Projets budgétaires : les exigences d’un pivot stratégique
Le marathon budgétaire pour le prochain exercice vient de démarrer avec de l’incertitude mais aussi de l’engagement et de la détermination. Un paradoxe tout à fait légitime, car avec le souci de soutenir, encore plus, nos équilibres financiers et celui de relancer les investissements, de revaloriser la productivité et d’approfondir la dimension sociale, l’équation semble délicate et les exigences financières paraissent très complexes.
N’oublions pas qu’on entame la nouvelle étape avec à la charge un déficit budgétaire estimé à plus de 15 milliards de dinars, des besoins de financement dépassant les 28 milliards et un niveau d’endettement qui se situerait, selon les différentes projections, aux alentours de 85%.
2027 s’annonce donc comme une année charnière et même un tournant décisif pour l’économie nationale et ses architectes. Cela est d’autant plus vrai que l’État s’est fixé, comme le retiennent les différents projets budgétaires, des objectifs prioritaires.
On projette, ainsi, de réaliser un taux de croissance de l’ordre de 3,1%, alors que la Banque mondiale table sur une moyenne plus modérée de 2,7%, de ramener l’investissement productif à 16,4% avec un volume global de plus de 32 milliards de dinars, et de situer la part du déficit budgétaire dans les ressources d’emprunt à 52% contre 42,7% une année auparavant.
Ces indicateurs majeurs nécessitent, toutefois, et comme le rappellent régulièrement nos décideurs, une gestion intelligente, rigoureuse et proactive.
Il est question, somme toute, d’un pivot stratégique qui reposerait, certainement, sur la bonne maîtrise de nos finances publiques à travers la rationalisation des dépenses de fonctionnement, la consolidation des ressources propres, fiscales en premier lieu et, plus important encore, la révision de notre carte géo-financière.
Cette dernière question de multipolarité est d’autant plus fondamentale qu’elle a le mérite de réduire la dépendance aux décideurs financiers internationaux, à la fois exigeants et contraignants, et de mieux gérer les risques conjoncturels assez fréquents.
En plus de ce souci de maîtrise financière, l’action porterait, en 2027, sur la diversification des sources de création de valeur en misant sur la relance des investissements publics dans les infrastructures clés, logistiques notamment, et le renforcement de l’initiative privée, souvent créatrice d’emplois innovants et durables.
La sécurisation de notre politique de développement nationale se placerait, également, comme une orientation incontournable, ce qui suppose l’élargissement de la capacité de notre pays face aux chocs extérieurs en améliorant le niveau d’investissement dans la sécurité alimentaire, en accélérant la transition énergétique, en misant davantage sur le verdissement économique et en valorisant, bien entendu, notre potentiel naturel.
Donc autant d’objectifs à la fois stratégiques et ambitieux qui impliquent un engagement sincère et une mobilisation totale de tous les acteurs.



