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Société

Néji Arrous : « La formation professionnelle souffre encore d’une perception sociale négative »

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  • 19 mai 2026
  • 3 min de lecture
Néji Arrous : « La formation professionnelle souffre encore d’une perception sociale négative »

Néji Arrous, ancien Président du Groupement national des structures de formation professionnelle relevant de l’organisation CONECT, a affirmé ce mardi 19 mai 2026 que la formation professionnelle souffre encore d’une perception sociale traditionnelle qui la considère comme une voie de moindre valeur par rapport à l’enseignement universitaire. Il a qualifié cela de problème profond qui limite l’intérêt des familles et des élèves pour cette orientation.

Lors de son intervention dans l’émission Midi Express, M. Arrous a souligné que cette vision ne reflète plus la réalité du marché de l’emploi, notamment à la lumière des mutations économiques et technologiques qui imposent le besoin d’une main-d’œuvre spécialisée, qualifiée de manière pratique et rapidement opérationnelle pour s’intégrer dans le monde du travail.

Il a expliqué que la formation professionnelle représente aujourd’hui un pilier essentiel de l’économie nationale, car elle permet de former des compétences dans de multiples domaines tels que l’industrie, les services, la technologie et les énergies renouvelables — des secteurs qui connaissent une demande croissante en Tunisie comme à l’étranger.

Équivalence des diplômes et déficit de communication

Évoquant la question de l’équivalence des diplômes professionnels, Néji Arrous a indiqué que certains titres, comme le Brevet de Technicien Professionnel (BTP), sont équivalents au baccalauréat en termes de classification professionnelle. Cependant, le problème majeur réside dans la faiblesse de la communication et de la sensibilisation autour de cette reconnaissance auprès des parents et des élèves. Selon lui, l’absence d’informations précises sur les parcours de formation professionnelle entraîne une désaffection sociale injustifiée, en dépit des opportunités d’emploi réelles et rapides qu’offre cette voie.

Modernisation des programmes et partenariats

M. Arrous a affirmé que l’un des principaux défis du secteur est la nécessité de mettre à jour périodiquement les programmes de formation afin de suivre l’évolution des besoins du marché du travail, en particulier dans les domaines de la numérisation, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables et des industries modernes. Il a également insisté sur l’importance de renforcer le partenariat entre l’État et le secteur privé, les entreprises économiques étant les acteurs les mieux informés des besoins réels en matière d’emploi.

Un levier contre l’immigration clandestine

Par ailleurs, Néji Arrous a estimé que le développement du système de formation professionnelle pourrait contribuer directement à réduire le phénomène de l’immigration clandestine (irrégulière). En dotant les jeunes de véritables compétences professionnelles, on leur ouvre des perspectives d’emploi à l’intérieur du pays ou à l’étranger par des voies légales et organisées.

Il a ainsi appelé les parents à changer leur regard traditionnel sur la formation professionnelle et à laisser à leurs enfants la liberté de choisir leur parcours éducatif en fonction de leurs capacités et de leurs penchants. Il a insisté sur le fait que la réussite ne se limite pas aux parcours académiques, mais englobe également toute personne détenant un savoir-faire professionnel capable de créer de la valeur ajoutée et de garantir un avenir stable.

L’invité de Midi Express a conclu son intervention en réaffirmant que la promotion du système de formation en Tunisie exige un changement des mentalités parallèlement aux réformes structurelles, ce secteur représentant l’une des clés fondamentales pour résoudre le problème du chômage et stimuler le développement économique.

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Auteur

La Presse

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