ménages ».

Le cœur des inquiétudes se situe dans le détroit d’Ormuz, par où transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux.

Selon ces institutions, si la circulation maritime ne revient pas rapidement à la normale, la baisse continue des réserves « représenterait un risque accru en termes de sécurité énergétique et de résistance de l’économie ».

En pointant un horizon de plus en plus proche : celui du pic de demande de l’été, ces institutions estiment que, sans la reprise rapide du trafic maritime dans le Golfe, les stocks pourraient être insuffisants pour absorber le surcroît de consommation, kérosène pour l’aviation, essence pour véhicules terrestres, etc.

Le kérosène, en l’occurrence, « représente souvent entre 25 et 35 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, un poste extrêmement sensible à la volatilité du baril ». Depuis le début de la crise au Moyen‑Orient, plusieurs rapports soulignent que « le coût du carburéacteur a plus que doublé sur certaines périodes, entraînant une pression immédiate sur les tarifs aériens ».

Les organisations internationales préviennent qu’une baisse prolongée des stocks « avant le pic de demande de l’été » pourrait contraindre certains opérateurs à réduire fortement leur activité.

L’impact sur la Tunisie

Dans ce contexte international marqué par une forte incertitude, l’économie tunisienne apparaît particulièrement exposée. « La forte dépendance énergétique renforce la vulnérable face à une hausse durable des prix des hydrocarbures et à d’éventuelles perturbations des flux d’approvisionnement », précise l’Iace.

La production nationale de l’énergie représente près de 35 % de la demande intérieure en 2025, ce qui explique la forte dépendance aux importations de l’énergie. Cette dépendance se traduit par une aggravation du déficit énergétique. Ce dernier a culminé 11.2 milliards de dinars en 2025, soit près de 6,5 % du PIB, et les subventions énergétiques représentent 7,5 % du Budget, soit l’équivalent de 3,3 % du PIB.

Par ailleurs, l’Iace a dû rappeler que la Loi de finances 2026 a été élaborée sur la base d’une hypothèse de prix de pétrole d’environ 63.3 dollars le baril, les besoins de subvention des carburants ont été estimé 4.993 MD.

Les estimations du Budget de l’Etat pour 2026 indiquent que chaque augmentation d’un dollar du prix de baril de pétrole entraînerait une hausse des dépenses de subvention de 164 MD. De même, chaque augmentation de 10 millimes du taux de change du dollar entraînerait des charges de subvention supplémentaires de 43 MD.

Par ailleurs, l’Iace n’a pas manqué de rappeler que la guerre russo-ukrainienne, elle aussi, a eu un impact significatif sur les dépenses de subvention énergétique. En effet, le prix du Brent a atteint une moyenne supérieure à 100 dollars, entraînant une hausse des dépenses de subventions énergétiques à 7.628 MD contre des prévisions initiales respectivement de 75 dollars et 2.891 MD. Sachant que l’année 2022 a été marquée par plusieurs révisions des prix des hydrocarbures.

Nonobstant ces éléments, les développements observés depuis le mois de février 2026 « nécessitent le renforcement du stock stratégique d’hydrocarbure et des besoins financiers supplémentaires ».

Les entreprises publiques opérant dans les secteurs de l’énergie et du transport, en particulier dans le transport aérien, « pourraient être confrontées à une augmentation significative de leurs coûts d’exploitation. Cette situation s’explique principalement par la hausse des prix du carburant ainsi que par l’augmentation des coûts liés au transport international, autant de facteurs qui pourraient exercer des pressions supplémentaires sur les équilibres financiers », précise l’Iace.

 

Auteur

Najoua Hizaoui

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