Bassin oriental du Nil, réunion « 2+2 » : L’Egypte et le Soudan rejettent toute initiative unilatérale dans le bassin du Nil
L’Egypte s’est dit prête à prendre «toutes les mesures et dispositions prévues par le droit international et l’accord de défense commune» entre les deux pays. En marge de la réunion, un mémorandum prévoyant notamment la réhabilitation des infrastructures hydrauliques endommagées par la guerre a été signé.
Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, et son homologue soudanais, Mohieddine Salem, se sont réunis lors de la troisième session du mécanisme consultatif «2+2», qui s’est tenue hier lundi au Caire, selon un communiqué du ministère.
Créé en 2025, le mécanisme consultatif « 2+2 » réunit les ministres des Affaires étrangères et les ministres de l’Irrigation de l’Egypte et du Soudan. Il vise à coordonner leurs positions sur les questions liées au Nil, à préserver leur sécurité hydrique et leurs droits sur les eaux du fleuve, ainsi qu’à examiner les risques liés aux décisions unilatérales de l’Ethiopie concernant le barrage de la Renaissance.
Lors de cette session, les deux pays ont réaffirmé leur opposition à toute action unilatérale dans le bassin du Nil oriental, défendu la liberté de navigation en mer Rouge et réitéré leur attachement à l’unité et à l’intégrité territoriale du Soudan.
Les deux pays ont réaffirmé leur rejet catégorique de toute initiative unilatérale dans le bassin oriental du Nil. Ils ont appelé l’Ethiopie à renoncer à cette approche et à renouer avec la coopération, dans le respect du droit international, notamment des principes de non-préjudice, de notification préalable, de consultation et de consensus.
Lors de la réunion, les deux pays ont souligné l’interdépendance de leurs sécurités hydriques, estimant qu’elles constituent « un ensemble indissociable». Ils ont également réaffirmé leur volonté de préserver l’intégralité de leurs droits et usages de l’eau, conformément à l’accord de 1959, et de s’opposer à toute atteinte à ces droits.
Les deux pays ont par ailleurs rappelé que la question du barrage concerne les trois Etats du bassin oriental du Nil — l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie — et rejeté toute tentative d’y associer les autres pays riverains. Ils ont toutefois souligné leur attachement aux relations historiques entre les peuples du bassin, y compris le peuple éthiopien.
Le barrage de la Renaissance constitue l’une des principales menaces pour la sécurité hydrique de l’Egypte. Depuis 2011, Le Caire et Khartoum ont engagé plusieurs cycles de négociations avec Addis-Abeba afin de régler leur différend et d’empêcher toute initiative unilatérale. L’Egypte a notamment saisi le Conseil de sécurité des Nations unies à cinq reprises, tandis que l’Union africaine a tenté en vain de rapprocher les positions des trois pays.
Pour l’unité du Soudan
L’Egypte et le Soudan ont réaffirmé leur attachement à « la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale » du Soudan, ainsi que leur opposition à toute initiative susceptible de les remettre en cause.
Le Caire a, pour sa part, rejeté catégoriquement « la création de toute entité parallèle ou sa reconnaissance », estimant qu’une telle démarche porterait atteinte à l’unité du pays et à ses institutions. L’Egypte s’est également déclarée prête à prendre « toutes les mesures et dispositions prévues par le droit international et l’accord de défense commune » entre les deux pays pour soutenir le Soudan et empêcher le franchissement de ces lignes rouges.
Par ailleurs, les deux parties ont condamné les attaques menées par les milices rebelles contre les infrastructures soudanaises, notamment les centrales électriques et les installations hydrauliques, au moyen de drones lancés depuis un pays voisin.
En marge de la réunion, Abdelatty, et Salem, ont aussi assisté, à la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux pays portant sur « la réalisation de projets de développement dans le domaine des ressources en eau au Soudan ». Ce mémorandum prévoit la réhabilitation des infrastructures hydrauliques endommagées par la guerre, la réalisation de projets de protection contre les inondations et de collecte des eaux de pluie, ainsi que la construction de stations d’eau potable fonctionnant à l’énergie solaire.
L’accord comprend également des programmes de formation et de renforcement des compétences afin de répondre aux besoins de la population soudanaise et de soutenir les efforts de reconstruction et de relèvement du pays.
Par ailleurs, les deux pays ont réaffirmé leur attachement au principe de la liberté de navigation en mer Rouge, soulignant que « la gouvernance de cette voie maritime relève exclusivement de la responsabilité de ses Etats riverains », conformément au droit international. Le Caire et Khartoum, sans mentionner directement l’Ethiopie, ont également exprimé leur « rejet catégorique » de toute tentative d’un Etat non riverain d’obtenir un accès maritime au détriment de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale des pays côtiers, ainsi que de leurs ports.
(Synthèse de médias)



