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Sécurité hydrique : La Banque mondiale évalue à 6,4 % la perte potentielle du PIB tunisien d’ici 2050

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  • 23 septembre 2026
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Sécurité hydrique : La Banque mondiale évalue à 6,4 % la perte potentielle du PIB tunisien d’ici 2050

Le traitement de la crise de l’eau s’impose désormais comme le facteur déterminant des perspectives de croissance et d’emploi de la Tunisie. Dans son dernier Bulletin de conjoncture économique, intitulé « Le défi de l’eau en Tunisie : de la rareté à la résilience », la Banque mondiale lance une alerte chiffrée sans équivoque sur le coût économique de l’inaction face au stress hydrique structurel.

L’institution note de prime abord que si l’année hydrologique 2025–2026 a apporté un répit temporaire en améliorant le taux de remplissage des barrages, cette accalmie ne doit en aucun cas masquer une pénurie absolue, la disponibilité par habitant étant tombée à 380 m³ par an, bien en deçà du seuil critique mondial de 500 m³.

Ceci dit, cette crise environnementale s’est muée en une réalité macroéconomique immédiate. En l’absence de réformes correctives profondes, les simulations du rapport prévoient que la rareté de la ressource amputera le produit intérieur brut (PIB) tunisien de 3,4 % dès 2030, avant d’atteindre une contraction lourde de 6,4 % à l’horizon 2050. Le secteur agricole, qui absorbe une part majeure des allocations et emploie 14 % de la population active nationale, est en première ligne. Les projections chiffrent à au moins 30 % la destruction potentielle des emplois agricoles au milieu du siècle, une onde de choc qui menacerait directement l’agro-industrie, le tourisme et le tissu industriel dépendant de l’eau.

Sur le plan de la gouvernance, le rapport souligne que les grands investissements d’infrastructure, estimés à 900 millions de dollars par an dans le cadre du Plan Eau 2050, resteront inefficaces s’ils ne s’accompagnent pas de réformes réglementaires strictes.

La feuille de route appelle à une modernisation urgente du Code des eaux, à l’établissement d’un cadre juridique pérenne pour la réutilisation des eaux usées traitées et à un ajustement progressif des grilles tarifaires pour garantir la viabilité financière des opérateurs publics. La sécurité hydrique doit ainsi être pilotée comme un instrument central de la politique de l’emploi et de la résilience nationale.

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Auteur

Abir Chemli

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