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Plan quinquennal de développement 2026-2030 : Trois réformes pour améliorer le climat des affaires

  • 7 juillet 2026
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Plan quinquennal de développement 2026-2030 : Trois réformes pour améliorer  le climat des affaires

Le projet de Plan quinquennal de développement 2026-2030 fait de l’amélioration du climat des affaires le point central de la relance économique. À travers trois réformes structurantes, à savoir la digitalisation des services, le renforcement des infrastructures logistiques et la modernisation du foncier, le gouvernement ambitionne de stimuler l’investissement, d’accélérer la création d’entreprises et de renforcer l’attractivité de la Tunisie à l’horizon 2030.

La Presse — Après plusieurs mois de teasing, le plan quinquennal de développement 2026-2030 a été enfin révélé, à l’occasion de son examen en commissions à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), du 30 juin au 2 juillet, en présence du ministre de l’Economie et de la Planification et de toutes les commissions permanentes de l’ARP.

Le plan de développement, décliné en trois documents totalisant plus de 600 pages, avec un projet de loi composé d’un article unique portant adoption dudit plan de développement, table sur un taux de croissance de 4,2 %, une réduction des taux d’inflation et de chômage, une augmentation du revenu par tête d’habitant et une batterie de projets publics et privés qui ambitionnent de hisser les indicateurs de développement humain à un palier supérieur à l’horizon 2030.

La réalisation de l’ensemble de ces objectifs repose, selon la documentation disponible sur le site de l’ARP, sur de nombreuses réformes touchant plusieurs secteurs, dont l’enseignement, la santé, les infrastructures et, bien évidemment, l’amélioration du climat des affaires, clé de voûte de l’investissement et qui, reconnaît-on dans le document, souffre actuellement de nombreuses insuffisances entravant la montée en puissance de la création de richesses et d’emplois.

Le document consacré aux politiques de développement, dont l’élaboration a été réalisée selon un schéma ascendant allant du local jusqu’au national en passant par les gouvernorats et les districts, table sur un taux d’investissement de 20 % du PIB en 2030, contre 15,3 % en 2025.

Les objectifs tracés misent sur des investissements étrangers de l’ordre de 6 milliards de dinars, avec une révision totale du cadre réglementaire et une révision de 50 % des conventions internationales signées précédemment avec les pays partenaires.

Par ailleurs, trois piliers ont été identifiés pour améliorer le climat des affaires et, partant, pour réaliser les objectifs de développement et la dynamisation de l’activité économique.

Vers une entreprise créée en 24 heures

Le premier pilier, déjà en cours, consiste à digitaliser progressivement tous les événements en rapport avec la création et l’évolution des entreprises avec tout ce que cela suppose comme optimisation des délais, des coûts, des documents et des déplacements. Cette digitalisation a déjà commencé avec la dématérialisation totale du registre des entreprises (RNE) et la création d’une plateforme unique pour l’investissement.

Selon le plan de développement, la création d’entreprise ne devrait pas prendre, désormais, plus de 24 heures, conformément aux normes internationales.

La digitalisation permettrait, selon la même source, de disposer d’une base de données actualisée en temps réel, de prendre les décisions nécessaires dans des délais optimisés et de réduire la durée de règlement des différends au niveau des tribunaux, le cas échéant. Ce, sans compter le gain en transparence et de crédibilité favorisé par l’automatisation offerte par la technologie numérique.

Le deuxième pilier consiste à renforcer les moyens logistiques à travers des projets concrets, à savoir le démarrage des travaux du port en eaux profondes d’Enfidha (100 km au sud de Tunis), l’élargissement de l’aéroport de Tunis-Carthage, la modernisation du port de Radès, notamment avec le démarrage des travaux de construction des quais 8 et 9, la finalisation des travaux d’aménagement des postes-frontières de Bouchabka et de Malloula et l’élargissement de la capacité d’accueil du poste-frontière de Ras-Jedir. Ces projets devraient permettre à la Tunisie de se rapprocher du taux de 3,8 de la Banque mondiale, relatif à l’efficacité logistique. Ce renforcement logistique s’ajoute aux projets routiers et autoroutiers qui devraient décloisonner les régions intérieures et améliorer l’interconnexion de transport à travers le pays.

Cette dimension logistique est indispensable pour l’intégration des entreprises dans les chaînes de valeur régionales et internationales, ce qui lui confère une dimension stratégique indispensable, conclut le projet de plan de développement quinquennal.

Une nouvelle plateforme « Taâmir »…

Le troisième et dernier pilier concerne le volet foncier, à travers l’identification et la valorisation des atouts fonciers de chaque district, dans le but d’attirer les grands projets à forte productivité et employabilité.

Là aussi, le plan quinquennal prévoit la digitalisation des services fonciers, avec la mise en place, fin 2027, d’un portail comprenant toutes les données foncières relatives aux terres et locaux consacrés à l’investissement… Aussi, pour faciliter l’obtention des agréments de construction, une plateforme « Taâmir » devrait être mise en ligne fin 2028.

Le plan de développement prévoit d’autres mesures susceptibles d’améliorer le climat des affaires, à l’instar de la poursuite de suppression des agréments en faveur d’un système basé sur les cahiers des charges ou encore la modernisation des procédures d’appels d’offres, vers un dispositif plus transparent et plus efficace.

Les commissions de l’ARP devraient élaborer un rapport comprenant toutes les dispositions contenues dans le projet quinquennal de développement ainsi que les remarques et les suggestions des députés. Ce rapport servirait de base pour les discussions prochaines en séances plénières.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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