Le nouveau souffle de la diplomatie parallèle
La signature, à Berne, des statuts de l’association des Compétences tunisiennes aux Nations unies (Ctnu) fait partie de ces instants suspendus. Cette initiative pionnière rassemble enfin sous la même bannière nos hauts fonctionnaires internationaux, dispersés jusqu’alors comme des îlots d’excellence dans le vaste océan onusien.
Depuis trop longtemps, notre patrie souffre d’un déficit d’ambassadeurs de l’ombre, de ces «influenceurs bénéfiques» capables de faire résonner l’écho de la Tunisie dans les couloirs feutrés de la gouvernance mondiale. Trop souvent, la lumière qui émane de notre pays est tamisée par les contingences, alors que nos esprits les plus brillants illuminent d’autres cieux.
Cette association vient réparer cette anomalie. Elle se veut le pont d’or jeté entre le génie de nos expatriés et le sol natal qui les a vus grandir. Fédérer ces compétences, c’est injecter une sève nouvelle dans l’arbre de notre diplomatie, c’est offrir à la Tunisie la caisse de résonance qu’elle mérite au cœur du multilatéralisme.
Car force est de croire que la diplomatie classique, souvent prisonnière de ses protocoles empesés et de ses rituels séculaires, ressemble parfois à une statue de marbre figée dans sa propre solennité. C’est ici que la diplomatie parallèle opère sa magie : elle vient dérider ce visage trop sérieux en y insufflant de la souplesse et de l’audace.
Là où les canaux officiels s’embourbent dans les lenteurs administratives, cette diplomatie de l’ombre se faufile avec la fluidité de l’eau.
Nous saluons cette audace avec une joie profonde et une fierté légitime. Voir ces experts traduire leur attachement viscéral en une force collective est un spectacle saisissant de patriotisme.
Ces associations sont les véritables phares de notre diplomatie parallèle, capables de transformer le capital intellectuel de la diaspora en un levier concret de rayonnement et de développement national.
Cependant, la beauté d’un projet ne réside pas uniquement dans l’élégance de son acte de naissance. Pour que ce phare éclaire durablement, il ne doit pas se transformer en une simple constellation de prestige sans ancrage réel. L’enthousiasme de la signature doit désormais se muer en une architecture de projets tangibles.
Nous attendons avec impatience de découvrir le programme d’action de la Ctnu, ses premières conférences et ses chantiers concrets. Qu’ils sachent que notre bienveillance leur est acquise : nous soutiendrons cette noble entreprise de toute notre bonne volonté, prêts à voir cette étincelle devenir un grand feu de fierté tunisienne.



