Culture

La maestra Chaima Ajailia bientôt en Slovénie : Portrait d’une prodige de la baguette

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  • 2 novembre 2026
  • 5 min de lecture
La maestra Chaima Ajailia bientôt en Slovénie : Portrait d’une prodige de la baguette
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En quelques années, Chaima Ajailia est passée du statut d’étoile montante de la direction d’orchestre à celui d’une maestra confirmée. Ses prestations sont marquées par l’élégance de ses gestes et une maîtrise technique rigoureuse, en plus de son enthousiasme communicatif.

La Presse — À 24 ans à peine, Chaima Ajailia cumule déjà une expérience de quatre ans en tant que cheffe d’orchestre. Elle a  dirigé l’Orchestre Philarmonique Les Solistes sur les scènes les plus prestigieuses de Tunisie. Portrait d’une jeune maestra au talent précoce.

Actuellement en dernière année d’études d’ingénierie , Chaima Ajailia a découvert sa passion pour la musique dès son plus jeune âge. Elle a d’abord entamé son parcours artistique en tant que pianiste et a participé à des concerts qui explorent des genres musicaux variés. C’est ainsi qu’elle a découvert les coulisses des spectacles vivants. Nourrie dès le départ par l’expérience du terrain et l’observation attentive de ses aînés, sa nouvelle vocation s’est précisée progressivement. Elle a intégré les classes de direction d’orchestre qui ne se contentent pas d’un apprentissage théorique, mais suivent la réalité du terrain. La jeune musicienne s’est distinguée par un travail minutieux et un talent irréprochable. Le chef d’orchestre de renom Achref Bettibi  lui a donc donné la première chance de prendre une baguette. «  J’ai beaucoup appris à ses côtés », nous a raconté Chaima Ajailia. D’ailleurs, elle a été la lauréate de la 8e édition du concours de l’Association les Solistes, saluée par un jury composé de grands artistes tunisiens et étrangers, en ex æquo avec une autre jeune cheffe d’orchestre virtuose, Israa Ben Slimen. Interrogée sur cette «  révolution » féminine avec de plus en plus de maestra qui s’imposent dans ce domaine, Chaima Ajailia nous a expliqué que les femmes peuvent y réussir aussi bien que les hommes et que cette distinction n’a plus lieu d’être. En fait, dans le même esprit, nous avons aussi posé la question au célèbre chef d’orchestre égyptien de renommée internationale Nader Abbassi, qui était le président du jury de ce concours. Il nous a exprimé dans une interview précédente accordée à La Presse que le succès et le niveau de cette nouvelle génération de cheffes d’orchestre tunisiennes l’ont particulièrement impressionné.

En quelques années, Chaima Ajailia est passée du statut d’étoile montante de la direction d’orchestre à celui d’une maestra confirmée. Ses prestations sont marquées par l’élégance de ses gestes et une maîtrise technique rigoureuse, en plus de son enthousiasme communicatif.

Aujourd’hui, c’est elle  qui donne des conseils et des orientations aux musiciens de l’Orchestre philarmonique Les Solistes, un ensemble musical permanent qu’elle dirige régulièrement. Nous l’avons applaudie dans des concerts qui ont eu un grand succès au Théâtre municipal de Tunis et la Cité de la culture. Parmi les expériences les plus exigeantes de sa carrière figure sa prestation à l’occasion de la Fête de la musique, il y a quelques années, sur l’Avenue Habib Bourguiba de Tunis. C’était un concert dans un cadre ouvert, où l’orchestre a joué des airs classiques et des tubes de musiques du monde, devant des milliers de spectateurs attentifs et de passants. Elle a également été sur scène au Théâtre antique de Carthage cet été pour la CA Symphony. Forte de ses expériences précédentes, elle a déjà appris à diriger des artistes plus expérimentés qu’elle. Devant des gradins archicombles, elle a accompagné les deux chanteurs Mohamed Jebali et Lilia Ben Chikha, ainsi que des dizaines de musiciens et de choristes. Comment a-t-elle surmonté le trac, notamment face à un public aussi nombreux ? Chaima Ajailia nous a répondu : « Une fois sur scène j’oublie tous les regards dirigés vers moi et je me laisse emporter par la musique ».  En octobre 2024, Chaima Ajailia a été à Caracas, avec une autre jeune cheffe d’orchestre, Feriel Ben Ltaifa et le maestro Achref Bettibi, pour le cours international de direction d’orchestre organisé par le Sistema de Orquestas Simón Bolívar. Elle a même pris part au concert de clôture avec l’Orchestre symphonique de jeunes de Chacao. Elle a également accompagné l’orchestre régional de Pau, en France, en 2025. Chaima Ajailia s’apprête actuellement à se rendre en Slovénie, où elle sera la seule Tunisienne retenue pour la Pehlivanian international conducting competition. C’est un concours international de direction d’orchestre qui se tiendra du 7 au 14 novembre. Les cent candidats ont été sélectionnés sur deux phases. Les cv ont été pris en considération, ainsi que des vidéos de performances envoyées. Pour l’étape suivante, 18 candidats uniquement seront en lice. Pour Chaima Ajailia, qui rêve d’une carrière internationale, cette expérience prometteuse est susceptible de lui ouvrir de nouvelles perspectives. Une baguette à suivre de près !

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Auteur

Amal BOU OUNI

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