La Tunisie a enregistré un volume d’importation de 20 MW de panneaux solaires chinois en mai 2026, se classant ainsi 10e et dernière parmi les principaux pays arabes importateurs.
Selon les données publiées par le site spécialisé Attaqa et issues de l’Unité de recherche sur l’énergie, ce positionnement intervient dans un contexte de fort recul des importations solaires dans la région arabe, où le total des capacités importées par les dix principaux pays a chuté à 0,89 GW en mai 2026, contre 2,57 GW un an plus tôt, soit une baisse globale de 61 % sur un an.
Cette contraction s’explique principalement par la baisse des importations dans plusieurs marchés clés, notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Irak, affectés par des perturbations logistiques et géopolitiques liées notamment au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Une dynamique régionale contrastée
Malgré ce recul global, certains pays ont maintenu ou renforcé leurs importations. L’Arabie saoudite domine le classement avec 200 MW, suivie de l’Égypte (170 MW) et de la Jordanie (150 MW), cette dernière affichant même une progression notable.
Le Yémen et le Liban enregistrent chacun 80 MW, tandis que les Émirats arabes unis reculent fortement à 60 MW. L’Irak chute à 50 MW, et le Maroc et l’Algérie se partagent la 8e et 9e position avec 40 MW chacun. La Tunisie en fin de classement, mais dans une dynamique structurelle
Avec 20 MW importés en mai 2026, la Tunisie ferme ce classement régional. Ce chiffre, stable par rapport à la période précédente, reflète une position encore modeste dans les flux d’importation de panneaux solaires chinois à l’échelle arabe.
Mais au-delà du classement, cette donnée met en lumière une réalité plus large : la transition énergétique tunisienne reste en phase de montée en puissance, dans un contexte où le pays multiplie les projets solaires et les stratégies de diversification du mix électrique, sans encore atteindre des volumes d’importation comparables aux grandes économies régionales.
Cette position ne traduit donc pas uniquement un retard, mais aussi une structuration progressive du marché solaire tunisien, encore en phase de consolidation industrielle et réglementaire.
Un marché régional en repli marqué
Selon les données d’Attaqa, les Émirats arabes unis enregistrent la plus forte baisse avec un recul de près de 89,7 %, suivis de l’Irak (-85 %) et du Maroc (-71 %). L’Arabie saoudite, malgré son leadership, accuse également une baisse de plus de 78 % sur un an.
Cette tendance générale intervient alors que les pays arabes poursuivent leurs efforts pour développer les énergies renouvelables, notamment le solaire, dans le cadre de stratégies visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à diversifier leurs mix énergétiques.
Mais si la dynamique globale reste orientée vers l’expansion du solaire, les écarts entre pays se creusent. Certains accélèrent leurs investissements, tandis que d’autres, comme la Tunisie, avancent à un rythme plus mesuré, influencé par des contraintes de financement, d’infrastructures et de structuration du marché.
Dans ce paysage contrasté, la Tunisie apparaît comme un acteur en construction, dont la trajectoire énergétique dépendra autant de ses capacités d’investissement que de la consolidation de son écosystème industriel et réglementaire dans les énergies renouvelables.




