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Premier recensement général de l’agriculture : Un outil nécessaire pour la prise de décision

  • 24 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Premier recensement général de l’agriculture : Un outil nécessaire pour la prise de décision

Le ministère de l’Agriculture se prépare activement pour l’élaboration de son premier recensement général de l’agriculture mobilisant tous les moyens humains et matériels. Ce recensement permettra de définir les politiques générales à l’échelle locale et nationale et de connaître des données précises et actualisées de la structure  du secteur agricole, des systèmes de production et des divers types et performances des exploitations agricoles.

La Presse — Les autorités publiques accordent un intérêt majeur pour cette opération en tant qu’opératoire et fondamentale pour tracer des programmes de développement agricole efficients adaptés à la prise en charge des besoins des citoyens et connaître la situation du secteur, la répartition cartographique des exploitations agricoles et leurs caractéristiques sociales de sorte à constituer une base de données référentielles pour les divers secteurs et les programmes publics de développement.

Ce recensement représente une opération stratégique nécessaire pour identifier les contours du secteur agricole et en poursuivre son développement sur des bases précises.

Au fait, l’objectif primordial  du recensement ne réside pas seulement dans le nombre d’exploitations agricoles qu’il permettra de compter. Il doit surtout permettre de répondre à des questions essentielles: où se trouvent les terres agricoles ? Que produit-on ? Qui produit? Avec quels moyens ? Quelle est la répartition du cheptel ? Où se trouvent les zones irriguées ? Comment les exploitations sont-elles réparties selon leur taille et leur région ?

Une base, un référentiel

Il s’agit, en effet, d’établir une base exhaustive des exploitants et de leurs exploitations et un référentiel des statistiques agricoles et de modernisation des outils et des approches d’intervention pour les services rendus aux agriculteurs, notamment en matière d’aides, d’incitations, de traçabilité, de suivi sanitaire des animaux…

Selon un document officiel présenté dans le cadre des travaux de l’Assemblée des représentants du peuple, le nombre des exploitations agricoles à couvrir par le dénombrement a été estimé à environ 831.000 exploitations. Ce chiffre ne concerne pas uniquement les grandes exploitations. Les petites exploitations, les exploitations familiales et les unités agricoles situées dans les zones rurales les plus éloignées sont aussi au cœur de l’opération du recensement.

Cartographie numérique

En termes de logistique liée à la collecte des données, le recensement prévoit l’acquisition de 560 tablettes numériques et de 82 moyens de transport, destinés à accompagner le travail sur le terrain.

« Le recours à ces équipements montre que le futur recensement ne sera pas une simple opération statistique sur papier. Il repose sur une approche numérique intégrant notamment les systèmes d’information géographique (SIG). L’objectif est de ne pas réduire chaque exploitation à un simple chiffre dans un tableau. Les données doivent pouvoir être associées à sa localisation géographique et à ses principales caractéristiques ». À terme, la Tunisie pourrait ainsi disposer d’une véritable cartographie numérique de son agriculture. Cette base pourrait devenir un outil important pour la planification agricole et le développement régional.

A l’instar de plusieurs pays, la Tunisie est confrontée à des défis croissants liés à l’eau, au changement climatique, à la production agricole, aux importations et aux prix, où « les statistiques agricoles ne sont plus une simple question technique ». Selon les professionnels du secteur «décider de soutenir une filière, d’encourager une culture, de développer un investissement dans une région ou de réorienter une politique agricole suppose de connaître avec précision la réalité du terrain ».

Le recensement devrait ainsi contribuer à améliorer l’orientation des investissements agricoles,  l’accompagnement des petites et moyennes exploitations, la valorisation du patrimoine foncier agricole, l’élaboration des stratégies sectorielles, la numérisation du secteur, etc.

3,5 millions de dollars mobilisés

D’après les documents officiels, une enveloppe de 3,5 millions de dollars a été mobilisée pour soutenir la réalisation du projet de recensement général de l’agriculture, financement appuyé par la Banque mondiale. « Cette enveloppe illustre l’ampleur technique et logistique de l’opération. Recenser plusieurs centaines de milliers d’exploitations exige, en effet, des ressources humaines, des moyens de transport, des équipements numériques, des systèmes informatiques, de la formation et une importante organisation sur le terrain ».

Au-delà des chiffres, le recensement permettra à la Tunisie non seulement de disposer d’un tableau de bord sur ses exploitations agricoles, mais aussi d’une nouvelle carte de son agriculture. Celle-ci permettrait de mieux connaître la répartition des cultures, du cheptel, des exploitations familiales et des petites exploitations, mais aussi des zones irriguées et des différentes activités agricoles.

« Cette dimension géographique prend une importance particulière à l’heure où le changement climatique, la rareté de l’eau et la dégradation des ressources naturelles deviennent des facteurs déterminants pour l’avenir de l’agriculture », précisent les professionnels. De même, « des données précises et localisées permettraient, à terme, de mieux adapter les politiques agricoles aux réalités de chaque territoire ».

Du chiffre à la prise de décision

Les professionnels estiment qu’un recensement « n’a de valeur que si les informations recueillies sont correctement exploitées, régulièrement actualisées et, autant que possible, accessibles aux chercheurs, aux agriculteurs, aux professionnels, aux investisseurs et aux médias ».

Et de reconnaître que «la réussite de l’opération ne se limite pas uniquement à la collecte des données, ou de la qualité du dénombrement, mais elle dépendra également de la capacité à transformer les données en outils d’aide à la décision ».

Auteur

Najoua Hizaoui

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