“Le diplôme allemand doit être reconnu immédiatement” : les médecins tunisiens interpellent le ministère
L’Association des médecins tunisiens en Allemagne a qualifié de “succincte et sélective” la réponse du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à une question parlementaire portant sur l’équivalence des diplômes des médecins tunisiens diplômés à l’étranger.
Dans un communiqué publié hier mardi, l’Association a appelé à une refonte du système d’équivalence des diplômes de spécialité dans le cadre d’une stratégie nationale visant à attirer les compétences tunisiennes exerçant en Allemagne.
Dans ce contexte, elle a apporté plusieurs éclaircissements sur le parcours de spécialisation médicale en Allemagne précisant que le médecin tunisien, qui achève sa formation dans ce pays, obtient un diplôme de spécialité allemand reconnu à l’échelle européenne.
Elle a expliqué que ce diplôme est délivré par l’ordre des médecins du département concerné, soulignant que cette modalité n’en diminue nullement sa valeur, dans la mesure où la délivrance des titres par un organisme professionnel reste la pratique en vigueur dans la majorité des systèmes médicaux à travers le monde.
L’Association a estimé que la qualification de ce diplôme comme un “certificat de compétence” par le ministère de l’Enseignement supérieur constitue une “appellation trompeuse”.
Elle a, par ailleurs, indiqué que l’interprétation par le ministère de l’article 16 de l’arrêté de 2023, qui prévoit qu’une dispense “peut” être accordée après cinq années d’exercice, renvoie à une formulation facultative qui laisse place à une appréciation individuelle.
L’Association a réclamé une reconnaissance immédiate et automatique du diplôme allemand de spécialité, sans condition d’exercice de cinq ans ni épreuve d’évaluation.
Elle a proposé, en contrepartie, une courte période d’adaptation, d’une durée maximale de six mois, destinée uniquement à familiariser les médecins avec les protocoles en vigueur en Tunisie, et non à former de nouveau un médecin spécialiste.
Elle a également plaidé pour la reconnaissance du double exercice médical entre la Tunisie et l’Allemagne, à travers des missions périodiques, la supervision à distance, le recours au second avis médical et la coopération académique.
Selon elle, une telle approche permettrait de faire de ces compétences une passerelle de coopération scientifique et économique, plutôt que de limiter leurs perspectives à un retour définitif ou à une installation permanente à l’étranger.
Pour rappel, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avait affirmé que les médecins tunisiens diplômés à l’étranger peuvent obtenir l’équivalence de leur diplôme sans passer d’épreuve d’évaluation après cinq années d’exercice professionnel.
Cette précision figurait dans sa réponse à une question écrite soumise par le député Mohamed Ali concernant une proposition de révision des conditions d’équivalence applicables aux médecins tunisiens diplômés à l’étranger.
Dans une correspondance adressée le 1er juillet courant au président de l’Assemblée des représentants du peuple et publiée sur le site du Parlement, le ministère a indiqué que le cadre juridique en vigueur permet d’accorder l’équivalence sans exiger de formation complémentaire ni d’examen d’évaluation à tout médecin justifiant d’au moins cinq années d’exercice effectif après l’obtention de son diplôme de spécialité.
Selon le ministère, les conditions d’équivalence des diplômes , notamment dans les spécialités médicales, ont été révisées par un arrêté du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du 10 octobre 2023, et ce, à l’issue de larges concertations engagées depuis 2018 avec les différentes parties prenantes, dont le ministère de la Santé, les facultés de médecine et l’Ordre des médecins.



