La cinquième édition du Festival théâtre et société a démarré dimanche à Siliana avec une programmation mêlant théâtre, musique, poésie et formation, plaçant l’art au cœur de la vie citoyenne.
La Presse — La ville de Siliana a renoué avec la scène et la création artistique à l’occasion de l’ouverture de la cinquième édition du Festival théâtre et société, organisée du 21 au 28 juin par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Siliana, en partenariat avec la Délégation régionale des affaires culturelles et le Complexe culturel.
Le coup d’envoi, donné dimanche 21 juin dans la région d’El Attayat, a placé la musique et le théâtre au centre d’une soirée inaugurale riche en émotions et en échanges avec le public.
La soirée s’est ouverte avec la formation de Meriem Tarzi, qui a proposé un voyage musical entre répertoire oriental, tunisien et chants soufis. Une introduction en accord avec l’esprit du festival : rapprocher les expressions artistiques et créer un dialogue avec les habitants.
La scène a ensuite accueilli la pièce « La Mort », mise en scène par Lazhar Farhani, sur un texte de Noureddine Hammami, avec la participation de Noureddine Hammami et Abdessalem Bouzidi. Une œuvre qui explore les fragilités humaines et les questionnements existentiels.
Le public a également découvert « Le Roman 15 », une création issue d’un laboratoire encadré par l’artiste Naji Kanawati et produite par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Siliana. Le spectacle interroge la relation entre l’écrivain et ses personnages, entre création littéraire et univers scénique.
Au-delà d’une manifestation culturelle, le Festival théâtre et société porte une ambition sociale : faire du théâtre un outil de réflexion, de sensibilisation et d’éveil collectif. Un projet qui s’inscrit dans la vision du Centre des arts dramatiques et scéniques de Siliana, pensé comme un espace ouvert sur les citoyens, leur identité et leur environnement.

Pour le directeur du Centre, l’artiste Salah Faleh, le théâtre doit retrouver une place essentielle dans le quotidien, en devenant un espace de rencontre, de questionnement et de partage.
La programmation se poursuit avec une deuxième soirée consacrée à la musique et à la poésie. Elle réunit notamment Meriem Laâbidi et Mazen Ben Mabrouk pour un spectacle musical, avant une Nuit des poètes autour de plusieurs interrogations : comment la voix devient-elle image ? Comment la parole se transforme-t-elle en corps ? Et comment poésie et théâtre se rejoignent-ils dans leur quête permanente de l’humain ?
Cette rencontre réunira plusieurs poètes et écrivains, dont Moncef Mezghenni, Mohamed Naceur El Mouelhi, Nasr Ammari, Sofiane Rejab, Rim Ghamri, Radhouan Ajroudi, Jazia Hammami et Amjed El Abidi.
La scène musicale accueillera également Nidhal Yahyaoui, le groupe Jadhb, Seifeddine Maayouf et Nourhane Hadaoui.
Côté théâtre, le festival proposera plusieurs créations : « Le livre d’Aladin » de Mokhtar Louzir, « Houma » de Cyrine Gannoun, « Les fugueuses » de Wafa Taboubi et « Rar » d’Ezzeddine Bachir.
La clôture sera assurée par « Aveu » de Mohamed Ali Saïd, en remplacement de « Chute libre » de Noomen Hamda, empêché pour des raisons de santé.
Le programme comprend également un spectacle de cirque ainsi qu’un spectacle de danse théâtrale intitulé « Falleg » de Haithem Boughanmi.
Parallèlement aux représentations, le festival poursuit son travail de formation avec plusieurs laboratoires permanents: l’art de la marionnette sous la direction du Dr Walid Loussii, l’écriture nouvelle avec Samia Ammami, un atelier autour du rythme populaire dans le cadre du projet « Croisement des arts et de l’identité tunisienne », ainsi qu’un atelier consacré à la voix et à la diction animé par Meriem Laâbidi.
À Siliana, le théâtre ne se contente plus d’occuper une scène: il investit la cité et devient un langage collectif, fidèle au slogan de cette édition : « L’art change le visage de la ville ».



