ESG : Le nouvel impératif des entreprises tunisiennes
Face au durcissement des exigences ESG sur les marchés internationaux, les entreprises tunisiennes doivent accélérer leur mise à niveau, renforcer la formation et anticiper les nouvelles contraintes pour préserver leur compétitivité à l’exportation, souligne Oussama Ghariani, directeur des chaînes d’approvisionnement dans une société de fabrication de boissons.
La Presse — L’ESG a été longtemps considéré comme un levier de responsabilité environnementale, sociale et de gouvernance. Oussama Ghariani, directeur des chaînes d’approvisionnement dans une société de fabrication de boissons, a révélé que l’importance croissante des critères ESG pour le tissu économique tunisien reste essentielle. « On se rappelle les années 1980 et 1990, avec les programmes de mise à niveau et tout ce qui a été entrepris à cette époque. Aujourd’hui, je pense que l’ESG va devenir encore plus important et plus déterminant pour le tissu économique tunisien ».
À l’avenir, l’ESG pourrait devenir une véritable barrière à l’entrée des marchés internationaux, notamment des marchés à l’exportation. Il pourrait également conditionner notre capacité à conserver nos marchés actuels. Il faut donc travailler sérieusement sur cette question.
C’est une démarche importante, car elle permet de sensibiliser l’ensemble des acteurs économiques au rôle que doivent jouer les entreprises, les organismes, les laboratoires, les observatoires et toutes les structures qui peuvent contribuer à l’amélioration des performances des entreprises et des produits, ainsi qu’au respect des critères ESG, notamment pour répondre aux exigences des marchés étrangers. Il reste donc beaucoup de travail à accomplir pour se conformer à ces exigences et assurer la mise à niveau nécessaire, aussi bien en matière de normes ISO que de critères ESG.
Ghariani a expliqué : « Nous devons redoubler d’efforts. En Europe, nous avons récemment observé des évolutions intéressantes. Porsche, par exemple, a conclu un accord avec un opérateur chinois concernant les émissions de CO₂. L’enjeu est notamment de répondre aux exigences liées à la réduction des émissions ».
D’après lui, il existe également des mécanismes de compensation carbone et des crédits d’émission. Le groupe automobile multinational italo-américano-français « Stellantis », par exemple, aurait acheté des crédits carbones pour un montant de 1,8 milliard afin de bénéficier d’un mécanisme de compensation lié aux performances de Tesla en matière d’émissions.
« Cela montre que même les entreprises européennes doivent accélérer leur mise à niveau et leurs efforts en matière de critères ESG. Ce sera, à mon avis, l’un des grands défis à venir pour notre tissu économique, aussi bien tunisien qu’africain.
Nous pourrions travailler ensemble et multiplier ce type de rencontres qui peut réellement apporter quelque chose, car la sensibilisation est la première étape ».
Selon son point de vue, « il faut sensibiliser, sensibiliser encore, et surtout informer. C’est précisément ce que nous essayons de faire ici, partager l’information et les connaissances. Nous essayons d’aborder des sujets essentiels afin de mieux les faire comprendre, de former et d’informer les acteurs concernés. Concrètement, il faut investir dans la formation des équipes, faire appel à des cabinets de formation, participer à des forums et, pourquoi pas, unir nos efforts pour créer un organisme dédié à ces questions, qu’il soit public ou privé. Qu’il s’agisse de l’État, du secteur privé ou des collectivités, il est essentiel que des acteurs s’engagent dans cette démarche au cours des prochaines années.
Si je devais donner un dernier conseil, ce serait celui-ci : il faut passer à l’action, concrétiser les initiatives et donner à la sensibilisation et à la formation la place qu’elles méritent », a conclu Oussama Ghariani.



