Débat général du segment de haut niveau de la 81ème session de l’assemblée générale des Nations Unies: déclaration de la République tunisienne
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, tout d’abord, d’adresser à Son Excellence M. Khalil Rahman mes sincères félicitations à l’occasion de son élection à la Présidence de l’Assemblée Générale des Nations Unies pour sa 81ème session, en lui souhaitant plein succès dans la conduite des travaux de cette session.
Je voudrais également exprimer notre profonde appréciation et notre gratitude au Secrétaire Général, M. António Guterres, au terme de son mandat, pour son leadership éclairé au service de la paix, de la sécurité, du développement et de la justice, ainsi que pour ses efforts inlassables en faveur de la préservation du rôle de l’Organisation et du rétablissement de la confiance dans l’action multilatérale, dans un contexte international d’une extrême complexité, où préserver l’efficacité des Nations Unies est devenu une responsabilité ardue et un défi presque quotidien.
M. Guterres a affronté, avec courage et dévouement, des crises mondiales sans précédent, laissant derrière lui un important héritage d’action diplomatique engagée et de positions fondées sur des principes, dont nous garderons constamment la mémoire.
À ce tournant historique critique que traversent les Nations Unies, nous formulons l’espoir le plus sincère que le processus d’élection du prochain Secrétaire Général permette de porter à la tête de l’Organisation la personnalité la plus compétente et la plus à même de la conduire avec une vision stratégique audacieuse, s’appuyant sur les efforts de son prédécesseur et capable d’apporter des solutions concrètes aux différentes régions dont les peuples ont souffert, et continuent de subir, les conséquences des crises, des guerres, de l’instabilité et des inégalités ; une vision à même de redonner espoir aux générations futures en un avenir meilleur, garantissant à tous les conditions d’une vie digne.
Monsieur le Président,
Nous nous réunissons à l’occasion de cette 81ème session sous le thème : « Rétablir la confiance et gérer la transformation : les Nations Unies au service de tous ».
Nous sommes en droit de nous demander : comment rétablir cette confiance ? Et comment, avant de gérer la transformation souhaitée, créer les conditions de sa réussite et en poser les fondements ? Cette interrogation ne procède ni du doute ni du pessimisme, mais d’une conviction profonde selon laquelle le rétablissement de la confiance exige de notre part une réflexion sérieuse et responsable sur les causes de son érosion.
La foi de la Tunisie dans le multilatéralisme n’est pas née des circonstances actuelles. Elle s’inscrit dans le prolongement d’un parcours qui a commencé avant même l’indépendance du Pays, lorsque le mouvement national tunisien a porté la cause du peuple tunisien devant l’Organisation des Nations Unies et fait de son droit à l’autodétermination et au recouvrement de sa souveraineté une composante essentielle de la lutte pour la liberté. Avec l’indépendance, la Tunisie a rejoint la communauté des Nations afin de parachever les fondements de sa souveraineté et de construire l’État moderne, et elle y est parvenue.
Le rétablissement de la confiance dans l’Organisation et dans l’action multilatérale repose, à notre sens, sur deux conditions essentielles et incontournables : un engagement sincère et une réforme effective.
Premièrement, une volonté sincère et un engagement responsable de la part de tous les États à respecter le droit international, fondé sur la logique de l’accord et sur le principe de l’égalité souveraine entre les États, ainsi qu’à adhérer aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, notamment l’abstention du recours à la force, le règlement pacifique des différends et le respect de bonne foi des obligations internationales.
Deuxièmement, l’accélération d’un processus de réforme global et profond de l’Organisation des Nations Unies, à même de répondre aux transformations que le monde a connues. Cela implique notamment de revoir les mécanismes de prise de décision au sein de l’Organisation afin d’assurer une représentation géographique plus équilibrée et plus équitable, et de mettre en place des mécanismes plus efficaces de transparence et de responsabilité, propres à renforcer la confiance des États et des peuples dans leurs institutions et dans leur capacité à répondre aux aspirations de tous.
À défaut de progrès réels sur ces deux fronts, l’action collective demeurera tributaire d’étroits calculs géopolitiques et le fossé continuera de se creuser entre les principes auxquels nous souscrivons et la pratique que nous constatons sur le terrain. Il nous appartient de choisir entre la poursuite de nos réunions autour de la seule rhétorique des idéaux et l’engagement en faveur de ce qui permettra de réaliser le développement, la prospérité et la paix pour tous. Lorsque nous sommes résolus, nous en sommes capables.
La Tunisie salue les efforts déployés dans le cadre de l’initiative « ONU 80 » et considère qu’ils constituent une opportunité sur laquelle il convient de capitaliser, et non une étape finale du processus de réforme. Elle soutient les trois axes de réforme proposés par cette initiative, à condition qu’ils soient menés dans le cadre d’un processus consultatif inclusif, préservant le caractère intergouvernemental de l’Organisation et ne portant pas atteinte aux mandats de négociation des États membres.
La Tunisie considère également que le traitement de la crise de liquidités que connaît l’Organisation nécessite que tous les États s’acquittent intégralement de leurs obligations financières. Elle souligne que la réforme de l’Organisation ne doit pas se traduire par une réduction du soutien destiné aux Pays en développement, ni des ressources consacrées aux missions humanitaires et aux programmes de développement mis en œuvre par l’Organisation et ses organes compétents. Elle appelle à une approche juste et équilibrée, permettant de préserver à la fois l’efficacité et la crédibilité des Nations Unies.
Monsieur le Président,
Le rétablissement de la confiance dans l’Organisation des Nations Unies se mesure à l’aune du respect, par ses membres, des principes de sa Charte et de ses résolutions, ainsi qu’à la capacité de l’Organisation à garantir le respect du droit international sans sélectivité ni deux poids, deux mesures, et à assurer la protection des Peuples opprimés qui n’ont d’autre recours que la légalité internationale.
Comment pouvons-nous rétablir cette confiance alors que le Peuple palestinien est quotidiennement exposé aux crimes et aux violations les plus graves, privé de ses droits les plus fondamentaux à la vie, à la sécurité, à la liberté et à l’autodétermination, face à l’incapacité de la communauté internationale de mettre fin à ses souffrances humanitaires persistantes et d’imposer le respect des règles du droit international et du droit international humanitaire ?
Tout en condamnant la poursuite des politiques de colonisation menées par l’entité occupante en Cisjordanie, ainsi que les politiques de répression, de famine et d’isolement imposées dans la bande de Gaza et les crimes de génocide qui font quotidiennement de nouvelles victimes, en l’absence de toute reddition de comptes ou sanction, mon Pays appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques, morales et humanitaires afin de mettre fin à cette injustice historique qui perdure depuis trop longtemps.
La Tunisie rappelle que, dans son avis consultatif du 19 juillet 2024, la Cour Internationale de Justice a établi que l’entité occupante est tenue de mettre fin à sa présence illégale dans le territoire palestinien occupé, que tous les États membres de l’Organisation des Nations Unies sont tenus, à leur tour, de ne pas reconnaître comme licite la situation résultant de cette présence illégale, et que l’Organisation des Nations Unies, dans ses structures principales, doit examiner les modalités et mesures susceptibles de mettre fin à cette présence dans les meilleurs délais.
Nous rappelons également que, dans le même avis consultatif, la Cour Internationale de Justice a établi que les politiques de l’entité occupante à Al Qods s’inscrivent dans une dynamique d’annexion et a confirmé que le statut créé par le droit interne de la puissance occupante ne modifie pas le statut juridique international d’Al Qods.
Dans ce contexte, la Tunisie réaffirme son rejet catégorique de toutes les mesures unilatérales visant à modifier le caractère historique, juridique et démographique de la Ville sainte d’Al-Qods, y compris les déplacements forcés, la démolition de maisons et les attaques répétées contre les lieux saints musulmans et chrétiens.
La situation humanitaire catastrophique que vit le Peuple palestinien, notamment dans la bande de Gaza, du fait de la poursuite des pertes en vies humaines, des déplacements, de la destruction des logements et des infrastructures et de l’effondrement du système de santé, exige de garantir un accès sûr, urgent et durable à l’aide humanitaire, et de permettre à l’Organisation des Nations Unies et à ses agences spécialisées de s’acquitter de leurs missions, notamment à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
Mon pays considère que toute tentative de démantèlement de cette agence onusienne historique ou d’affaiblissement de son mandat, avant la réalisation d’une solution juste et durable à la question des réfugiés palestiniens, ne constitue qu’une tentative désespérée de remettre en cause le droit au retour et de liquider la question palestinienne dans son ensemble.
La logique de la force peut certes imposer, pour un temps, une réalité amère et inhumaine, mais elle ne saurait soumettre la volonté des peuples ni arrêter le cours de l’Histoire. La volonté des peuples trace son chemin et trouve toujours le moyen de triompher. Telle est la loi de l’univers et le cours de l’Histoire.
La Tunisie demeurera fidèle à son engagement et à son soutien constant aux droits légitimes du Peuple palestinien, qui ne sauraient s’éteindre avec le temps, au premier rang desquels son droit à établir son État indépendant, pleinement souverain, sur l’ensemble du territoire de la Palestine, avec Al-Qods Al-Charif pour capitale.
Monsieur le Président,
La Tunisie suit avec une profonde préoccupation l’escalade persistante dans la région du Moyen-Orient et ses graves répercussions sur les plans sécuritaire, politique et économique. Elle considère que la poursuite de la situation actuelle ne fera qu’aggraver la complexité des enjeux et risque d’entraîner des conséquences catastrophiques pour l’ensemble des États de la région et du monde.
La Tunisie renouvelle son appel à la cessation immédiate des opérations militaires et à la primauté de la sagesse et de la raison, ainsi qu’au retour au dialogue et à la négociation et à l’octroi d’une priorité absolue aux solutions politiques et pacifiques, en tant que seul moyen de régler les différends existants, de consolider les fondements de la sécurité et de la stabilité dans la région et d’éviter une nouvelle escalade.
La Tunisie réaffirme également son attachement à la liberté de navigation et à la sécurité maritime, conformément aux principes et dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et du droit international coutumier, tout en préservant la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d’approvisionnement internationales et les droits économiques des États.
Monsieur le Président,
Partant des liens de fraternité, de bon voisinage, des intérêts communs et interdépendants ainsi que de l’unité de destin qui unissent les Peuples tunisien et libyen, la Tunisie soutient tout effort libyen sincère et toute démarche onusienne sérieuse visant à mettre fin à la crise, sur la base d’une solution libyo-libyenne fondée sur le dialogue et le consensus entre les différentes parties, de manière à préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye et à répondre aux aspirations du Peuple libyen frère à la sécurité, à la stabilité et au renforcement des fondements de l’État unifié.
La Tunisie réaffirme sa pleine solidarité avec la République libanaise et son soutien au Peuple libanais, ainsi que son attachement à la souveraineté et à l’indépendance du Liban. Elle condamne les violations répétées du cessez-le-feu au Liban, en flagrante violation des résolutions des Nations Unies, et appelle à permettre à l’Organisation des Nations Unies de s’acquitter pleinement de son mandat dans ce Pays frère.
La Tunisie réaffirme son rejet et sa condamnation des attaques répétées menées par l’entité sioniste contre l’intégrité du territoire syrien et les ressources du Peuple syrien frère, et exprime l’espoir que les frères syriens puissent préserver l’unité de l’État syrien, son indépendance et sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
Dans le même contexte, la Tunisie suit avec une vive préoccupation la poursuite de la guerre au Soudan et renouvelle sa solidarité avec le Peuple soudanais frère. Elle appelle également les Nations Unies à soutenir tout effort visant à parvenir à une cessation immédiate et durable des hostilités, dans l’espoir de permettre au Soudan de retrouver sa stabilité et sa sécurité et de tourner la page du conflit afin que les soudanais puissent se consacrer à la reconstruction et au redressement de leur Pays.
Nous formons également le vœu que les frères yéménites parviennent à un règlement politique global et durable, permettant de rétablir la sécurité et la stabilité du Peuple yéménite et de préserver son unité territoriale. La Tunisie réaffirme son soutien aux efforts régionaux et internationaux visant à trouver une solution à la crise au Yémen frère.
Monsieur le Président,
Les ressources humaines, les richesses naturelles et les potentialités considérables dont regorge le continent africain en font un partenaire essentiel dans la réalisation du développement à l’échelle internationale. L’Afrique demeure toutefois confrontée à des défis sécuritaires et économiques complexes et interdépendants, qui appellent une approche globale.
Dans ce contexte, la Tunisie réaffirme son attachement au principe de «solutions africaines aux problèmes africains», de manière à renforcer l’appropriation, par les États et les Peuples africains, des processus de règlement de leurs crises et à consacrer le rôle des mécanismes et institutions africains dans le maintien de la paix et de la sécurité.
La Tunisie réaffirme son soutien aux efforts de réforme de l’Union Africaine afin de lui permettre de mieux s’acquitter de son rôle et de répondre efficacement aux défis actuels. Elle souligne l’importance de renforcer le partenariat entre les Nations Unies et l’Union Africaine dans les domaines de la prévention des conflits, de la médiation, du maintien de la paix, de la consolidation de la paix et du développement durable.
Dans ce contexte, mon pays souligne sa détermination à poursuivre sa contribution aux efforts de maintien de la paix sur le continent africain, auxquels elle participe avec responsabilité et engagement depuis les premières années de son indépendance. Elle réaffirme également sa volonté de contribuer activement au renforcement de l’intégration économique entre les Pays du continent, notamment au sein de l’espace du Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA) et dans le cadre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf).
Monsieur le Président,
La Tunisie est convaincue que la paix, la sécurité et le développement inclusif constituent des processus indissociables et que l’essence même du thème de cette session, «des Nations Unies au service de tous», réside dans la capacité de l’Organisation à être au service de tous les États et de tous les Peuples, chacun selon ses besoins et à la mesure des défis auxquels il est confronté.
L’égalité ne signifie pas une réponse identique, mais la garantie pour tous de bénéficier du système des Nations Unies, en accordant davantage de soutien et d’attention à ceux qui en ont le plus besoin, ainsi qu’aux Peuples et aux États confrontés aux guerres, à la pauvreté, à la marginalisation et aux effets des crises mondiales.
Les Nations Unies que nous voulons sont celles qui ne laissent personne de côté, qui ne déterminent pas les besoins selon des critères politiques sélectifs, mais qui font de la justice, de l’équité et de la solidarité les fondements de leur action au service de tous.
Forte de sa conviction profonde quant à l’importance d’investir dans l’être humain, la Tunisie appelle de nouveau à l’adoption d’une approche globale et équilibrée de la question migratoire, tenant compte de son caractère humain et historique, dépassant sa dimension sécuritaire étroite et s’attaquant à ses causes profondes, notamment les conflits, la pauvreté, les inégalités économiques et sociales, l’absence d’opportunités d’emploi et de développement, ainsi que la multiplication des réseaux de traite des êtres humains.
Une telle approche doit consacrer la responsabilité partagée, la solidarité et la coopération entre les Pays d’origine, de transit et de destination.
Dans ce contexte, les Autorités de mon Pays poursuivent leurs efforts pour sauver les vies des migrants irréguliers, sur terre comme en mer, leur apporter assistance et assurer les conditions nécessaires à leur retour volontaire dans leurs Pays d’origine, en coordination avec l’Organisation Internationale pour les Migrations, tout en veillant à protéger leur dignité et leurs droits et à lutter contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants.
La Tunisie réaffirme une nouvelle fois son refus catégorique de devenir un Pays de transit ou une terre d’installation pour les migrants irréguliers, victimes des réseaux de traite des êtres humains.
Convaincue que le changement climatique constitue un facteur déterminant du développement, de la sécurité et de la stabilité, la Tunisie souligne que la lutte contre ce défi exige l’instauration d’une véritable justice climatique, d’autant que les Pays en développement subissent de graves conséquences malgré leur responsabilité historique limitée dans les émissions de gaz à effet de serre.
Il incombe dès lors aux États ayant la plus grande responsabilité d’honorer leurs engagements en matière de financement climatique, tout en soulignant la nécessité de distinguer le financement climatique du financement du développement.
Dans ce contexte, la Tunisie considère que la réalisation de la justice climatique, du développement inclusif et la prévention et la gestion des pandémies nécessitent une réforme de l’architecture financière internationale afin de la rendre plus juste, équitable et inclusive, garantissant aux Pays en développement un accès équitable et facilité aux sources de financement, contribuant à alléger le poids de leur dette et renforçant leur capacité à faire face aux crises et à investir dans la recherche scientifique, la technologie, l’innovation et la transformation numérique, de manière à leur permettre de compter sur leurs propres capacités pour construire leur avenir.
Mon Pays souligne que l’évolution rapide des technologies de l’intelligence artificielle offre des perspectives prometteuses pour accélérer la réalisation des objectifs de développement, à condition qu’elle soit accompagnée d’une gouvernance onusienne inclusive et équitable garantissant leur utilisation responsable et empêchant l’aggravation de la fracture numérique entre le Nord et le Sud, notamment grâce au renforcement des capacités, au transfert de technologies et à la mobilisation des financements nécessaires.
Monsieur le Président,
La Tunisie, sous la conduite du Président de la République, M. Kaïs Saïed, réaffirme sa détermination constante à poursuivre son processus de réforme engagé depuis le 25 juillet 2021, afin de consolider une démocratie garantissant les droits et libertés de tous les citoyens et citoyennes et répondant aux aspirations du Peuple tunisien au développement et à la prospérité.
Tout en comptant en premier lieu sur ses propres ressources et ses compétences humaines, mon Pays demeure attaché à attirer les investissements et à renforcer et diversifier les partenariats économiques, sur la base de l’intérêt mutuel, de la réciprocité et du respect mutuel, de manière à servir ses intérêts et à préserver son indépendance décisionnelle.
Dans le cadre de cette orientation, la Tunisie réaffirme son attachement indéfectible au respect des droits de l’homme et des libertés publiques et individuelles, conformément à la Constitution du 25 juillet 2022, à ses engagements internationaux et aux choix de son Peuple.
Elle souligne l’importance de renforcer le caractère universel et interdépendant des droits de l’homme, y compris les droits économiques, climatiques, sociaux, scientifiques, culturels et éducatifs, au premier rang desquels figure le droit naturel au développement.
Convaincue que la réussite du processus de réforme et de développement est liée à la participation des femmes et des jeunes, la Tunisie réaffirme sa volonté de renforcer le rôle des femmes dans la vie publique et dans les instances de prise de décision, et de poursuivre la lutte contre toutes les formes de violence et de discrimination à leur encontre, considérant que leur autonomisation constitue un levier essentiel du développement et de la stabilité.
Elle accorde également à la jeunesse une place centrale dans ses choix nationaux et œuvre à son autonomisation politique, économique et sociale, ainsi qu’à l’encouragement de ses initiatives et de sa participation à la vie publique et à la prise de décision.
Je saisis cette occasion pour saluer l’ensemble des membres de la communauté tunisienne à l’étranger, où qu’ils se trouvent, en reconnaissance de leur rôle dans la promotion de l’image et du rayonnement de la Tunisie à l’étranger et de leur contribution aux efforts de développement de leur Pays.
Nous réaffirmons l’attention constante portée au niveau Présidentiel à l’intensification des programmes d’accompagnement qui leur sont destinés et au renforcement des liens de communication avec eux, afin que notre communauté demeure un exemple vivant d’intégration dans les Pays de résidence.
Monsieur le Président,
La Tunisie est profondément convaincue que les opérations de paix ne sauraient se limiter à la gestion des crises et à l’endiguement des conflits, mais qu’elles doivent contribuer à créer les conditions propices à l’instauration d’une paix durable, à travers le soutien aux institutions de l’État, la consolidation de l’État de droit, l’autonomisation des communautés locales et la promotion du développement.
La Tunisie réaffirme sa disponibilité à poursuivre sa contribution au développement du système de maintien de la paix, de manière à renforcer son efficacité et sa crédibilité.
Forte de sa participation historique et active aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, la Tunisie souligne que le développement de ces opérations nécessite d’investir dans les capacités humaines et institutionnelles et de renforcer la protection des civils, en tant que responsabilité collective et priorité humanitaire.
Dans ce contexte, mon Pays appelle à capitaliser sur les résultats de la conférence internationale accueillie par la Tunisie en juillet 2025, en coopération avec le Département des opérations de paix des Nations Unies, sur «Le rôle des forces armées dans la protection des civils», notamment à travers la mise en place d’une plateforme internationale d’échange d’expertises et d’informations, l’élaboration d’un manuel opérationnel unifié, ainsi que le renforcement de la formation, du développement des capacités et de la coordination civilo-militaire.
Monsieur le Président,
Je voudrais, en conclusion de mon intervention, réaffirmer que l’Organisation des Nations Unies demeure, pour la Tunisie, le creuset de la légalité internationale, cette maison qui porte les espoirs et les aspirations des générations futures en faveur de l’instauration d’un ordre mondial plus juste et plus équitable, et un espace privilégié pour trouver des solutions concrètes permettant de réaliser l’équation de la paix, de la sécurité et d’un développement inclusif et durable, conformément à l’Agenda 2030 des Nations Unies.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous.



