Culture

Selma Feriani Gallery : Le tour du monde en quatre étages

  • 24 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Selma Feriani Gallery : Le tour du monde en quatre étages

Cette semaine, on passait du Chili au Pérou, de la Finlande à la Tunisie et des strates géologiques aux délicats paysages impressionnistes, aux rythmes d’un étonnant karaoké finlandais.

La Presse — Il faut reconnaître que Selma Feriani ne fait rien comme tout le monde. Quand les autres galeries présentent des expositions personnelles, ou des expositions de groupe sur un thème dédié, elle s’offre le luxe de présenter trois solo shows et de les accompagner de séances vidéos. Il est vrai que le magnifique espace qu’elle gère au Kram-Goulette lui permet cette déclinaison, et offre à chaque artiste son espace au gré des différents étages. Ouverte aux vents du large, elle reçoit des artistes du monde entier. Cette semaine, on passait du Chili au Pérou, de la Finlande à la Tunisie et des strates géologiques aux délicats paysages impressionnistes, aux rythmes d’un étonnant karaoké finlandais. Il faudrait commencer ce curieux parcours par le sous-sol dédié à la vidéo où Dora Dalila Cheffi, artiste visuel tuniso-finlandaise, convoque Mamou, flamboyante vedette de la télévision, à rendre hommage au karaoké en une magnifique performance. On y assiste installé confortablement sur des poufs moelleux, ce qui ne fait qu’agrémenter l’expérience. Le rez-de chaussée est consacré aux installations d’Elena Damiani, artiste péruvienne qui travaille sur la géologie,  l’archéologie, l’astronomie, la cartographie du réel. Pour cette artiste, seul le passé peut expliquer le présent, et elle part à sa recherche sous la surface des choses, à travers les strates et les fossiles des éléments qui nous entourent. Les marbres, les travertins, évoquent des histoires oubliées qu’elle exhume, lisse, polit, sculpte et auxquelles elle offre un nouvel écho. Le premier étage accueille les tableaux de Sebastian Espejo, artiste chilien qui présente de délicats paysages voilés, ombrés, où les jeux de lumière déclinent différentes réalités. Impressionnisme réinventé, ou traversée du miroir, cet artiste nous offre la fraîcheur d’un regard souvent oubliée. Au dernier niveau, l’espace Bardo voué au design, Thomas Egoumenides nous présente un univers cauchemardesque où le plastique serait roi. Ou peut-être un univers idéal où le plastique aurait été asservi, maîtrisé et domestiqué. Meubles, éléments divers en plastique aggloméré, fondu, cousu, assemblé. Faut-il l’avouer ? C’est flippant. Et vous décourage à jamais de jeter des sachets de plastique à tous vents. Ce qui est probablement le but.

Auteur

Alya HAMZA

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