Le ministère des Affaires culturelles a annoncé, vendredi, l’inscription du palais « Dar Hussein » et du Tourbet des Beys husseinites, deux édifices emblématiques de la médina de Tunis, au Registre du patrimoine architectural et urbain des pays arabes.
Selon un communiqué du ministère publié dans l’après-midi, cette double inscription a été officialisée lors de la onzième session de l’Observatoire du patrimoine architectural et urbain dans les pays arabes, relevant de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO). Cette session s’est tenue au siège de la Ligue des États arabes, au Caire, du 25 au 27 octobre.

La médina de Tunis est, par ailleurs, inscrite depuis 1979 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Fondée à partir du VIIe siècle autour de la Grande Mosquée Zitouna, la vieille ville compte quelque 700 monuments historiques (mosquées, médersas, fondouks, palais et demeures aristocratiques), qui en font l’un des ensembles patrimoniaux majeurs du monde arabo-musulman.
Selon les données historiques de l’Institut national du patrimoine (INP), le palais « Dar Hussein », qui abrite aujourd’hui le siège de l’INP, a été principalement construit par le ministre Ismaïl Kahia sous le règne d’Ali Bey (1758-1781). Agrandi au début du XIXe siècle par le ministre Youssef Sahib Et-Tabaa, le monument est devenu, en 1858, le siège de la première municipalité de Tunis, sous la direction du général Hussein, qui lui a donné son nom. Il a ensuite servi de quartier général à l’état-major des troupes françaises en 1882.
Situé dans la rue éponyme, l’une des artères reliant le sud de la médina à la Grande Mosquée, le Tourbet des Beys husseinites constitue le plus vaste mausolée princier de la dynastie husseinite. La construction de cet édifice funéraire, consacré aux membres d’une dynastie qui a régné sur la Tunisie de 1705 à 1957, a été engagée sous le règne d’Ali Pacha II (1758-1781), au sein d’un complexe urbain et religieux développé dès le début du XVIIIe siècle par le fondateur de la dynastie, Hussein Ben Ali.

L’inscription de ces deux monuments vise à renforcer leur préservation à travers des programmes de documentation et de restauration, ainsi que des échanges d’expertises scientifiques coordonnés par l’ALECSO à l’échelle régionale, a indiqué le ministère.
Une soixantaine de dossiers nationaux ont été examinés par une commission d’experts lors de cette session d’évaluation, précise, de son côté, le site de l’ALECSO.



