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Editorial

Le sport, une économie en jachère

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  • 22 mai 2026
  • 3 min de lecture
Le sport, une économie en jachère

Force est de croire que le sport tunisien est une terre  en friche. L’économie du sport en Tunisie en est l’illustration parfaite : un potentiel immense, mais une inertie coupable. Alors que le monde entier a compris que le sport n’est plus seulement une affaire de stades et de trophées, mais un véritable moteur économique, nous continuons à l’aborder comme une activité périphérique, presque secondaire.

Regardons autour de nous : les grandes nations ont transformé leurs clubs en entreprises florissantes, leurs événements sportifs en industries culturelles, leurs athlètes en ambassadeurs économiques. Le sport est devenu un levier de croissance, un vecteur d’image et un instrument d’influence.

Pendant ce temps, chez nous, l’Observatoire du sport semble englué dans une léthargie institutionnelle, incapable de produire des données fiables, des études prospectives ou des stratégies de développement. Or, sans chiffres, sans vision, sans diagnostic, aucune politique sérieuse ne peut voir le jour.

Le retard accumulé est abyssal. Les infrastructures sont  vétustes, les partenariats privés restent timides, et l’absence d’une véritable économie du sport prive le pays de recettes considérables. Le sport pourrait être un gisement d’emplois, un catalyseur de tourisme, un marché d’innovation technologique. Mais il demeure enfermé dans une logique de survie, dépendant de subventions publiques et de bricolages financiers où la corruption fait des siennes.

Ce constat n’est pas une fatalité. Il est au contraire une invitation à secouer la torpeur. L’Observatoire du sport doit sortir de son sommeil et devenir une vigie, un laboratoire d’idées, un moteur de propositions. Il doit mesurer, comparer, anticiper. Il doit être capable de dire combien rapporte un match, combien coûte une saison, combien génère un athlète. Sans cela, nous continuerons à naviguer à vue, dans un océan où les autres voguent déjà à pleine vitesse.

Le sport est une économie de l’émotion, mais aussi une économie de la raison. Il faut savoir conjuguer les deux : l’enthousiasme des foules et la rigueur des bilans. Si nous voulons que la Tunisie retrouve sa place dans ce concert mondial, il est urgent de bâtir une stratégie claire, ambitieuse et réaliste.

Une idée simple pourrait servir de déclencheur : créer un fonds national d’investissement sportif, alimenté par des partenariats public-privé, pour financer infrastructures, innovation et formation.

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Auteur

Salem Trabelsi

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