Cap sur les réformes: Malgré les pièges, la numérisation poursuit son avancée
Réuni lundi à Carthage autour du Président Kaïs Saïed, le Conseil des ministres s’est penché sur la flambée des prix et le fonctionnement des services publics. Le Chef de l’État a réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte contre la corruption et les rumeurs et annoncé des décisions à venir, qui ne seront « ni des déclarations ni des communiqués ».
La Presse — Il va sans dire que ces deux volets constituent le socle de la stabilité sociale et reflètent l’intérêt constant que leur porte le Chef de l’État. D’ailleurs, il n’a cessé de multiplier les recommandations visant à améliorer la qualité des prestations offertes aux citoyens, à garantir l’approvisionnement du marché et à lutter contre la spéculation et les pratiques qui alimentent la hausse des prix.
Dans ce contexte, il a souligné la nécessité de répondre aux revendications du peuple et de surmonter les difficultés, quelle qu’en soit l’origine, affirmant que « seule la volonté ferme et sincère finira par l’emporter ». Le message est double. L’État doit d’une part faire preuve de réactivité face aux attentes sociales, et d’autre part aucun obstacle, qu’il soit d’ordre administratif, économique ou politique, ne saurait justifier l’inaction.
Lutte contre la corruption
Ces objectifs ne peuvent évidemment être atteints sans combattre l’hydre de la corruption, un combat que le Président dit mener sans relâche. Il est allé jusqu’à dissoudre l’Instance nationale de lutte contre la corruption. Elle avait délaissé les dossiers lourds pour s’attaquer mollement à la petite corruption, laissant les « gros poissons » à l’abri, comme s’ils étaient intouchables. Cette impunité perçue a sapé les efforts engagés.
Certes, la classe politique de l’époque porte une part considérable de responsabilité dans cet échec, les partis au pouvoir ayant cherché par tous les moyens à freiner cette lutte. Aujourd’hui encore, les résultats de la Tunisie restent mitigés, comme en témoigne son dernier classement dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. Le pays stagne depuis 2024. S’il gagne deux places, passant du 15e au 13e rang africain, son score, lui, ne progresse guère. Il partage d’ailleurs cette position, avec le même score, avec le Maroc. Il convient toutefois de relativiser, car la majorité des pays peinent à améliorer leur note dans ce domaine.
Mais le Président se dit résolu à aller jusqu’au bout. Il a promis de mener une guerre sans répit ni trêve contre la corruption et affirmé que « le peuple tunisien est résolu à recouvrer l’intégralité de ses droits ».
Des décisions à venir, pas de discours
Autre front, autre combat, celui contre ceux qui tentent de déstabiliser le pays par les rumeurs et les contre-vérités. Le Chef de l’État a expliqué que « toute tentative visant à freiner cette marche se brisera contre la volonté populaire », avant de marteler : « L’histoire avance. Jamais elle ne recule. »
Tout en réitérant que des décisions sont à venir, le Chef de l’État a précisé qu’il ne s’agirait « ni de déclarations ni de communiqués ». Pour lui, seuls les actes comptent. C’est l’après-victoire qui portera le véritable message. Cette position traduit la volonté de privilégier les résultats tangibles sur la communication, dans un contexte où les citoyens attendent des mesures concrètes plus que des promesses.
Il ne s’agit certes pas d’un simple discours truffé de recommandations, mais d’une insistance sur des volets bien déterminés pour améliorer la gouvernance. D’ailleurs, une nette amélioration se fait déjà sentir dans le fonctionnement de l’administration, à la faveur des mesures engagées contre la bureaucratie, la lenteur et les passe-droits, ainsi que de la poursuite de la numérisation. Le chemin reste long, mais la direction est la bonne, et les résultats devraient s’affermir avec le temps.
Répondant à ceux qui misent sur l’échec de ce processus, ou qui continuent de tendre des pièges, de leur propre initiative ou sous l’influence de « diktats nostalgiques de l’hégémonie et du colonialisme », le Président Saïed a assuré que le peuple tunisien verrait sa volonté se concrétiser.
« L’heure de la victoire sonnera, a-t-il conclu, malgré ceux qui ont tramé des complots et continuent de le faire.»



