Nous sommes, actuellement, en période de basse lactation, qui commence aux alentours du 1er septembre et se prolonge jusqu’à fin février.
Les fourrages diminuent, ce qui entraîne une baisse de la production laitière nationale.
Par voie de conséquence, la production journalière chute nettement, alors que le marché devient demandeur. En effet, la rentrée scolaire et universitaire, tout aussi bien que le démarrage de l’enseignement au sein des grands ensembles, accentuent la pression.
La Presse — C’est l’entrée en jeu des stocks qu’en principe les différentes parties prenantes prennent la précaution de constituer durant la haute lactation. Le marché est dès lors régulé et depuis belle lurette, il n’y a pas eu de crise ou de véritable pénurie. Les flottements de l’année dernière n’ont eu aucun effet et le recours au lait en poudre a régulé le marché.
Cette année, Ramadan 2027 devrait débuter le lundi 8 février 2027. Cette date est bien entendu à confirmer par le Mufti de la République. Elle dépend de l’observation officielle du croissant de lune lors de la nuit du doute. La production de lait n’atteint pas encore son plein rendement.
Gare aux surprises
«Chat échaudé craint l’eau froide», dit-on. Avec ce qui s’est passé il y a quelques semaines où le feuilleton «eau minérale» a battu tous les records, il faudrait s’inquiéter. En effet, ce lait que les autorités compétentes ont stocké avec la collaboration des producteurs possède t-on la traçabilité des ventes qui ont eu lieu, qui s’effectuent actuellement et qui seront réalisées d’ici à la fin de cette période de basse lactation?
Il serait intéressant de le savoir et le meilleur moyen serait d’inciter les entreprises (grandes surfaces comprises) et personnes qui possèdent un dépôt de déclarer leurs stocks pour faciliter le contrôle des mouvements qui ont lieu.
Le lait, cela n’a rien à voir avec l’eau minérale ou l’eau du robinet. La consommation de lait va de l’enfant au vieillard, en passant par les malades. Il ne coule pas du robinet et il n’y a pas de filtre à poser. C’est donc un aliment stratégique pour une bonne partie de la population. Ne pas en avoir à disposition pose problème.
Nous avions à une certaine époque, vécu ces problèmes, mais des mesures ont été prises pour s’organiser et atteindre l’autosuffisance. Une autosuffisance atteinte en 1999. Mieux que cela, durant quelques années la Tunisie qui a eu un excédent assez conséquent a exporté du lait et transformé le reste en poudre.
Un projet tuniso-hollandais a été lancé pour la création d’une main-d’œuvre spécialisée. On avait choisi des vaches laitières de race pie noire. Un centre d’insémination a été créé à Sidi Thabet. Pour les vaches de races mixtes lait et viande. A El Hbibia, un centre d’élevage a été mis en place pour des veaux et génisses à confier à des éleveurs.
En 1961 on a créé la Stil, la Société tunisienne des industries laitières à Bab Saâdoun à Tunis et à Sfax. Elle fabriquait du lait en briques pasteurisé et du lait stérilisé du yaourt.
La consommation de lait était à base de lait reconstitué à partir de la poudre de lait importée et subventionnée.
En 1981, lorsqu’on a mis en place la stratégie visant à atteindre l’autosuffisance, on arrêta de subventionner la poudre de lait pour encourager la production de lait frais local. Tout a bien marché.
Toute une politique qui avait abouti à l’autosuffisance qui a imposé la création d’une usine pour transformer les excédents en poudre de lait. Nous nous demandons ce qu’est devenu tout cela ?
La Stil a été liquidée, on est parfois obligé de revenir à la poudre de lait, on n’entend plus parler de l’usine de transformation du lait en poudre. Et nous sommes dans l’obligation de stocker pour éviter les ruptures et la pénurie. Sans oublier les prix exorbitants de la viande bovine qui se fait rare.
C’est dire que rien n’est clair. Des précautions doivent être prises pour éviter une nouvelle alerte. Les camions surchargés de lait qui circulent (à découvert sous l’astre de feu) doivent être suivis à la trace.



