Economie

Billet – Été 2027, il faut commencer à y penser maintenant

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  • 2 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Billet – Été 2027, il faut commencer à y penser maintenant

La Presse — Si les prévisions annoncent un nouvel été sous forte pression pour le système électrique tunisien, il serait hasardeux d’attendre les premières chaleurs de 2027 pour chercher des solutions. L’été est encore loin, mais c’est précisément maintenant qu’il faut commencer à y penser, à calculer, à investir et à préparer les réponses. Car lorsqu’une vague de chaleur arrive, il est déjà trop tard pour construire une ligne électrique, installer une capacité de production ou transformer en quelques semaines les habitudes de consommation. L’été 2026 nous a donné un avant-goût de cette équation devenue difficile. Une demande qui grimpe avec les températures, un système électrique fortement sollicité et des coupures qui, au-delà de la gêne pour les ménages, peuvent perturber l’activité économique. Chaque interruption rappelle que l’électricité n’est plus une simple commodité. Elle est l’une des conditions de fonctionnement de l’économie. Il serait toutefois trop facile de réduire cette situation à la question des coupures ou de chercher un responsable unique. Un système électrique est un ensemble complexe, soumis à la production disponible, à l’état du réseau, aux conditions climatiques, à la demande et aux capacités d’investissement. Lorsque les températures s’envolent et que les climatiseurs fonctionnent à plein régime, c’est tout cet équilibre qui est mis à l’épreuve. Mais cette pression doit aussi nous pousser à regarder une ressource dont la Tunisie ne manque certainement pas : le soleil. Il y a quelque chose de paradoxal à voir un pays baigné de lumière pendant de longues heures devoir, lors des pics de consommation, mobiliser toutes ses capacités pour maintenir l’équilibre de son système électrique. Le soleil est là, généreux, quotidien, presque évident. La question est désormais de savoir comment mieux transformer cette abondance naturelle en énergie utile. Le photovoltaïque n’est évidemment pas une baguette magique. Il ne remplacera ni le réseau, ni les capacités conventionnelles, ni les investissements indispensables dans les infrastructures. Mais il peut devenir une pièce importante du dispositif, notamment parce que sa production intervient précisément durant les heures où l’ensoleillement est le plus fort et où les besoins liés à la climatisation peuvent augmenter fortement. Encore faut-il pouvoir accélérer son déploiement. Cela passe par des procédures plus simples lorsque cela est possible, un accès facilité au financement, une meilleure visibilité pour les investisseurs et une intégration technique maîtrisée des nouvelles installations au réseau. Le stockage constitue également une piste importante pour conserver une partie de l’énergie produite pendant la journée et la mobiliser lorsque la demande augmente.

Il faudra aussi apprendre à mieux gérer la demande. Une consommation plus efficace, des équipements moins énergivores, une tarification adaptée à certaines périodes et des réseaux plus intelligents peuvent contribuer à réduire la pression exercée sur le système pendant les heures critiques.

L’enjeu n’est donc pas d’opposer le photovoltaïque à la Steg, ni de présenter une technologie comme la solution à tous les problèmes.

Il s’agit de préparer progressivement un système plus diversifié, plus flexible et mieux armé pour affronter les prochaines vagues de chaleur. Et c’est précisément pour cela qu’il faut commencer maintenant. L’été 2027 n’est pas encore là. C’est justement notre chance. Nous avons plusieurs mois pour renforcer le réseau, accélérer les projets, développer le stockage, améliorer la gestion de la demande et donner davantage de place à une ressource qui, elle, sera au rendez-vous : le soleil. Parce qu’une coupure se constate en quelques secondes. Une politique énergétique, elle, se construit en années.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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