Handisport — un champion marginalisé : Excuses non valables !
La fédération concernée et les responsables de la tutelle ont fourni des explications après les remous et les sentiments d’abandon exprimés par Amanallah Tissaoui.
La Presse — Ce champion s’est retrouvé dans une situation indigne d’un représentant qui a honoré son pays et dont le nom est gravé dans l’histoire du sport national et international. Il est douloureux, en effet, de constater qu’un champion du monde et détenteur de record du monde, dénonce la marginalisation dont il est l’objet, le manque de reconnaissance de ses exploits et la privation de ses droits sportifs et humains les plus fondamentaux.
Comment en est-on venu là ?
La fédération concernée a, certes, livré une longue tirade qui explique toute la démarche administrative effectuée en insistant sur les aspects du respect des exigences de transparence et de bonne gouvernance. Oui, mais qui a soutenu le contraire ? Personne. Mais tout le monde sait que, dans ce pays, il faut s’y prendre à l’avance au vu des longues démarches administratives que l’on semble d’ailleurs vouloir rejeter sur l’opération de transfert qui a traîné en longueur. Les champions du monde et olympiques tunisiens en natation en savent quelque chose.
Eux aussi ont eu des problèmes et ce fut leur entraîneur ou leur équipe qui s’est chargé de faire le joint en attendant l’arrivée de l’enveloppe qui leur est réservée pour leur préparation. Nous avons vu l’été dernier Ahmed Jendoubi hanter les rues suffocantes de chaleur pour essayer de débloquer son dossier qui était quelque part dans les couloirs. Et alors que dans le monde entier, là où il y a des champions qui se préparent à l’étranger, on a mis en place une direction, un organisme pour ne s’occuper que de leurs affaires, pour justement ne pas les soumettre à ces contraintes qui les démoralisent et les éloignent de leurs préoccupations techniques, notre mode de fonctionnement continue de se comporter en dilettante.
« Ventre affamé n’a point d’oreilles »
Lorsqu’un jeune en préparation est à l’étranger, livré à lui-même et n’a plus un sou en poche et ne mange pas à sa fin, c’est une honte. Personne n’accepterait que son enfant soit dans cette situation. Les responsables de ces champions n’ont pas voulu le comprendre et seules de vaines explications et puériles justifications, avancées pour se tirer d’affaire, sont disponibles. Nous n’avons jamais cessé de le répéter. Et c’est la raison pour laquelle, dans ces cas bien particuliers, toutes les excuses sont non valables. « Ventre affamé n’a point d’oreilles », dit-on.



