Culture

Le Japan Festival célèbre 70 années d’amitié tuniso-japonaise : Entre traditions et modernité nippones

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  • 4 novembre 2026
  • 5 min de lecture
Le Japan Festival célèbre 70 années d’amitié tuniso-japonaise : Entre traditions et modernité nippones
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Pari réussi pour le «Japan Festival» ! Du 30 octobre au 1er novembre 2026, la Cité de la culture de Tunis a vibré aux couleurs du Soleil-Levant sous la direction artistique de Hisham Belkhamsa. Célébrant le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et le Japon, cet événement gratuit a rassemblé une foule enthousiaste de familles, de curieux et d’amoureux de la culture nippone.

La Presse —La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et de Son Excellence l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun. Lors de son allocution, le diplomate japonais a livré un message chaleureux et résolument tourné vers l’avenir :

«Ce 70e anniversaire est l’occasion de contempler le chemin parcouru main dans la main, mais c’est aussi le point de départ pour notre 71e année et bien au-delà. Ensemble, nous continuons à renforcer nos liens. Les relations entre nos deux pays seront d’autant plus fortes qu’elles reposeront sur des échanges humains sincères, empreints de bienveillance et de respect mutuel. Continuons ensemble à cultiver cette belle complicité».

Sur la scène du Théâtre des Régions, sublimée par la présence de trois magnifiques kimonos cérémoniaux, la musicienne japonaise Yuki Isamu a ouvert le bal artistique. Se servant du shamisen (luth traditionnel) et de la flûte, elle a offert un récital d’une grande poésie, célébrant les harmonies et le passage des saisons. Le public a ensuite découvert le Rakugo, l’art séculaire du conte humoristique japonais, incarné avec brio par Cyril Coppini. Seul artiste français à pratiquer le Rakugo de manière professionnelle au Japon, Coppini— qui sillonne les scènes internationales avec ses interprétations des classiques Jugemu, Toki Udon ou Shinigami— a conquis la salle par son jeu de scène incisif et son sens subtil du comique.

Pour illustrer concrètement la vitalité de ce dialogue culturel, le Budo ( arts martiaux japonais) a été mis à l’honneur par des praticiens et athlètes tunisiens. Démonstrations de rigueur, de maîtrise et de philosophie martiale se sont succédé grâce aux performances remarquées de l’École d’Aïkido de Msaken, de la Fédération tunisienne de judo, de la Fédération tunisienne de ju-jitsu ainsi que du Club de karaté d’El Menzah 5. Une belle illustration de la manière dont les traditions nippones ont su trouver un ancrage vivant en terre tunisienne.

Durant trois jours, le festival a proposé un savant mélange entre arts ancestraux et pop-culture contemporaine. Les visiteurs ont pu s’initier à la délicatesse de la cérémonie du thé, observer la précision des maîtres de la calligraphie et de l’ikebana (l’art floral japonais), ou encore s’essayer au port traditionnel du kimono. Des communautés de passionnés de mangas, de jeux traditionnels et de danses ont investi, à cette occasion, la Cité de la culture. Certains ont également pris part à un défilé de cosplay, rivalisant de créativité pour donner vie à leurs personnages d’animation préférés.

Le septième art a constitué un autre pont majeur de cette célébration, avec trois projections exclusives du film «Kokuho» (Le Maître du kabuki), réalisé par Lee Sang-il. Cette œuvre a trouvé un écho tout particulier auprès du public tunisien, notamment grâce à la contribution du directeur de la photographie Sofian El Fani, dont le travail illustre parfaitement la richesse des échanges artistiques entre les deux pays.

Nommé aux Oscars l’année dernière et devenu le plus grand succès au box-office de l’histoire du cinéma japonais, «Kokuho» a également valu à El Fani le prix de la meilleure photographie aux Japan Academy Film Prize, l’équivalent japonais des Oscars. Une distinction qui vient consacrer le travail du chef opérateur tunisien, appelé à collaborer de nouveau avec le réalisateur Lee Sang-il sur un prochain projet.

Le film est une fresque romanesque de près de trois heures, qui plonge dans l’univers exigeant et codifié du théâtre traditionnel japonais. L’histoire débute en 1964, à Nagasaki, lorsque Kikuo, âgé de 14 ans, fils d’un chef yakuza assassiné, est recueilli par un célèbre maître de kabuki, Hanjiro Hanai. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il se consacre à cet art ancestral, où les deux jeunes hommes vont grandir entre apprentissage, amitié et rivalité. Sur cinq décennies, le film suit leurs trajectoires, entre gloire et déclin, triomphes et scandales, fidélité et trahison, dans une quête commune d’excellence artistique, mais aussi de reconnaissance.

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Auteur

Meysem MARROUKI

Journaliste à la rubrique Culture de La Presse de Tunisie, Meysem Marrouki suit l’actualité artistique du pays : théâtre, arts plastiques, musique et art contemporain. Elle couvre les grands rendez-vous culturels, de Jaou Tunis aux Oasis Days de Gabès en passant par le Festival national du théâtre tunisien, et mène des entretiens avec des figures de la scène artistique tunisienne et internationale.

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