Changement climatique : Lancement d’une consultation nationale pour la résilience du bassin de la Medjerda
La Commission Economique et Sociale des Nations Unies pour l’Asie Occidentale (CESAO) a lancé, le 1er juin dernier, la première consultation nationale pour la résilience climatique du bassin de la Medjerda, dans le cadre du programme régional RICCAR. Organisé avec le Centre arabe pour l’étude des zones arides (ACSAD) et le ministère tunisien de l’Agriculture, cet événement a réuni chercheurs, société civile et responsables gouvernementaux. Ensemble, ils ont évalué de manière participative la vulnérabilité du bassin pour planifier des interventions prioritaires en matière de sécurité hydrique. Les participants ont également analysé sur le terrain les défis de gestion de l’eau et de production agricole lors de visites au barrage de Sidi Salem et à l’Institut national des grandes cultures.
Principal cours d’eau de surface permanent de Tunisie, l’Oued Medjerda s’étend sur 484 kilomètres, dont 350 kilomètres en territoire tunisien. Son bassin versant totalise 23 700 kilomètres carrés, incluant 33 % de terres algériennes, et bénéficie d’une pluviométrie annuelle de 400 à 800 millimètres. Cette ressource stratégique fournit 150 millions de mètres cubes d’eau potable par an, couvrant ainsi 23 % de la demande nationale, tout en irriguant 80 000 hectares de terres agricoles grâce à un réseau intégré de neuf grands barrages s’étendant sur 22 093 kilomètres carrés.
Cette mobilisation répond à une urgence climatique critique, alors que la multiplication des sécheresses, des inondations et des phénomènes extrêmes aggrave la pénurie d’eau dans le monde arabe. Ces perturbations menacent directement la sécurité alimentaire, les écosystèmes et l’économie rurale. Menée en partenariat avec la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, l’initiative RICCAR propose une plateforme commune pour modéliser ces impacts selon les spécificités locales. Son but final est de renforcer la gouvernance agricole, d’orienter les politiques régionales et de faciliter le partage d’expertises pour une prise de décision efficace.



