La mise en place du Référentiel des métiers et des compétences (Rtmc) par l’Aneti marque une étape majeure dans la modernisation de la formation professionnelle en Tunisie. En structurant les métiers autour des savoirs, savoir-faire et savoir-être, cet outil vise à mieux aligner les compétences avec les besoins du marché du travail et à renforcer l’employabilité des jeunes.
La Presse — La Tunisie amorce une nouvelle étape dans la modernisation de son système de formation professionnelle. La mise en place du Référentiel des métiers et des compétences (Rtmc), portée par l’Agence nationale de l’emploi et du travail indépendant (Aneti), s’inscrit dans cette dynamique de réforme qui vise à mieux aligner les profils formés avec les exigences réelles du tissu économique.
À travers une cartographie détaillée des métiers et des compétences, cet outil se positionne comme un levier stratégique pour renforcer l’employabilité, améliorer la lisibilité du marché du travail et accompagner la transformation des ressources humaines dans un environnement de plus en plus compétitif.
Mieux articuler la formation et l’employabilité
Ce référentiel est présenté par l’Agence nationale de l’emploi et du travail indépendant (Aneti) comme un instrument de « médiation au cœur du marché de l’emploi », à travers une cartographie des métiers et des compétences existant sur le marché national du travail.
De ce fait, il constitue une avancée majeure, non seulement pour la modernisation du Dispositif national de formation professionnelle, mais aussi et surtout pour la codification des métiers et des compétences requises dans de nombreux domaines d’activité décrits par le Référentiel.
Dans ce contexte, Mustapha Boubaya, consultant-formateur en organisation du travail et en management des projets, spécialiste en ingénierie de formation et en formation des formateurs, a souligné que cette initiative marque « un tournant structurant dans la lecture des compétences et leur alignement avec les besoins du marché du travail ». Il a également indiqué que cette démarche « permet de mieux articuler la formation et l’employabilité », tout en mettant en avant « l’importance d’un langage commun entre les différents acteurs ».
Cette codification permet d’aller à l’essentiel des métiers où elle offre une lecture claire des activités professionnelles propres à chacun d’eux et à décrire de manière précise les compétences requises, en termes de connaissances théoriques de base (savoirs), aptitudes et habiletés pratiques (savoir-faire), y compris sur les plans numérique et linguistique, et attitudes comportementales (savoir-être), sans lesquelles les autres savoirs ne peuvent s’exprimer.
Ces trois dimensions constituent aujourd’hui les piliers de tout modèle moderne de gestion des ressources humaines ainsi que de tout système performant de formation professionnelle.
Dans le même sillage, Mustapha Boubaya a affirmé que «l’organisation des compétences autour des trois savoirs constitue aujourd’hui un standard international ». Il ajoute que « leur intégration dans les référentiels nationaux est essentielle pour améliorer la compétitivité des ressources humaines ».
Ainsi, ces trois piliers codifient les compétences de chaque métier dans un langage commun, le Rtmc constitue un véritable levier pour moderniser les apprentissages professionnels et renforcer la synergie entre les acteurs du marché du travail.
Avec près de cinq cents fiches décrivant les postes de travail dans une quinzaine de secteurs professionnels, réparties sur trois tomes, le Référentiel offre une vision structurée des métiers.
Chaque fiche définit un métier et les qualifications requises pour son exercice, tout en facilitant le repérage des activités, des savoirs spécifiques, des conditions d’accès et des diplômes éventuellement exigés. Elle peut également inclure une description synthétique des missions ainsi que du contexte d’exercice.
Un outil d’orientation
Le Référentiel constitue également un outil d’orientation et permet aux demandeurs d’emploi d’identifier les métiers vers lesquels ils peuvent se diriger dans le cadre d’une mobilité ou d’une reconversion professionnelle. Répondre aux exigences du marché du travail et contribuer à réduire le chômage des jeunes figurent parmi les principaux objectifs du futur Répertoire national des compétences de la formation professionnelle.
À ce propos, Mustapha Boubaya a précisé que « l’enjeu ne se limite pas à la formation, mais concerne l’ensemble de l’écosystème de l’emploi », il insiste sur « la nécessité d’actualiser des référentiels pour suivre l’évolution rapide des métiers ».
Il a, en outre, estimé que « l’harmonisation entre le Rtmc et le futur Répertoire est une condition essentielle pour garantir une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi ».
Ainsi, l’enjeu du Répertoire dépasse la simple réorganisation des spécialités de formation pour rapprocher les parcours tunisiens des standards internationaux et favoriser la mobilité professionnelle. En effet, la validation des compétences professionnelles constitue aujourd’hui un avantage compétitif majeur, notamment à l’international.
« Les compétences certifiées deviennent un passeport pour l’employabilité, aussi bien au niveau national qu’international ». Enfin, il convient de souligner que cette dynamique reste étroitement liée au développement des compétences numériques et linguistiques, devenues incontournables dans un marché du travail globalisé, a-t-il conclu.



