Société

Ben Guerdane : intervention vétérinaire massive pour sauver 1 000 chameaux de la gale

  • 8 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Ben Guerdane : intervention vétérinaire massive pour sauver 1 000 chameaux de la gale

Le CRDA de Médenine déploie sept brigades mobiles dans la zone d’El Waâra. Les autorités sanitaires ciblent un double traitement de choc et mettent en garde les éleveurs contre les risques de contamination par les points d’eau.

En effet, une course contre la montre s’est engagée à la frontière sud-orientale pour protéger le cheptel camélin à travers le déploiement d’une caravane sanitaire et vétérinaire d’urgence. Celle-ci s’est déployée dans la vaste zone pastorale d’El Waâra, située à la délégation de Ben Guerdane, gouvernorat de Médenine.

Selon les données officielles communiquées à l’agence TAP par Karim El Alani, chef de la direction de la production animale au Commissariat régional au développement agricole (CRDA), cette cellule d’intervention a permis de traiter et d’immuniser en urgence un contingent d’environ 1 000 dromadaires. Les animaux ont été pris en charge face à une prolifération critique de la gale caméline, une affection parasitaire hautement contagieuse qui ronge l’épiderme des animaux.

Pour éradiquer efficacement le parasite et assainir le troupeau, les services publics des vétérinaires ont appliqué un protocole thérapeutique de choc à double action. Les dromadaires recensés ont simultanément reçu des injections systémiques antiparasitaires ainsi qu’un traitement topique par application cutanée locale. Cette stratégie médicale combinée vise non seulement à éliminer immédiatement les acariens actifs responsables de la gale, mais également à dresser une barrière biologique préventive contre l’ensemble des ectoparasites et autres larves cutanées qui menacent la survie de cette filière animale stratégique pour l’économie rurale de la région.

La sédentarisation des éleveurs derrière la propagation du virus ?

Le CRDA de Médenine a mobilisé sept brigades vétérinaires mobiles, opérant en synergie avec les autorités locales, l’Union locale de l’agriculture et de la pêche (ULAP) de Ben Guerdane ainsi que le Groupement de développement agricole (GDA) d’El Waâra, El Hamada et El Hamil.

Ceci dit, au-delà des soins médicaux, les brigades ont mené des séances d’encadrement technique auprès des nomades et éleveurs de la région. Les spécialistes ont insisté sur l’obligation d’assainir l’environnement immédiat des bêtes, de maintenir une vigilance omniprésente, d’isoler strictement les sujets présentant les premiers symptômes de dépérissement cutané et de proscrire tout regroupement incontrôlé.

L’analyse épidémiologique livrée par Karim El Alani met en exergue des transformations structurelles inquiétantes dans les méthodes d’élevage locales. Le passage progressif d’un nomadisme pastoral traditionnel à un système d’élevage extensif non gardé, où les propriétaires s’éloignent de leurs bêtes et ne surveillent plus les animaux de manière quotidienne, retarde en effet la détection précoce des premiers foyers d’infection.

Les animaux se regroupent de manière autonome et se mélangent aux cheptels voisins lors de l’abreuvement autour des rares points d’eau et puits de la région. Ce contact physique rapproché constitue le principal vecteur d’accélération de la maladie.

Pour endiguer définitivement ce fléau, le CRDA a annoncé que les interventions cliniques se prolongeront au cours des prochaines semaines à travers un suivi sanitaire local rigoureux. Et ce, afin de restituer au troupeau sa pleine santé et productivité.

R.I

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R. I

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