Avec 5 290 cas confirmés et plus de 2 516 décès au 19 août, l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo est devenue la plus meurtrière jamais recensée dans le pays. Le coordinateur principal de l’ONU pour la lutte contre le virus, Julien Harneis, a mis en garde vendredi contre un épuisement imminent des fonds disponibles.
Les ressources mobilisées pour combattre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) pourraient s’épuiser dans les prochaines semaines. C’est l’alerte lancée vendredi par Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU pour la lutte contre le virus, lors d’une visioconférence donnée depuis Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, à l’occasion d’un point de presse régulier des Nations unies à Genève.
Selon les derniers chiffres arrêtés au 19 août, l’épidémie a fait plus de 2 516 morts pour 5 290 cas confirmés. Julien Harneis a décrit une progression « de manière exponentielle », touchant désormais un territoire plus étendu que la France. « Elle s’intensifie et s’étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a-t-il déclaré.
Déclenchée le 15 mai 2026, la flambée est provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe à ce jour. Elle se déroule dans un contexte marqué par l’insécurité et d’importants mouvements de population et de marchandises dans l’est du pays. L’agence Africa CDC estime qu’entre 30 et 40 % seulement des cas sont actuellement détectés.
Sur le terrain, les équipes de riposte sont elles-mêmes durement touchées. Julien Harneis a fait état d’environ 160 professionnels de santé contaminés par le virus, dont 43 sont morts. À cela s’ajoutent des violences distinctes : plus de 260 attaques visant des agents et des infrastructures sanitaires ont été recensées au cours des six derniers mois, notamment des ambulances caillassées ou incendiées et des centres de santé pris pour cible. Ces violences ont fait huit morts parmi le personnel soignant.
La crise s’accompagne de difficultés logistiques supplémentaires. La fermeture de l’aéroport de Bunia au trafic commercial complique l’acheminement de liquidités, retardant le paiement des dizaines de milliers de personnes mobilisées dans la riposte, selon le coordinateur de l’ONU.
Fin juillet, cette 17e épidémie d’Ebola est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant le bilan de la flambée de 2018-2020, qui avait fait 2 299 morts pour 3 381 cas confirmés. À l’échelle mondiale, elle constitue désormais la deuxième plus importante jamais documentée, derrière celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, qui avait causé plus de 11 300 décès.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recensait pour sa part 837 patients hospitalisés en isolement au 20 août, tandis que 82,9 % des personnes-contacts identifiées faisaient l’objet d’un suivi dans les provinces concernées.
S.M



