A la une Actualités

Italie : 74 Tunisiens recrutés dans le bâtiment, 2 000 emplois visés par un programme européen

Avatar photo
  • 22 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Italie : 74 Tunisiens recrutés dans le bâtiment, 2 000 emplois visés par un programme européen

Le programme THAMM Plus, soutenu par l’Union européenne et le ministère italien de l’Intérieur et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), entend faciliter le recrutement légal de travailleurs qualifiés d’Afrique du Nord. Au 21 octobre 2026, pas moins de 121 Tunisiens et Marocains étaient arrivés en Italie dans le cadre du dispositif annoncé, dont 74 Tunisiens employés par 11 entreprises du bâtiment.

Soixante-quatorze travailleurs tunisiens ont été recrutés par 11 entreprises italiennes opérant dans le secteur de la construction, dans le cadre du programme européen de mobilité professionnelle THAMM Plus. Cette annonce, publiée le 21 octobre 2026 par l’agence de presse italienne AgenSIR et reprise dans un communiqué attribué à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre d’un dispositif destiné à répondre aux besoins de main-d’œuvre qualifiée en Italie tout en ouvrant des perspectives d’emploi légal aux travailleurs tunisiens.

Au total, 121 travailleurs tunisiens et marocains sont arrivés en Italie dans le cadre de l’opération annoncée. Outre les 74 Tunisiens recrutés dans le bâtiment, le bilan fait état de 47 travailleurs marocains employés par 14 entreprises situées en Lombardie, en Vénétie et en Émilie-Romagne, dans le secteur de la mécatronique. Parmi les arrivées les plus récentes figurent 35 techniciens marocains spécialisés dans ce domaine, qui ont rejoint l’Italie la semaine précédant l’annonce, via les aéroports de Milan et de Venise.

Un objectif de 2 000 emplois pour les Tunisiens

Au-delà de ces premiers recrutements, le programme THAMM Plus vise à faciliter l’accès à l’emploi en Italie de 2 000 travailleurs tunisiens dans le secteur de la construction et de 500 travailleurs marocains dans la mécatronique. Lancé en janvier 2024 pour une durée initialement fixée à 36 mois, le dispositif s’inscrit dans le cadre des partenariats européens pour les talents et entend organiser la mobilité professionnelle en fonction des besoins identifiés par les entreprises.

Le programme est cofinancé par l’Union européenne et le ministère italien de l’Intérieur et mis en œuvre par l’OIM, en collaboration avec les institutions et les partenaires concernés dans les trois pays. En Tunisie, les partenaires impliqués dans le dispositif comprennent notamment le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) et l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP).

Le principe repose sur l’adéquation entre les qualifications des candidats et les besoins des entreprises. Le parcours prévoit une préparation dans le pays d’origine, comprenant le développement des compétences professionnelles et une formation linguistique et civique, avant la mise en relation avec les employeurs italiens et l’accomplissement des formalités nécessaires au recrutement.

L’objectif est de favoriser des parcours de mobilité professionnelle réguliers, tout en améliorant la préparation des travailleurs à leur intégration dans les entreprises d’accueil. Le dispositif entend également promouvoir des pratiques de recrutement équitables et renforcer la coopération entre les autorités publiques, les organismes de formation et les acteurs économiques.

Des besoins importants sur le marché du travail italien

Cette initiative intervient dans un contexte de besoins croissants en compétences sur le marché du travail italien. Selon les prévisions du système Excelsior, élaborées par Unioncamere, l’Union des chambres de commerce italiennes, en collaboration avec le ministère italien du Travail et des Politiques sociales, les entreprises italiennes devraient avoir besoin de 3,3 à 3,7 millions de travailleurs à l’horizon 2029, dont environ 617 000 postes susceptibles d’être occupés par des travailleurs étrangers.

Les secteurs concernés par THAMM Plus ont été définis en fonction des besoins en main-d’œuvre et des qualifications recherchées. Pour la Tunisie, le programme cible les métiers du bâtiment et de la construction, tandis que le volet marocain porte sur la mécatronique, qui associe mécanique, électronique et systèmes de contrôle automatisés.

Pour les entreprises italiennes, ce dispositif constitue un moyen de rechercher des compétences difficiles à mobiliser localement. Pour les travailleurs tunisiens, il offre une voie de recrutement structurée, fondée sur la formation préalable et la mise en relation avec des employeurs.

Une voie d’accès au travail en dehors des quotas ordinaires

THAMM Plus s’appuie sur l’article 23 du texte italien de référence en matière d’immigration, qui prévoit une voie d’entrée pour certains ressortissants étrangers ayant suivi, dans leur pays de résidence, des programmes de formation professionnelle et civique et linguistique approuvés conformément aux règles applicables. Ce mécanisme permet, sous réserve du respect des conditions légales, une admission en dehors des quotas annuels ordinaires fixés par le dispositif italien dit Decreto Flussi.

La mise en œuvre du programme ne se limite donc pas à l’identification des candidats. Elle suppose également une coordination entre les organismes de formation, les autorités compétentes et les entreprises, depuis la préparation dans le pays d’origine jusqu’à l’intégration sur le lieu de travail.

Selon le communiqué attribué à l’OIM, d’autres arrivées sont attendues dans les prochains mois. Le bilan publié le 21 octobre constitue ainsi une étape dans le déploiement du programme, dont l’objectif demeure de faciliter une mobilité professionnelle régulière et adaptée aux besoins des économies partenaires.

Pour la Tunisie, l’enjeu sera désormais de suivre la concrétisation de l’objectif des 2 000 emplois, les profils effectivement recrutés et les conditions d’embauche proposées. Les chiffres annoncés attestent de recrutements déjà réalisés, mais ne permettent pas encore d’établir le taux d’avancement global du programme ni le nombre total de candidats tunisiens formés, sélectionnés ou en attente de départ.

Avatar photo
Auteur

Meriem KHDIMALLAH

You cannot copy content of this page