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Editorial

Le droit de grandir partout en Tunisie !

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  • 12 juin 2026
  • 2 min de lecture
Le droit de grandir partout en Tunisie !

La récente effervescence parlementaire autour de la loi encadrant nos structures de la petite enfance n’est pas qu’une querelle de technocrates; elle est le cri sourd d’une enfance que l’on oublie aux marges du pays.

Certes, le législateur s’inquiète — et c’est louable — des contraintes logistiques et budgétaires. On craint l’exigence de l’ergothérapeute ou du psychologue dans les zones rurales, comme si le soin de l’esprit était un luxe d’urbains. Mais quelle cruelle ironie que d’invoquer la «pénurie de compétences» pour justifier l’abandon de nos petits enfants de l’intérieur ! En acceptant de réduire l’exigence de qualification sous prétexte d’éloignement, nous condamnons la différence à l’isolement. Un enfant en situation de handicap né loin des lumières de la capitale n’est pas un citoyen de seconde zone; il est une sentinelle de notre humanité commune qui, faute d’accompagnement, s’étiole dans le silence 

Il est temps de rompre avec cette géographie du renoncement. La solution ne réside point dans la flexibilité qui rabote les droits, mais dans une audace publique retrouvée. Pourquoi laisser le soin de l’éveil aux seules mains du hasard ou du privé, quand la République a pour devoir d’être le premier architecte de ces âmes ?

Le développement massif de jardins d’enfants publics dans nos régions intérieures est une urgence éthique, une nécessité démocratique. Il faut bâtir ces lieux non comme de simples garderies, mais comme des phares où la compétence, choyée et correctement rémunérée, devient le terreau fertile de l’inclusion. Cessons de marchander l’avenir. Là où les moyens sont limités, l’État doit se faire bâtisseur, là où les talents font défaut, il doit se faire semeur.

Car, en vérité, la vitalité d’une nation ne se mesure pas à l’opulence de ses métropoles, mais à la tendresse avec laquelle elle accueille l’enfant le plus fragile. Faire fleurir ces jardins publics là où tout semble aride, c’est enfin reconnaître que chaque enfant, du Grand Tunis aux confins du Sud, est le premier pilier de notre futur.

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Auteur

Salem Trabelsi

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