Le Rio Cinéma – Rencontre Ibn Khaldoun : Hommage à Mahmoud Messaâdi
Le Rio Cinéma de Tunis abrite, le 22 octobre 2026, de 17h00 à 19h00, à l’occasion de sa « Rencontre Ibn Khaldoun », un événement consacré à la vie et à l’œuvre de Mahmoud Messaâdi, figure majeure de la pensée et de la littérature tunisiennes. Une soirée pluridisciplinaire, entre présentations, lectures, images, réflexions collectives et échanges avec le public.
La Presse — La rencontre s’achèvera par une performance théâtrale explorant la dimension corporelle de l’œuvre de Messaâdi. Une manière de faire résonner autrement une pensée et une écriture qui ont marqué plusieurs générations de lecteurs et de chercheurs. Plusieurs voix viendront éclairer la pensée et l’héritage de l’homme de lettres, notamment le Dr Cyrine Kortas, de l’Université de Gabès et ancienne alumna du Mecam, ainsi que le professeur Mohamed-Salah Omri, de l’Université d’Oxford.
La dimension théâtrale de l’hommage sera assurée par les artistes de Gabès : Mohamed Ali Sarhane, Habib Islim et Mohamed Amin Shili, qui proposeront une performance explorant le corps comme lieu de mémoire, de transmission et de résonance de l’œuvre messadienne.
Né en 1911 à Tazarka, Mahmoud Messaâdi avait écrit l’essentiel de son œuvre dès les années 1940, après des études de langue arabe puis de lettres françaises à Paris. Agrégé d’arabe et parfaitement francophone, il semblait promis à une brillante carrière universitaire. Mais son engagement dans la lutte de libération nationale allait orienter durablement son parcours.
Militant syndicaliste, il siège à la direction de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) de 1949 à 1955, avant de prendre les rênes du secrétariat d’État à l’Éducation nationale, qu’il dirige de 1958 à 1968.
Il contribue alors à la fondation de l’université tunisienne, à la généralisation de la scolarisation et à une première grande réforme de l’enseignement. Son parcours politique se poursuit au sein du gouvernement, notamment comme ministre de la Culture de 1973 à 1976, puis président de la Chambre des députés de 1981 à 1987. Ces responsabilités n’ont pourtant jamais éclipsé l’importance de son œuvre littéraire et intellectuelle.
Et elle est magistrale. Exigeante et traversée par une profonde réflexion philosophique, celle-ci occupe une place singulière dans la littérature tunisienne. Parmi ses textes majeurs, As-Sod (Le Barrage) qui a marqué la jeunesse postcoloniale du Maghreb en partie, et en Tunisie bien sûr, où la pièce figurait régulièrement au programme de la classe terminale. Dans une vallée aride, Messaâdi met en scène un couple uni par l’amour, mais partagé entre deux visions du monde. Maïmouna accepte la terre telle qu’elle est, tandis que Ghaïlane rêve de la transformer en construisant un barrage. Méditation sur l’existence et la foi, cette œuvre à la maîtrise littéraire et à la pureté linguistique remarquables aura marqué des générations d’étudiants tunisiens.



