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Economie

Malgré les 8 milliards de dinars de recettes : Le tourisme tunisien freiné par des dysfonctionnements structurels

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  • 1 mai 2026
  • 4 min de lecture
Malgré les 8 milliards de dinars de recettes : Le tourisme tunisien freiné  par des dysfonctionnements structurels

Pilier de l’économie tunisienne, le tourisme reste entravé par des blocages institutionnels, un soutien limité et des défis structurels persistants.

La Presse —Intervenant sur les ondes d’une radio privée, Mohamed Yahyaoui, président de la Commission du tourisme à l’Assemblée des représentants du peuple, a rappelé que le tourisme constitue un pilier stratégique de l’économie tunisienne. Ce secteur génère près de 8 milliards de dinars en devises, mais il reste, selon lui, insuffisamment soutenu par les pouvoirs publics et il n’est pas apprécié à sa juste valeur. Il a notamment évoqué une diminution de 4 % du budget qui lui est consacré cette année, ainsi que des lacunes dans les mécanismes de gouvernance.

Yahyaoui a annoncé l’organisation prochaine de séances d’audition avec les agences de voyages, puis avec le ministère du Tourisme. Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre de la préparation de la saison estivale et du suivi de l’événement «Tunis, capitale du tourisme arabe». La Tunisie a en effet été désignée pour accueillir ce titre en 2027, à l’issue de la 28e session du Conseil ministériel arabe du tourisme tenue à Bagdad en décembre 2025.

Manque de coordination institutionnelle

Abordant les difficultés du secteur, il a pointé un manque de coordination institutionnelle, marqué par l’intervention de plusieurs ministères, notamment ceux de l’Intérieur, du Commerce, du Transport et de l’Environnement, aux côtés du ministère du Tourisme. Il a également souligné un chevauchement des prérogatives entre ce dernier et l’Office national du tourisme, ainsi que l’absence d’activation du Conseil supérieur du tourisme, pourtant annoncé comme un organe de concertation central.

Selon l’intervenant, la mise en place effective de cette structure et la tenue régulière de ses réunions pourraient contribuer à résoudre une partie des blocages actuels. Il propose, à défaut, la création d’une commission réunissant les différents intervenants, sous la présidence du ministre du Tourisme.

Par ailleurs, plusieurs défis continuent de freiner le développement du secteur. Parmi eux, la dégradation des anciennes zones touristiques, la fermeture de 164 hôtels, ainsi que l’obsolescence des plans d’aménagement du territoire, qui aurait retardé des investissements privés estimés à un milliard de dinars, notamment dans la région de Tabarka.

Difficultés liées au transport aérien…

Yahyaoui a aussi regretté que la Tunisie n’ait pas pleinement su tirer parti des tensions géopolitiques dans certaines régions pour attirer de nouveaux flux touristiques.

Il a également évoqué les difficultés liées au transport aérien, en particulier au niveau des aéroports régionaux, appelant à des mesures de soutien adaptées.

D’autres problématiques concernent le blocage de projets d’hébergement alternatif en raison de l’absence de cadre réglementaire clair, ainsi que le manque de réponses du ministère du Transport sur certaines questions en suspens. Il a également mentionné les conséquences durables de la pandémie sur les restaurants touristiques, dont plusieurs ont fait faillite, en plus des contraintes fiscales et de la complexité des procédures administratives.

Enfin, sur le plan législatif, Yahyaoui a indiqué que près de 130 propositions de loi ont été soumises par les députés.

Certaines rencontreraient toutefois des résistances au niveau de l’exécutif, notamment celles portant sur le Code de l’investissement, dont la complexité continue de freiner les initiatives, qu’elles soient nationales ou étrangères.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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