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Culture

« Essais Party » De sylvain Monteleon : Symo, une renaissance artistique entre mémoire et tunisianité

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  • 24 juin 2026
  • 4 min de lecture
« Essais Party » De sylvain Monteleon : Symo, une renaissance artistique entre mémoire et tunisianité

Depuis toujours, l’œuvre de l’artiste est traversée par un engagement profondément humain. Son regard demeure attentif aux grandes causes de son temps, à la dignité des peuples et aux combats pour la justice.

La Presse — Samedi dernier, à la Galerie Hédi Turki de Tunis, le peintre Sylvain Monteleone présente un florilège de ses œuvres les plus récentes dans une exposition au titre aussi intrigant que révélateur : « Essais Party ». Fidèle à son goût prononcé pour les jeux de mots, les calembours et les détournements de sens, l’artiste propose bien davantage qu’une simple série d’œuvres. Cette exposition marque également une nouvelle étape dans son parcours créatif avec l’adoption d’une nouvelle signature:  « Symo », contraction des premières syllabes de son prénom et de son nom.

Un choix qui n’est pas sans rappeler certaines figures emblématiques de l’histoire de l’art et du cinéma. Sergio Leone signait ses premiers westerns sous le pseudonyme de Bob Robertson, tandis qu’Ennio Morricone composait parfois sous celui de Dan Savio.

Chez Sylvain Monteleone, devenu aujourd’hui Symo, ce changement de signature ne relève pas seulement de l’anecdote. Il symbolise une forme de renaissance artistique, une manière de revisiter son identité tout en demeurant fidèle à son univers.

L’exposition se présente comme un véritable pot pourri de créations récentes. Plusieurs séries de peintures sur toile y côtoient des ensembles plus singuliers, parmi lesquels Psych’effet miroir, où l’image se dédouble et interroge le regard du spectateur. Trois empreintes, empruntées au temps qui passe, dialoguent avec quatre gravures réunies sous le titre évocateur de Grave Heure, comme une méditation poétique sur la mémoire et la condition humaine. Plus loin, l’artiste nous entraîne au-delà du Tepidarium, dans des territoires où le réel s’efface au profit de l’imaginaire.

Les personnages de Symo semblent flotter dans un univers inconnu, suspendus entre rêve et souvenir. Ses gravures évoquent des masques, des totems, des présences mystérieuses qui renvoient aux mythes fondateurs autant qu’aux interrogations contemporaines. Ses dessins deviennent autant de fils d’Ariane guidant le visiteur à travers un labyrinthe de formes et de symboles. Quant à ses roses figées, elles apparaissent comme des hommages silencieux à Jéricho, à la fragilité des civilisations et à la permanence de la mémoire.

Depuis toujours, l’œuvre de l’artiste est traversée par un engagement profondément humain. Son regard demeure attentif aux grandes causes de son temps, à la dignité des peuples et aux combats pour la justice.

Cette conscience éveillée transparaît dans ses compositions, dans ses couleurs, mais aussi dans l’énergie de ses traits et de ses signes graphiques.

À travers cette exposition, Symo affirme également son attachement indéfectible à la Tunisie. Malgré les années et les voyages, il demeure profondément enraciné dans le pays qui l’a vu naître. À plus de soixante-dix ans, il continue de puiser son inspiration dans les traces laissées par ses parents, dans les senteurs de Tunis, dans les formes et les lumières de son quartier. Son œuvre est habitée par cette mémoire intime qui nourrit chacune de ses créations.

Ainsi, derrière ce nouveau nom se dessine la continuité d’un parcours exceptionnel. Symo n’efface pas Sylvain Monteleone; il en prolonge l’histoire. Une histoire faite de passion, de fidélité à ses origines et d’une quête artistique jamais interrompue.

Une naissance symbolique qui en dit long sur le chemin parcouru par l’un des peintres les plus singuliers de la scène artistique tunisienne.

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Auteur

Asma DRISSI

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