Ils ont dit…
Salwa Ben Hadid Zouari, Président-directeur général de l’Office des céréales
La Presse — « Il est nécessaire de faire la distinction entre les estimations de production et les quantités effectivement collectées et entrées dans les silos de l’État. Le chiffre de 20 millions de quintaux de céréales produit qui circule actuellement doit ainsi être distingué des quantités réellement collectées.
Le volume de collecte constitue le principal indicateur sur lequel l’État s’appuie pour limiter les importations réglées en devises.
Le volume de production ne peut pas être équivalent à celui de la collecte, notamment lors des bonnes campagnes, comme cela peut être le cas lorsque la production d’orge est abondante. Le recul de 42 % de la collecte d’orge enregistré cette saison s’explique par les prix pratiqués sur le marché libre, comparés au prix officiellement fixé.
L’Office national des céréales vise à mettre à disposition environ 500.000 quintaux de semences sélectionnées, mais cette quantité reste insuffisante au regard des superficies concernées.
La capacité de production atteint 5.000 quintaux par jour à travers quatre entreprises, ce qui pourrait prolonger les opérations jusqu’au début du mois de décembre.
La réussite de la campagne dépend d’un ensemble de facteurs interdépendants, notamment les conditions climatiques, la fertilisation, les pesticides et l’état de préparation des sols.
Les résultats de la campagne de collecte des céréales pour l’année 2026 ont atteint 11 millions de quintaux. Il s’agit de bons résultats comparativement à la moyenne des dix dernières années, qui se situe autour de 8 millions de quintaux ».
Yassine Gouiaa, président de l’Organisation nationale des entrepreneurs
« L’entreprise tunisienne a démontré une grande capacité de résilience face aux crises successives, mais elle n’a pas été créée uniquement pour résister aux crises : elle doit aussi pouvoir investir, se développer, créer de la richesse et soutenir l’économie nationale. Les derniers indicateurs, avec une croissance de 2,3 % au deuxième trimestre 2026 et une hausse de 1,5 % de la production industrielle, constituent des signaux positifs, sans toutefois traduire encore un véritable décollage économique.
Dans le même temps, la hausse de l’inflation à 5,4 % en août et les difficultés financières accumulées continuent de peser sur les entreprises, dont une grande partie aborde la nouvelle saison avec des moyens limités et des réserves quasiment épuisées.
Le plus préoccupant est que les chefs d’entreprise passent progressivement d’une logique d’investissement, de développement et d’exportation à une logique de survie. Il faut donc s’attaquer aux crises récurrentes, notamment celles liées à l’eau et à l’électricité, et créer un environnement plus stable permettant aux PME d’investir et de se développer. L’État a une responsabilité importante dans la création de ces conditions, d’autant que les PME représentent environ 2,5 millions d’emplois directs et indirects.
De notre côté, l’Organisation nationale des entrepreneurs veut être une force de proposition, en produisant des données, des solutions et des recommandations. Nous lancerons ainsi, à la fin du mois de septembre, un sondage auprès des chefs d’entreprise sur l’impact de plusieurs législations et mesures économiques, notamment la loi sur les chèques, le Code des changes et les investissements. Notre objectif est également de soutenir la culture entrepreneuriale, d’accompagner les jeunes et les femmes et de contribuer à rétablir la confiance entre entrepreneurs et décideurs, car l’entreprise a besoin de visibilité et de stabilité pour investir, se développer et exporter ».



