Tribune – Jeunesse tunisienne: Une force pour bâtir l’État, créer des richesses et ouvrir les portes de l’avenir
Par Halim BOUSSEMA | Député indépendant à l’Assemblée des représentants du peuple |
L’avenir d’une nation ne se mesure pas uniquement à l’étendue de ses ressources naturelles ou à la puissance de ses moyens financiers. Il dépend avant tout de sa capacité à transformer l’intelligence, les compétences et les ambitions de ses citoyens en savoir, en production et en richesses. À cet égard, la Tunisie dispose d’un capital humain exceptionnel : une jeunesse instruite, ambitieuse, créative et capable de réussir dans les domaines les plus exigeants de l’économie moderne.
Notre pays ne manque ni de talents ni d’idées. Ce qui lui fait encore défaut, c’est un environnement suffisamment favorable pour permettre à cette jeunesse de construire son avenir sur sa propre terre, au lieu de chercher ailleurs les possibilités de réussite que son pays devrait lui offrir.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteignait 35,4 %, tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur s’établissait à 26,6 %. Derrière ces statistiques se trouvent des milliers de compétences inexploitées, de projets abandonnés et d’ambitions contrariées.
Il est difficilement acceptable que l’État et les familles tunisiennes consacrent des années et des moyens considérables à l’éducation et à la formation de leurs enfants, sans parvenir ensuite à leur offrir les conditions nécessaires pour transformer leurs connaissances en activités productives et en valeur ajoutée nationale.
Une jeunesse capable de réussir partout, pourquoi pas en Tunisie ?
La réussite de milliers de Tunisiens à l’étranger constitue une démonstration éclatante de notre potentiel humain. En Europe, aux États-Unis, au Canada et dans de nombreuses autres régions du monde, de jeunes compatriotes parviennent à s’imposer dans des environnements économiques souvent inconnus, confrontés à de nouvelles langues, à des réglementations différentes et à une concurrence particulièrement exigeante.
Ils apprennent, prennent des risques, créent des entreprises, innovent et accèdent parfois à des responsabilités importantes dans les secteurs industriels, financiers, scientifiques et technologiques.
Une question fondamentale mérite alors d’être posée : pourquoi cette même jeunesse, capable de réussir dans des économies étrangères, ne pourrait-elle pas connaître une réussite comparable, voire supérieure, dans son propre pays ?
Pourquoi ne pas développer en Tunisie cette culture de l’initiative, de l’entrepreneuriat et de la prise de risque réfléchie ? Pourquoi continuer à présenter l’emploi salarié, notamment dans la fonction publique, comme l’unique horizon professionnel, alors que la création d’entreprises peut devenir un puissant moteur de croissance et d’emploi ?
Nous devons encourager une génération qui croit en ses capacités, qui ose entreprendre, qui accepte l’éventualité de l’échec et qui considère chaque expérience comme une occasion d’apprentissage.
Mais cette ambition impose également des obligations à l’État. Il serait contradictoire d’encourager les jeunes à entreprendre tout en les laissant seuls face aux exigences bancaires, aux lourdeurs administratives, aux contraintes fiscales et à la complexité des autorisations.
L’État doit devenir un véritable partenaire de leur réussite, en facilitant l’accès à la formation, au financement, à l’accompagnement technique et aux marchés, tout en assurant la protection juridique des initiatives sérieuses et une gestion rigoureuse des deniers publics.
Transformer les orientations présidentielles en résultats économiques
Dans cette perspective, il convient de saluer les orientations du Président de la République, Kaïs Saïed, qui a souligné à plusieurs reprises la nécessité de soutenir les jeunes, de favoriser leur accès au travail et de faciliter les financements destinés à la création de projets.
Ces orientations doivent désormais trouver leur traduction dans des programmes concrets, accessibles et évaluables.
La responsabilité incombe principalement au gouvernement, aux ministères concernés, aux banques et aux organismes publics chargés de leur mise en œuvre.
Il ne suffit plus d’annoncer des mécanismes de financement. Encore faut-il simplifier les procédures, accélérer le traitement des dossiers, lever les obstacles administratifs et garantir que les ressources disponibles parviennent effectivement aux bénéficiaires.
La réussite d’une politique publique ne se mesure pas au nombre de programmes annoncés, mais au nombre d’entreprises réellement créées, à leur pérennité, aux investissements réalisés et aux emplois effectivement générés.
Cette exigence de résultats doit devenir une règle fondamentale de l’action gouvernementale.
Restaurer la confiance entre l’État, les citoyens et les investisseurs
La relance de l’initiative économique suppose également la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions.
Un État fort doit protéger la loi, les finances publiques et l’intérêt général, tout en garantissant aux entrepreneurs un environnement stable et prévisible.
La lutte contre la corruption constitue naturellement une exigence incontournable. Toutefois, elle doit reposer sur des preuves, des enquêtes rigoureuses, une justice indépendante et des procédures respectueuses des droits.
Les campagnes de dénigrement qui transforment une accusation en condamnation publique peuvent fragiliser la confiance et décourager ceux qui travaillent, investissent et prennent des initiatives.
Toute personne disposant d’éléments relatifs à des faits répréhensibles doit pouvoir saisir les autorités compétentes. Il appartient ensuite aux institutions judiciaires et de contrôle d’établir les responsabilités et de sanctionner les infractions conformément à la loi.
La crédibilité de l’État ne se construit pas sur la généralisation du soupçon, mais sur l’efficacité de ses institutions, l’équité de ses décisions et la transparence de ses procédures.
Réformer l’administration pour libérer l’initiative
À l’heure de l’intelligence artificielle et de la transformation numérique, il devient difficilement concevable que les citoyens et les investisseurs continuent à subir des procédures fondées sur la multiplication des documents, la répétition des démarches et la lenteur des décisions.
La modernisation administrative doit constituer une priorité économique et politique.
Elle implique la numérisation effective des services publics, l’interconnexion des bases de données, la simplification des autorisations et la formation continue des agents aux nouvelles technologies.
Mais la transformation numérique ne peut se limiter à l’acquisition d’équipements informatiques. Elle exige une évolution profonde de la culture administrative.
La fonction publique doit être davantage orientée vers la qualité du service rendu, le respect des délais, la responsabilité individuelle et l’évaluation des résultats.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le rôle des agents publics, mais de valoriser les compétences, de renforcer la formation et de faire de l’efficacité administrative un véritable instrument de développement.
Une administration moderne ne doit pas seulement appliquer les procédures. Elle doit également accompagner les projets, faciliter l’investissement et contribuer activement à la création de richesses.
Une révolution nécessaire dans notre système bancaire et financier
La question du financement constitue l’un des principaux obstacles rencontrés par les jeunes entrepreneurs tunisiens.
Comment encourager un jeune diplômé à créer son entreprise lorsque l’établissement bancaire auquel il s’adresse s’intéresse davantage à ses garanties immobilières qu’à la viabilité économique de son projet ?
Comment promouvoir l’innovation lorsque les mécanismes de financement demeurent insuffisamment adaptés aux entreprises technologiques, aux activités numériques et aux projets dont la principale richesse réside dans les compétences humaines ?
Notre système bancaire doit évoluer vers une approche accordant davantage d’importance à la qualité des projets, à leur potentiel de développement, à leur capacité de remboursement et à la valeur ajoutée qu’ils peuvent générer.
Cette évolution suppose le développement d’instruments de financement adaptés, de mécanismes de partage des risques, de fonds d’investissement et de dispositifs d’accompagnement des petites et moyennes entreprises.
La Tunisie doit également engager une réflexion approfondie sur la philosophie de sa politique financière et monétaire, ainsi que sur la capacité de ses institutions à accompagner les mutations de l’économie mondiale.
Banque centrale : protéger le dinar sans isoler l’économie
La Banque centrale de Tunisie occupe une place stratégique dans l’équilibre économique et financier national.
La préservation de la stabilité monétaire, la maîtrise des risques financiers, la protection des réserves en devises et la confiance dans le dinar constituent des impératifs essentiels.
Toutefois, la recherche de la stabilité ne doit pas conduire à une logique d’immobilisme ou à une prudence excessive qui finirait par freiner l’investissement, les exportations et l’intégration de notre économie dans les circuits internationaux.
Il ne s’agit nullement de préconiser une ouverture financière incontrôlée, ni de compromettre les équilibres macroéconomiques du pays.
Il s’agit, au contraire, de promouvoir une ouverture progressive, réfléchie et encadrée, fondée sur une évaluation sérieuse des risques et des opportunités.
Dans ce contexte, j’estime que la Tunisie a besoin, à la tête de sa Banque centrale, d’une personnalité disposant d’une vision économique et financière moderne, d’une connaissance approfondie des marchés internationaux et d’une maîtrise des transformations liées à l’économie numérique et aux nouvelles technologies financières.
La direction d’une institution aussi stratégique ne peut se réduire à une gestion routinière des indicateurs monétaires. Elle doit également reposer sur l’anticipation, l’innovation et la capacité d’adaptation aux mutations internationales, dans le respect des prérogatives légales et de l’indépendance de l’institution.
Le choix de la personnalité appelée à diriger la Banque centrale constitue donc une décision économique majeure, dont les conséquences dépassent largement le cadre administratif.
Nous avons besoin d’une gouvernance capable de protéger le dinar sans isoler notre économie, de moderniser les systèmes de paiement et de transfert, d’accompagner le développement des technologies financières et d’appréhender les actifs numériques dans des cadres juridiques et prudentiels clairement définis.
La politique de change mérite également une modernisation progressive.
Il est paradoxal de demander aux entreprises tunisiennes de conquérir les marchés internationaux tout en leur imposant des procédures financières et des contraintes de transfert qui peuvent les placer dans une situation moins favorable que leurs concurrents étrangers.
Les mécanismes de contrôle doivent naturellement être maintenus lorsque leur nécessité est démontrée, notamment en matière de traçabilité des capitaux et de prévention des infractions financières. Mais ils doivent être adaptés aux réalités d’une économie mondialisée, où la rapidité des transactions et la fluidité des échanges constituent des facteurs déterminants de compétitivité.
Une diplomatie économique ouverte sur toutes les puissances mondiales
Le développement économique tunisien exige également une ouverture plus ambitieuse sur les marchés internationaux.
Notre partenariat avec l’Union européenne demeure fondamental en raison de la proximité géographique, des relations commerciales historiques et de l’intégration de nombreuses entreprises tunisiennes aux chaînes de valeur européennes.
Mais la Tunisie doit également approfondir ses relations économiques avec les États-Unis, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, les pays africains, les États du Golfe et l’ensemble des économies susceptibles de contribuer à son développement.
Cette diversification ne doit pas se limiter à l’importation de produits ou à la multiplication des accords commerciaux.
Elle doit favoriser le transfert de technologies, l’implantation d’unités industrielles, la création de centres de recherche et de développement, la formation des compétences tunisiennes et la réalisation de projets conjoints.
Notre objectif doit être clair : faire évoluer progressivement la Tunisie d’un marché consommateur de technologies vers une économie capable de produire, d’innover et d’exporter ses propres solutions industrielles et numériques.
L’expérience chinoise : une leçon de stratégie industrielle
L’évolution économique de la Chine offre, à cet égard, des enseignements importants.
Sa transformation en puissance industrielle mondiale ne résulte pas d’une décision isolée, mais d’un processus de longue durée associant planification stratégique, investissements productifs, formation, recherche scientifique et développement technologique.
En 2024, la Chine occupait la première place mondiale en matière de valeur ajoutée dans 14 des 18 secteurs industriels considérés.
Il ne s’agit évidemment pas de reproduire mécaniquement un modèle étranger. Chaque pays possède ses caractéristiques institutionnelles, économiques et sociales.
Mais cette expérience démontre qu’une puissance industrielle se construit à travers une vision de long terme, une continuité des politiques publiques et des institutions capables de transformer les orientations stratégiques en réalisations concrètes.
La Tunisie doit élaborer son propre modèle de développement, en mobilisant ses compétences, ses avantages géographiques et ses relations internationales.
Faire de la Tunisie une plateforme industrielle et technologique entre l’Europe et l’Afrique
Notre position au cœur de la Méditerranée constitue un avantage stratégique considérable.
La proximité du marché européen, l’ouverture sur l’Afrique et l’existence d’un tissu industriel diversifié offrent à notre pays des perspectives importantes.
Cependant, la géographie ne crée pas automatiquement la richesse.
Elle doit être accompagnée d’infrastructures modernes, d’une logistique performante, de ports et d’aéroports compétitifs, de réseaux ferroviaires adaptés aux besoins économiques et de zones industrielles convenablement équipées.
La Tunisie doit investir dans les grands projets structurants qui améliorent durablement sa compétitivité et renforcent son attractivité auprès des investisseurs nationaux et internationaux.
Dans ce cadre, notre jeunesse peut jouer un rôle déterminant dans le développement des logiciels, de l’intelligence artificielle, des services numériques, des industries de précision, des composants automobiles et aéronautiques, des équipements médicaux, de l’agroalimentaire et de l’agriculture moderne.
Nos universités, nos écoles d’ingénieurs et nos centres de formation doivent devenir de véritables partenaires du tissu économique.
Les projets de fin d’études, les travaux de recherche et les innovations universitaires doivent pouvoir déboucher sur des entreprises, des brevets, des produits commercialisables et des emplois qualifiés.
L’enseignement doit préparer non seulement à rechercher un emploi, mais également à créer une activité et à participer directement au développement économique.
L’entrepreneuriat comme moteur de création d’emplois
Il serait illusoire de considérer la fonction publique comme la principale réponse au chômage des jeunes.
L’État doit naturellement continuer à recruter dans les secteurs où les besoins sont réels, notamment la santé, l’éducation et les services publics essentiels.
Mais l’avenir de l’emploi dépendra aussi de notre capacité à développer un secteur privé dynamique, innovant et créateur de valeur ajoutée.
Une entreprise fondée aujourd’hui par un jeune Tunisien peut devenir demain une unité industrielle employant plusieurs centaines de salariés, ou une société technologique exportant ses services vers des dizaines de pays.
C’est pourquoi la culture entrepreneuriale doit être encouragée dès l’école, consolidée à l’université et accompagnée par des mécanismes de financement et de formation adaptés.
L’État doit créer les conditions de la réussite, sans prétendre se substituer systématiquement à l’initiative privée.
Le secteur privé, de son côté, doit être reconnu comme un partenaire essentiel de la création de richesses, de l’innovation et du développement national.
Les énergies renouvelables : transformer la transition énergétique en industrie nationale
La transition énergétique constitue une autre opportunité stratégique pour la jeunesse tunisienne.
Notre pays s’est fixé pour objectif de porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 30 % à l’horizon 2030. À la fin du mois d’août 2026, la puissance électrique installée issue de ces sources atteignait 1.186 mégawatts.
Mais notre ambition ne doit pas se limiter à produire de l’électricité renouvelable ou à importer les équipements nécessaires.
Nous devons développer progressivement une véritable filière industrielle nationale dans les panneaux photovoltaïques et leurs composants, les batteries, les systèmes de stockage, les équipements de contrôle et les technologies associées.
Cette orientation doit s’accompagner de programmes de formation destinés aux ingénieurs, aux techniciens et aux jeunes entrepreneurs.
À terme, la Tunisie pourrait non seulement répondre à une partie de ses besoins énergétiques, mais également exporter des équipements, des services et des compétences vers les marchés africains et européens.
La transition énergétique deviendrait ainsi un instrument de souveraineté, de développement industriel, de création d’emplois et de réduction de notre dépendance extérieure.
Le gouvernement doit passer des intentions à l’exécution
Nous disposons aujourd’hui d’une génération qui maîtrise de plus en plus les langues étrangères, utilise les outils numériques, découvre les possibilités offertes par l’intelligence artificielle et suit l’évolution des marchés internationaux.
Cette génération possède des moyens d’apprentissage et d’innovation auxquels les générations précédentes n’avaient pas accès dans les mêmes proportions.
Nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller un tel potentiel en raison de lenteurs administratives, de difficultés de financement ou d’une absence de vision économique cohérente.
Monsieur le Président de la République, les orientations que vous avez exprimées en faveur de l’emploi des jeunes, de l’entrepreneuriat et de l’accès au financement méritent d’être traduites en véritables programmes nationaux mobilisant le gouvernement, les banques, les universités, les institutions économiques et le secteur privé.
Ces programmes doivent être assortis d’objectifs précis, de calendriers réalistes et d’indicateurs permettant d’évaluer les résultats obtenus.
Combien de projets ont effectivement bénéficié d’un financement ? Combien d’entreprises ont été créées ? Combien ont poursuivi leurs activités ? Combien d’emplois durables ont été générés ?
Ce sont ces résultats qui doivent permettre de mesurer l’efficacité de l’action publique.
La responsabilité du gouvernement est donc considérable.
Les ministères et les organismes chargés de l’exécution doivent agir avec rapidité, compétence et détermination, afin de donner une traduction concrète aux orientations nationales.
Cette ambition exige également une équipe gouvernementale et administrative disposant d’une solide expérience de la gestion, d’une connaissance réelle du monde économique et d’une capacité à prendre des décisions.
La Tunisie a besoin de responsables capables de dialoguer avec les investisseurs, de comprendre les mécanismes des marchés internationaux, de mobiliser les institutions et de lever les obstacles qui retardent les projets.
Les bonnes intentions ne remplacent jamais la compétence. Les annonces ne remplacent pas les réalisations. Et aucune stratégie, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut produire les résultats attendus sans une capacité effective d’exécution, de suivi et d’évaluation.
Faire confiance à la jeunesse pour construire la Tunisie de demain
La Tunisie ne manque ni de jeunes talentueux, ni de compétences, ni d’idées, ni d’atouts géographiques.
Ce dont elle a besoin, c’est d’une mobilisation nationale pour libérer les initiatives, réhabiliter la valeur du travail et instaurer un partenariat véritable entre l’État, le secteur privé et la jeunesse.
À nos jeunes, je voudrais adresser un message de confiance et de responsabilité.
N’attendez pas que d’autres construisent votre avenir à votre place. Croyez en vos capacités, approfondissez vos connaissances, apprenez les langues, maîtrisez les nouvelles technologies et osez entreprendre.
N’ayez pas peur de l’échec lorsqu’il résulte d’une tentative sérieuse et réfléchie. Une difficulté surmontée peut devenir une expérience précieuse et ouvrir la voie à une réussite future.
Mais cette invitation à l’initiative doit s’accompagner d’un engagement tout aussi clair de l’État : celui de vous offrir un environnement juste, des institutions efficaces, un accès équitable aux opportunités et des perspectives réelles de développement.
La Tunisie peut devenir une plateforme industrielle, numérique et énergétique reliant l’Europe à l’Afrique. Elle peut créer les conditions permettant à ses jeunes de réussir dans leur propre pays et de participer à son rayonnement international.
Cette ambition ne se réalisera ni par le repli économique, ni par la multiplication des obstacles administratifs, ni par une gestion publique limitée aux affaires courantes.
Elle exige un État qui inspire confiance, une administration qui mesure sa performance à ses réalisations, un système financier ouvert sur les évolutions du monde et une économie qui valorise la connaissance, l’investissement et le travail.
Car la véritable richesse de la Tunisie ne réside pas uniquement dans les ressources de son sol, mais dans l’intelligence, le savoir, l’ambition et la créativité de sa jeunesse.
Si nous parvenons à transformer ce potentiel en entreprises, en production, en innovation et en richesses, la jeunesse tunisienne ne sera plus simplement bénéficiaire du développement.
Elle en deviendra la principale force motrice, l’artisan de notre prospérité et l’acteur déterminant de l’avenir de la nation.
H.B. Député indépendant à l’Assemblée des représentants du peuple



