Meilleurs pays où vivre en 2026 : où se situe la Tunisie ?
La Tunisie occupe la 124e place sur 192 pays dans l’édition 2026 du Global Relocation Index de Rumavi, avec un score de 58,6 sur 100. Elle devance ainsi l’Algérie, classée 132e avec 55,9 points, mais reste derrière le Maroc, qui arrive à la 106e place avec 60,1 points. Un classement qui donne surtout à voir les atouts de la Tunisie en matière de coût de la vie et de logement, mais aussi les marges de progression en matière d’opportunités économiques, d’environnement entrepreneurial et d’installation.
Publié en juillet 2026 par Rumavi, le Global Relocation Index ne cherche pas simplement à déterminer quels sont les pays où “il fait bon vivre”. Il tente plutôt de mesurer dans quelle mesure un pays peut constituer une destination attractive pour une personne souhaitant y vivre, travailler, investir, prendre sa retraite ou s’installer durablement.
L’édition 2026 couvre 192 pays et territoires à partir de 24 indicateurs, regroupés autour de quatre grandes dimensions : les finances et la fiscalité, la qualité de vie et la santé, la sécurité et la stabilité, ainsi que les conditions d’installation et les opportunités.
Quatre dimensions pour mesurer l’attractivité d’un pays
Le premier pilier concerne les finances et la fiscalité. Il prend notamment en compte le coût de la vie, la fiscalité sur les revenus, le traitement des revenus étrangers, la fiscalité du capital et de la fortune, mais également la monnaie et le système bancaire.
Le deuxième s’intéresse à la qualité de vie et à la santé, avec des critères portant sur la qualité et le coût d’accès aux soins, le logement, la qualité de l’air, le climat, les risques climatiques, les espaces verts et les infrastructures numériques.
La troisième dimension porte sur la sécurité et la stabilité. Elle intègre notamment la sécurité dans la rue, l’État de droit, la stabilité politique, le risque de conflit et les droits de propriété pour les non-citoyens.
Enfin, le quatrième pilier évalue les conditions d’installation et d’opportunités, à travers la facilité d’obtention d’un visa, les possibilités d’accès à la résidence permanente, l’éducation, les opportunités d’affaires, l’accès linguistique et le dynamisme de l’écosystème des start-up.
L’originalité de l’indice réside également dans le fait que Rumavi propose plusieurs lectures du même ensemble de données, selon le profil de la personne qui envisage une expatriation : classement général, retraités, nomades numériques, familles, entrepreneurs et personnes recherchant avant tout une fiscalité avantageuse.
L’Estonie en tête, l’Asie particulièrement bien représentée
Au sommet du classement 2026, c’est l’Estonie qui arrive en première position avec 72,8 points, devant Singapour avec 72,6 points et la Malaisie avec 72 points.
Le Portugal occupe la quatrième place avec 71,6 points, tandis que Taïwan complète le Top 5 avec 71,4 points. L’Asie et l’Europe dominent ainsi très nettement le haut du classement.
L’Estonie bénéficie notamment d’un profil équilibré sur les quatre piliers évalués par Rumavi. Singapour et la Malaisie se distinguent également par leurs performances sur les dimensions financières, la qualité de vie et les conditions d’installation.
Plus loin, les Émirats arabes unis arrivent à la 13e place avec 69,4 points. Ils constituent le pays arabe le mieux classé dans cette édition, devant notamment la Géorgie et plusieurs pays européens.
Et tout en bas du classement ?
À l’autre extrémité du tableau, les cinq derniers pays sont l’Afghanistan, 192e avec 39,5 points, le Yémen, 191e avec 41,4 points, le Soudan du Sud, 190e avec 42,3 points, le Niger, 189e avec 42,4 points, et le Tchad, 188e avec 42,8 points.
La République centrafricaine, la Somalie, la Corée du Nord, le Mali et la Syrie figurent également parmi les pays les moins bien classés. Cette partie du tableau reflète principalement les difficultés liées à la sécurité, à la stabilité, aux conditions d’installation et aux opportunités disponibles pour les personnes souhaitant s’y établir.
La Tunisie : un profil porté par le coût de la vie et du logement
Avec 58,6 points, la Tunisie se situe dans la catégorie qualifiée de “mitigée” par Rumavi, qui correspond aux scores compris entre 50 et 59. Elle occupe précisément la 124e place mondiale.
Mais derrière ce score global relativement moyen se cache un profil beaucoup plus contrasté.

La Tunisie obtient ainsi 64,9 points dans le pilier finances et fiscalité, 60,2 points pour la qualité de vie et la santé, 57,5 points pour la sécurité et la stabilité, et 48,8 points pour l’installation et les opportunités.
C’est donc sur le terrain économique du quotidien que le pays affiche ses meilleurs résultats.
Le coût général de la vie obtient un score de 94 sur 100, tandis que l’accessibilité du logement atteint également 94 points. Les droits de propriété pour les non-citoyens obtiennent pour leur part un score de 80. Ces indicateurs constituent les principaux points forts identifiés par Rumavi pour la Tunisie.
Autrement dit, pour quelqu’un qui dispose déjà d’un revenu, notamment d’une pension ou d’un salaire provenant de l’étranger, la Tunisie peut présenter un avantage appréciable : le coût de la vie et celui du logement y demeurent particulièrement compétitifs selon les critères retenus par l’indice.
Ce constat explique aussi pourquoi la Tunisie obtient une position relativement meilleure lorsqu’elle est évaluée sous l’angle des retraités. Elle arrive ainsi 102e mondiale pour cette catégorie, contre 124e dans le classement général.
Là où le bât blesse : opportunités d’affaires et start-up
Le tableau devient toutefois nettement moins favorable lorsqu’il s’agit de transformer l’attractivité économique du pays en véritable environnement d’installation professionnelle.
Le critère des opportunités d’affaires ne recueille que 31 points sur 100, tandis que celui de l’écosystème des start-up atteint 31,6 points. La Tunisie obtient également seulement 38 points pour la monnaie et le système bancaire.

C’est principalement dans ce domaine que le pays perd des places dans le classement général.
Le pilier consacré à l’installation et aux opportunités ne dépasse ainsi pas 48,8 points, avec notamment 68 points pour la facilité d’obtention d’un visa, 52 pour la voie vers la résidence permanente et 52 pour l’éducation et la scolarité.
La langue et l’accès à l’anglais obtiennent 55 points. Le contraste est donc assez net entre la facilité relative à accéder au pays et son attractivité pour celui qui souhaiterait y développer une activité économique ou une start-up.
Une qualité de vie correcte, mais des indicateurs à améliorer
Dans le domaine de la qualité de vie et de la santé, la Tunisie obtient 60,2 points. Le coût d’accès aux soins constitue un élément favorable, avec 66 points, tandis que la qualité des soins est évaluée à 57 points. Le confort climatique obtient pour sa part 69 points et le risque climatique 62 points.

En revanche, la qualité de l’air apparaît comme l’un des points faibles du pays, avec seulement 31 points, tandis que les espaces verts et les infrastructures numériques obtiennent respectivement 42 points.
Sur le volet sécurité et stabilité, le score atteint 57,5 points. La sécurité dans les rues est évaluée à 55 points, l’État de droit à 49 et la stabilité politique à 50. Le risque de conflit obtient en revanche 64 points et les droits de propriété pour les non-citoyens 80 points.
Tunisie, Maroc, Algérie : le Maghreb dans le classement
La comparaison avec les deux principaux voisins maghrébins fait apparaître une hiérarchie assez claire.
Le Maroc arrive en tête avec une 106e place mondiale et 60,1 points, devant la Tunisie, 124e avec 58,6 points, puis l’Algérie, 132e avec 55,9 points.
La Tunisie devance donc l’Algérie de huit places et de 2,7 points, mais elle reste à 18 places du Maroc, qui affiche un avantage de 1,5 point.
La comparaison est d’autant plus intéressante que les trois pays présentent des profils différents. La Tunisie bénéficie notamment de ses très bons indicateurs liés au coût de la vie et au logement. L’Algérie obtient, elle aussi, de bons résultats sur ces dimensions et affiche un score de qualité de vie supérieur à celui de la Tunisie, mais elle est fortement pénalisée par son pilier consacré à l’installation et aux opportunités.
Le Maroc, de son côté, franchit le seuil des 60 points qui fait passer un pays de la catégorie “mitigée” à celle de destination “moyenne” selon l’échelle de Rumavi.
Les pays arabes : les Émirats largement en tête
À l’échelle arabe, la première place revient très nettement aux Émirats arabes unis, classés 13e au niveau mondial avec 69,4 points. Ils sont suivis par le Bahreïn, 31e avec 67,7 points, puis le Qatar, 39e avec 67,1 points, et l’Arabie saoudite, 52e avec 65,4 points. Oman arrive 55e avec 64,9 points.
La Tunisie se situe donc derrière les principales destinations du Golfe, mais aussi derrière la Jordanie, classée 73e avec 63,2 points.
En revanche, elle devance plusieurs pays arabes : l’Égypte est 128e avec 58,2 points, le Liban 151e avec 52,7 points, l’Irak 165e avec 50,6 points, tandis que la Libye occupe la 167e place avec 50,4 points. Le Yémen, enfin, ferme la marche du monde arabe et figure à la 191e place mondiale avec 41,4 points.
R.I



