Clôture de la Foire nationale du livre tunisien : Dix jours pour célébrer le livre et ses lecteurs
Avec 66 maisons d’édition, plus de 6.000 titres exposés et un programme mêlant rencontres littéraires, activités pour enfants et débats autour des arts, la 5e édition de la Foire nationale du livre tunisien a refermé ses portes dimanche 1er novembre, à la Cité de la culture Chedly-Klibi, sur une mobilisation autour du livre et de la lecture.
La Presse — Dix jours durant, du 23 octobre au 1er novembre, la Cité de la culture Chedly-Klibi a vécu au rythme du livre. À l’occasion de la 5e édition de la Foire nationale du livre tunisien, organisée sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, le public a répondu présent, notamment en cette dernière journée qui a vu se poursuivre le ballet des lecteurs, des familles et des enfants venus découvrir les nouveautés et enrichir leurs bibliothèques. Ouverte quotidiennement de 9h00 à 21h00, la manifestation a placé cette édition sous le slogan « Lisez… la vie sera ensoleillée », avec l’ambition de faire du livre un espace de découverte, de transmission et de partage.
Présidée par le Dr Taoufik Grira, directeur général de l’Institut de traduction de Tunis, cette édition s’est distinguée par la diversité de son programme et par une volonté de rapprocher davantage le livre de ses publics. Dès l’ouverture, la proclamation des lauréats des prix de poésie, de nouvelle, de conte et du livre scientifique et pédagogique destiné à l’enfant a donné le ton. Attribuées par un jury indépendant, ces distinctions, dotées chacune de 10.000 dinars, ont été remises le mardi 27 octobre par la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi.
Sur le plan éditorial, la Foire a réuni 66 maisons d’édition autour d’une offre de plus de 6.000 titres. Une présence qui témoigne de la diversité de la production proposée aux lecteurs, mais aussi de la place accordée aux professionnels du livre. À ce titre, la « Journée de l’éditeur », organisée sous le slogan « À l’écrivain un éditeur… et à l’éditeur une journée », a constitué l’une des initiatives marquantes de cette édition. Pensée comme un rendez-vous dédié au soutien de l’édition, elle a également permis au public de bénéficier de remises exceptionnelles pouvant atteindre 50 %.
L’attention portée aux jeunes lecteurs a constitué un autre axe majeur de la programmation. Chaque jour, cinq excursions scolaires en provenance de différentes régions du pays ont été organisées, auxquelles se sont ajoutées deux délégations du gouvernorat de Nabeul, invité d’honneur de cette édition. L’objectif était d’encourager les élèves des cycles primaire et préparatoire à fréquenter le livre dans toute la diversité de ses expressions, qu’elles soient littéraires, scientifiques, artistiques ou liées à la culture générale.
Lectures guidées, échanges autour de contes et de situations de la vie quotidienne, spectacles, projections, représentations théâtrales, ateliers de création et de recyclage : les activités proposées ont multiplié les approches pour faire de la lecture une expérience vivante et participative. Le « Coin numérique » est venu compléter ce dispositif, en ouvrant une autre porte sur les pratiques de découverte et d’accès au savoir. Au-delà de l’animation, ces rencontres avec le livre visaient à développer l’imaginaire, l’esprit critique et la curiosité des enfants, tout en inscrivant la lecture dans leur parcours éducatif et culturel.
Le programme culturel a, pour sa part, élargi la réflexion à la place du livre dans les différentes disciplines artistiques. Des colloques réunissant universitaires, chercheurs et artistes ont abordé les relations entre livre, théâtre, cinéma, arts plastiques et musique, en interrogeant aussi bien les contenus que les formes, les dimensions esthétiques et les significations de ces correspondances. Après les échanges consacrés aux arts plastiques et au théâtre, celui dédié à la musique a notamment permis d’explorer les liens entre création musicale, recherche et transmission écrite. L’hommage rendu à trois figures culturelles originaires de Nabeul a également marqué cette édition : le poète Sadok Charaf Abou Wejdane, le peintre Raouf Gara et l’écrivain et chercheur Taoufik Bachrouch. Une manière de mettre en lumière des parcours qui ont contribué au rayonnement culturel de cette région, choisie comme gouvernorat hôte. Traduction, édition et littérature pour enfants ont également nourri les discussions, à travers des rencontres et des témoignages qui ont apporté des éclairages sur les enjeux de ces secteurs. En parallèle, les séances de dédicaces ont permis aux auteurs de rencontrer directement leurs lecteurs, de présenter leurs nouvelles parutions et de prolonger les échanges au-delà des pages de leurs ouvrages. Au terme de ces dix journées, la Foire nationale du livre tunisien aura ainsi conjugué exposition éditoriale, médiation auprès des jeunes publics et réflexion sur les rapports entre le livre et les autres formes de création. Une édition qui rappelle que la promotion de la lecture ne se limite pas à la mise en circulation des ouvrages : elle passe aussi par la rencontre, le dialogue et la construction, dès le plus jeune âge, d’une relation durable avec le livre.



