L’économie parallèle représenterait plus de 40% du volume de l’économie tunisienne, a affirmé le chercheur en sociologie Safouen Trabelsi, lundi 21 septembre 2026.
Lors de son intervention sur les ondes d’Express Fm, le sociologue a ajouté que le phénomène de l’économie parallèle est profondément ancré dans l’histoire et les représentations sociales en Tunisie. “La société tunisienne aurait ainsi hérité de circuits commerciaux transfrontaliers, terrestres et maritimes, dont les pratiques et les représentations culturelles et sociales se sont développées notamment dans les régions frontalières où les frontières sont facilement franchissables”, précise-t-il.
Un phénomène favorisé par les crises et les difficultés d’accès au circuit formel
Safouen Trabelsi a expliqué que l’économie parallèle est liée à plusieurs facteurs, notamment les crises économiques et sociales. Elle continue, selon lui, d’attirer une partie des citoyens en raison des prix abordables qu’elle permet de proposer pour certains produits.
Le chercheur considère également que le secteur parallèle constitue une alternative accessible à l’initiative privée, dans un contexte où plusieurs obstacles peuvent compliquer l’intégration au circuit économique officiel.
Il cite notamment les monopoles dans certains secteurs ainsi que les lourdeurs et complexités bureaucratiques, qui peuvent, selon son analyse, pousser certains individus à se tourner vers le secteur parallèle.
Alléger la pression fiscale et simplifier les procédures
Pour favoriser l’intégration des acteurs de l’économie parallèle dans le circuit officiel, le chercheur estime nécessaire de réduire les charges fiscales et de simplifier les procédures administratives.
Il a plaidé, dans ce contexte, pour l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à favoriser l’intégration du secteur parallèle dans l’économie formelle.
Safouen Trabelsi a également critiqué certains concepts financiers utilisés dans le système fiscal actuel, estimant qu’ils ne correspondent pas toujours aux réalités économiques et sociales des familles tunisiennes.
Il a notamment considéré que le fait de classer une entreprise disposant d’un capital de 100 millions parmi les grandes entreprises, ou de qualifier de « bourgeoisie » une personne réalisant 50 millions de bénéfices, constitue une classification irréaliste, car elle ne tiendrait pas suffisamment compte du niveau de vie réel des familles tunisiennes.
Investir dans le capital humain pour réduire le poids du secteur parallèle
Le chercheur a enfin souligné l’importance du renforcement de l’investissement responsable dans les entreprises du secteur formel.
Selon lui, cet investissement devrait notamment passer par le développement du capital humain et la mise en place de salaires permettant de préserver la dignité des travailleurs et de garantir leurs droits.
Une telle approche permettrait de créer davantage de valeur ajoutée et contribuerait, selon son analyse, à réduire progressivement le poids de l’économie parallèle.
R.I



